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déclarations des candidats et personnalités

Vendredi 2 février 2007
Alain Bocquet, président du groupe communiste et républicain, est retenu dans sa ville. Francis Wurtz vient de m?adresser un message amical, où il m?annonce qu?il vient d?être réélu président du groupe de la gauche unitaire européenne au Parlement européen.
 
Je veux saluer les nombreux syndicalistes présents. Je vois ceux de la RATP, Thalès, EADS, d?Alcatel de la banque de France, de la SNCF, de Québécor, de la SNCM, de Nestlé, d?ECCE textile, de Bombardier, La Poste, Renault, PSA, Air France, Polimeri, Thomé Génot, DHL, d?EDF-GDF, enseignants. Tous et toutes, vous portez les luttes pour l?emploi contre les licenciements boursiers et les délocalisations, contre la précarisation de la vie des jeunes. Vous portez la résistance aux privatisations.
 
Je veux saluer la présence des responsables associatifs, de militants antiracistes (Mouloud Aounit), de parents d?élèves, des militants LGBT, des responsables de comités de lutte pour le droit au logement contre la chasse aux enfants et aux immigrés, pour les droits des femmes. (Femmes dans la cité). Vous représentez la dignité de la France face à toutes les discriminations, toutes les oppressions.
 
Je veux remercier, enfin, les militantes et les militants communistes, socialistes, écologistes, les hommes et les femmes de gauche de Stains, Dugny, Blanc-Mesnil avec qui, depuis 2004, je vis une belle aventure : celle du rassemblement antilibéral pour le progrès social et la démocratie.
 
Tous ces combats témoignent combien nous avons besoin du mouvement syndical, du mouvement associatif et de l?action politique pour avoir la force, rassemblés, de changer la donne.
 
En cette période de l?année, il est bien sûr de coutume et, je le fais avec plaisir, de souhaiter à chacune, à chacun des voeux de bonheur et de santé pour l?année à venir.
 
Mais permettez-moi un voeu plus collectif :
 
Je fais le voeu qu?en 2007, une dynamique populaire batte la droite et rejette, au loin, le spectre d?une France définitivement livrée à la loi du plus fort, celle de l?argent, d?une France répressive et atlantiste portée par Nicolas Sarkozy, le petit télégraphiste des fonds de pension, rejette au loin le sceptre d?une France salie par l?extrême-droite.
 
Je fais le voeu qu?en 2007, les femmes et les hommes qui ne veulent plus subir mais vivre, décident de construire une nouvelle majorité à gauche, apte à concrétiser tous leurs espoirs.
 
Ce n?est pas bien sûr qu?un voeu, c?est aussi un engagement.
 
Je suis candidate à l?élection présidentielle afin que les hommes et les femmes qui, majoritairement, ont voté non le 29 mai 2005 voient leur choix respecté et porté par la France au sein de l?Union européenne.
 
Je suis candidate pour que les hommes et les femmes qui luttent voient leurs revendications reconnues au plus haut sommet de l?Etat.
 
Je suis candidate pour donner enfin la parole à celles et ceux qui sont gommés du paysage public.
 
Je suis candidate pour que tous, toutes aient enfin une vie meilleure.
 
Je suis candidate avec celles et ceux qui pensent qu?il y a besoin de justice, de paix dans ce monde, qu?il y a besoin d?un métissage d?Afrique, d?Asie, d?Europe, d?Amérique, pour qu?ici et là bas on vive mieux.
 
Je sais, beaucoup de militantes et de militants des collectifs antilibéraux sont aujourd?hui déçus, comme moi, de l?incapacité des organisations à déboucher sur un accord politique. Eh bien je veux avec ceux et avec celles qui le souhaitent continuer à construire cette nouvelle majorité à gauche, tous mes actes iront dans ce sens. Je m?y engage.
 
Je suis candidate pour que gagne une gauche de responsabilités et de combat.
 
Je veux une gauche de responsabilités parce que notre objectif est bien une majorité politique et donc la transformation du quotidien des hommes et des femmes de ce pays.
 
Je veux une gauche de combat car pour gagner un tel changement, il faudra affronter les logiques du tout-marchand.
 
Face à ceux qui ne cessent de s?enrichir et de nous culpabiliser sans rien savoir des conditions dans lesquelles la grande majorité d?entre-vous vit, je veux être la candidate qui affirme : vous avez le droit de vivre mieux !
 
Mais je veux aussi être celle qui démontre que cela est possible, qu?une autre politique est possible.
 
Voici les engagements que je prends pour les premiers mois de la législature afin que vos vies cessent de n?être qu?un combat quotidien.
 
Quatre chantiers seront ouverts pour éradiquer toutes les précarités qui rongent les familles et les salariés.
 
D?abord, éradiquer le chômage. Il faut garantir à tous et toutes une sécurité d?emploi ou de formation, qui passera notamment par l?abrogation du CNE, des contrats précaires et des temps partiels imposés, par une réforme de l?indemnisation du chômage et par une refonte du code du travail.
 
Ensuite, relever en urgence les salaires, les pensions et les minima sociaux. Lorsqu?il s?agit d?en finir avec les privations quotidiennes, il ne peut être question d?attendre. Dès la mise en place du gouvernement, le SMIC sera porté à 1500 ?. De grandes négociations salariales seront ouvertes. Des prix rémunérateurs seront garantis aux paysans pour leur permettre de vivre de leur travail et de sauvegarder leurs exploitations.
 
Troisièmement, garantir un toit à chacun et à chacune. Pour cela sera engagée la création d?un véritable service public de l?habitat. Les financements dégagés pour la construction de plus de 600 000 logements sociaux sur la législature. Les loyers seront plafonnés, par la loi, à 20% du revenu des ménages. Les expulsions locatives, les coupures d?eau et d?électricité seront interdites. La réquisition des logements vides sera organisée. La loi sur les 20% de logements sociaux sera rendue plus contraignante.
 
C?est tout cela le droit opposable !
 
Enfin, assurer le droit à la santé. La Sécurité sociale universelle sera rétablie ; une réforme du financement de la sécurité sociale sera engagée dès l?automne 2007, notamment par la cotisation des revenus financiers.
 
En lien avec ces quatre chantiers sur l?urgence sociale, je veux engager le combat pour le savoir et la culture partagée pour que chacun ait la maîtrise de sa vie, pour gagner en libertés.
 
Alors que la droite rabaisse les missions de l?école et livre la recherche et la culture aux marchands, le budget de l?Education nationale sera porté à 7% du PIB pour assurer à chaque enfant une école de la réussite. Le budget de la jeunesse et des sports et de l?éducation populaire sera porté à 1% du PIB, les subventions aux associations seront augmentées et sécurisées. Je réunirai le monde associatif pour travailler à une loi complète sur le statut du bénévolat.
 
Les crédits à la recherche publique seront doublés sur cinq ans, les propositions émanant des Etats généraux de la recherche seront reprises et appliquées par le gouvernement.
 
Pour rétablir les artistes et les techniciens de la culture dans leurs droits, la proposition de loi réformant le statut des intermittents du spectacle sera inscrite à l?ordre du jour du Parlement dès la rentrée parlementaire.
 
Enfin je prends avec force l?engagement d?abroger toutes les lois liberticides impulsées par Nicolas Sarkozy, qu?elles concernent les jeunes, la justice ou l?immigration.
 
Le combat contre toutes les discriminations et violences faites aux individus sera renforcé ; la loi cadre contre les violences faites aux femmes, élaborée par les féministes, sera immédiatement inscrite à l?ordre du jour de l?Assemblée.
 
L?allocation d?autonomie réclamée par les organisations de jeunesse sera inscrite dans un collectif budgétaire.
 
Les sans-papiers seront régularisés.
 
Le droit au travail, au logement, aux loisirs des personnes touchées par le handicap ne fera pas l?objet d?une énième loi : il sera mis en oeuvre. Le droit à l?amour et à la parentalité sera assurée pour chacun et chacune. La proposition de loi que j?ai déposée contre l?homophobie sera portée à la majorité.
 
Bien sûr, je n?ai pas traité tous les domaines où il faut d?urgence agir, la droite a tant cassé, car je veux pouvoir répondre à l?essentiel : comment débloquer les moyens nécessaires à tous ces chantiers ?
 
Je veux porter un langage de vérité et de courage : le changement ne sera possible qu?avec la plus grande détermination face au libéralisme.
 
Aussi, je vois trois conditions, qui si elles n?étaient pas remplies, transformeraient toutes ces propositions en un nouveau catalogue de promesses non tenues.
 
La première c?est de trouver l?argent. On nous parle du déficit public, mais l?impôt sur le revenu représente à peine 17% des recettes de l?Etat ; et l?impôt sur les sociétés, que le président de la République veut encore réduire, tourne autour de 15%. Alors l?argent, il faut aller le chercher par une grande réforme de la fiscalité, dès la loi de finances pour 2008, une réforme de justice fiscale qui toucherait les hauts revenus et les profits exorbitants des grandes entreprises, 96 milliards d?? en 2006.
 
Soyons clairs, un gouvernement de gauche qui ne voudrait pas affronter le pouvoir de la finance, courrait à l?échec.
 
Alors oui, il faudra le courage politique et la mobilisation populaire pour s?attaquer à la tyrannie des actionnaires, des marchés et des banques. Il faudra du courage pour réorienter toutes les missions de la BCE et créer un pôle financier public porteur d?une nouvelle politique du crédit et d?une nouvelle politique pour l?industrie.
 
Il faudra la même détermination pour donner aux salariés, les seuls intéressés par l?emploi et l?investissement utile, de nouveaux droits d?intervention dans la gestion de leurs entreprises.
 
Car la deuxième de ces conditions, c?est bien de partager et démocratiser tous les pouvoirs. Un gouvernement de gauche qui ne transformerait pas l?exercice du pouvoir courrait à l?échec.
 
C?est pourquoi, très vite, devra être mis en chantier une 6ème République, fondée sur les droits et la participation effective de notre peuple aux décisions de la Nation. Le monarchisme présidentiel sera supprimé et le rôle du Parlement renforcé ; les résidents étrangers bénéficieront comme citoyennes et citoyens du droit de vote. Les populations et les élus des départements et territoires d?Outre-mer se verront reconnus les nouvelles responsabilités qu?ils souhaitent.
 
La démocratie a besoin aussi de grands services publics. Cela passe par la reconquête des services publics touchés par la privatisation, par leur démocratisation, mais d?autres devront être créés, pour la petite enfance, l?eau, la maîtrise des déchets...
 
La troisième de ces conditions, c?est évidemment l?action de la France en Europe et dans le monde.
 
Tous ces services publics que nous savons nécessaires, ils n?ont pas d?avenir dans une Europe dont le dogme est la concurrence libre et non faussée des promoteurs de la constitution européenne. Toutes ces conquêtes sociales que nous appelons de nos voeux, elles ne sont pas possibles dans une Europe du moins disant social, docile au tout marchand de l?OMC. Dès la première réunion du Conseil des chefs d?Etat et de gouvernement, la France devra faire entendre sa volonté de réorienter la construction européenne et travailler à des initiatives permettant l?élaboration citoyenne d?un nouveau traité pour l?U.E., facteur de progrès social de démocratie et de paix.
 
Une Europe porteuse d?une nouvelle croissance, respectueuse des hommes et des femmes, mais aussi de l?environnement. Nous aurons besoin d?une France qui dans sa politique étrangère soit un pilier de la construction d?un monde plus juste. Dans l?urgence, elle devra agir au sein de l?ONU pour créer les conditions d?une paix durable au Moyen-Orient.
 
Certains diront que ce programme est une utopie et que la France ne peut pas se dégager des logiques qui dominent le monde. Ce renoncement a priori a déjà fait échouer la gauche.
 
D?autres diront qu?il est impossible de rassembler une majorité de Françaises et de Français sur une telle ambition. Ce renoncement cantonne l?antilibéralisme dans la contestation.
 
J?ai envie de dire, en regardant ce qui se passe en Amérique latine, que là-bas ils n?attendent pas le rapport de force ; ils le créent. Ils n?invoquent pas des symboles ; ils agissent.
 
Ici aussi, en France, des millions d?hommes et de femmes aspirent à vivre mieux. Ces hommes et ces femmes sont prêts à se battre, on l?a vu contre le CPE. Ces hommes et ces femmes sont prêts à prendre leurs affaires en main. Ces hommes et ces femmes sont la majorité.
 
Cette majorité, pour devenir majorité politique, appelle ce que la gauche n?a jamais tenté, une véritable transformation sociale. Elle appelle une nouvelle conception de la politique et du pouvoir.
 
C?est cette ambition que veut porter cette candidature. Une candidature collective qui jusqu?au bout restera ouverte à toutes celles et ceux qui veulent en être les porte-parole.
 
Vous le savez, j?ai quitté hier mes responsabilités de secrétaire nationale du PCF, certaine de l?engagement des militantes et militants communistes, des jeunes communistes dont je salue le responsable, Cédric Clérin, confiante dans leur détermination à construire une nouvelle majorité à gauche.
 
Cette campagne collective, je la conçois dans un rapport constant avec le monde du travail et les quartiers populaires. Ma campagne sera donc une campagne de rencontres au plus près de la vie des Françaises et des Français. Car je crois profondément que pour gagner en 2007, mais surtout pour construire et réussir après 2007, la mobilisation des citoyennes et des citoyens est et sera essentielle.
 
Je veux dire ici aux militantes et militants du rassemblement, socialistes, écologistes, communistes, aux hommes et aux femmes de gauche, je veux leur dire que tous et toutes ensemble nous pouvons bousculer le scénario que l?on veut nous imposer, d?un bipartisme porteur d?alternances et de désillusions.
 
Nous pouvons changer la donne, nous pouvons ouvrir une nouvelle voie à gauche.
 
Chers amis, chers camarades,
 
Je suis en campagne avec l?envie de porter tous les espoirs et les colères. Je pars en campagne sûre de la force de nos propositions et de notre capacité à tenir la dragée haute à celles et ceux qui, aujourd?hui, rêvent de l?Elysée. Je pars en campagne avec la conviction, profonde, que ce que tous ensemble nous avons réalisé le 29 mai 2005, en bousculant tous les pronostics des habiles politologues du pays, nous pourrons le rééditer cette année. Nous pouvons simplement porter au pouvoir l?aspiration populaire, et gagner.
 
Marie George Buffet au Blanc Mesnil le 5 janvier 2007

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Vendredi 2 février 2007
La France n'a jamais été aussi inégalitaire.
 
Un grand patron gagne 300 fois ou plus qu'un smicard. Les plus riches désertent leur devoir fiscal quand 100 000 personnes dorment dans la rue. Les stocks-options récompensent les licenciements boursiers.
 
Il est temps de mettre fin à un système qui entraîne la grande majorité des salariés vers la précarité et l'insécurité sociale. Il est temps de décréter l'insurrection électorale contre le libéralisme économique.
 
Plusieurs dizaines de milliers de personnes m'ont proposé d'être candidat à l'élection présidentielle. J'ai décidé d'accepter que mon nom incarne, sur le bulletin de vote, la volonté commune de battre la droite et l'extrême droite et de redonner l'espoir d'une alternative à gauche. J'ai décidé d'accepter, pour que continue le combat de rassemblement de toutes les forces de la gauche de la transformation sociale, solidaire, écologiste, antiraciste et féministe.
Nous ne nous résignons pas à la division actuelle de ces forces. Nous voulons être le trait d'union entre toutes celles et tous ceux qui veulent que la vie change vraiment.
 
Je ne suis pas le candidat d'un parti. Je ne suis pas un professionnel de la politique. Ma candidature est celle d'un rassemblement de forces et de citoyens issus du mouvement social, du monde syndical, de courants politiques et des associations de l'immigration qui aspirent à l'unité de cette gauche-là. Cette candidature est une candidature collective portée par de nombreuses voix.
 
 
J?appelle aujourd?hui les élus communistes, écologistes, alternatifs, socialistes anti-libéraux, à nous permettre, grâce à leurs parrainages, de participer à la campagne officielle.
***
 
Nous voulons être les porte-voix des sans-voix, de ces millions de citoyennes et de citoyens qui souffrent de la précarisation sociale et des discriminations. Nous voulons leur dire que l'abstention ou le vote Le Pen conduisent tout droit à l'élection de Nicolas Sarkozy.
Monsieur Sarkozy est un homme dangereux pour notre pays. Sous couvert de promesses multiples, son projet est d'aller encore plus loin dans la voie d'une logique économique qui favorise les plus forts et pénalise les plus faibles. Il est le candidat du MEDEF, du contrat précaire généralisé, du démantèlement progressif du code du travail et des services publics, de la suppression de fait de l'impôt sur les fortunes, de l'insulte contre les jeunes des quartiers, du mépris conter les agents des services publics. C'est l'homme de la dissolution de l'Etat social et de sa transformation en Etat policier et carcéral. Cet ami de Blair et de Bush nous prépare une République communautariste et atlantiste.
 
Nous voulons aussi défendre un projet et des solutions pour toutes celles et tous ceux qui souhaitent que la vie change vraiment. Nous voulons dire qu?une alternative est possible à celles et ceux qui ne croient plus à la gauche traditionnelle, qui se sont insurgés en votant massivement « non » au projet de traité constitutionnel européen, en se révoltant dans les quartiers populaires, en rejetant le CPE.
 
Madame Royal incarne une gauche qui a renoncé. Face au social-libéralisme qui a conduit toute la gauche au désastre électoral en 2002, face au projet d?un parti socialiste autiste, qui manifeste un refus de rompre avec la logique économique libérale, nous voulons opposer une gauche de transformation sociale et démocratique, une gauche antiraciste, féministe et écologique. Une vraie gauche.
***
 
Notre projet est le fruit d?une expérience et d?une réflexion menées par les militants et les acteurs du changement social. Il résulte d?un travail collectif sans équivalent, qui a rassemblé toutes les composantes de la gauche antilibérale. Il n?est pas le résultat d?une approche technocratique qui vise à concilier les dures lois du profit avec un peu d?ordre juste.
Nous voulons que les citoyennes et les citoyens soient démocratiquement appelés à conduire et à contrôler la transformation sociale. Notre programme est un outil à la disposition des électeurs et des électrices pour qu?ils se réapproprient l?exercice du pouvoir.
 
Premièrement, nous voulons l?élaboration d?un plan d?urgence sociale. La réduction massive du chômage et de la précarité est une priorité, ce qui suppose de développer des activités utiles, créatrices d?emplois, d?imposer une stricte réglementation des licenciements et d?instaurer un système de sécurisation professionnelle tout au long de la vie. La revalorisation des minima sociaux et des bas salaires doit être accompagnée d?une fiscalité fortement progressive pour les hauts revenus afin de limiter les inégalités indécentes de revenus. C?est l?exigence de nouvelles relations dans le travail et de nouveaux droits sociaux que nous voulons porter. C?est la nécessité de lutter contre la spéculation financière et de contrer la puissance de l?actionnariat.
 
Deuxièmement, nous voulons instaurer un nouveau modèle de développement. C?est à la redéfinition du type de croissance, de production, d?échange et de consommation qu?il faut s?atteler. Il faut s?attaquer à la toute-puissance des firmes transnationales et des marchés financiers, car leur soif de profit et leur mépris de l?humanité mettent la planète ne péril. La question du nucléaire comme celle des OGM doivent être soumises à un débat citoyen qu?il faut conduire et trancher démocratiquement, en toute transparence.
 
Troisièmement, nous voulons que les millions de personnes qui vivent dans les cités de banlieues, dans les quartiers populaires ? quelles que soient leurs origines et leurs croyances ? ne soient plus considérés comme des sous-citoyens dans ce pays qui est le leur. Ils ont droit à la justice, à l égalité et à la dignité. Il n?est pas acceptable que l?accès aux droits fondamentaux, à la santé, à l?éducation, à l?emploi, au logement, leur soit restreint, et que la seule réponse aux problèmes qu?ils rencontrent soit celle de la répression policière et sécuritaire qui aboutit souvent, en toute impunité, à des violences, voire des morts.
 
Quatrièmement, nous réaffirmons que tout être humain, parce que c?est un être humain, doit être reconnu dans son humanité. Nous refusons qu?on continue de priver un être humain de sa dignité en le privant de papiers.
 
Cinquièmement, la transformation démocratique et sociale exige d?en finir avec le régime de la V° République. C?est la démocratie toute entière qui doit être vivifiée. Nous voulons une nouvelle République laïque, ouverte sur la société telle qu?elle est, ouverte sur le monde, une démocratie politique, sociale et citoyenne, qui élargisse le socle des droits fondamentaux, à commencer par les droits sociaux.
 
Sixièmement, dès 2007, dans la cohérence avec le « non » du 29 mai 2005, nous entendons que la France propose la refondation de la construction européenne sur des bases démocratiques et sociales. Nous demandons la fin des traités existants et nous proposerons un nouveau texte fondateur. Nous n?accepterons pas que la nouvelle politique qui aurait été choisie par notre peuple soit interdite par les décisions européennes. La présidence française de l?Union, au second semestre 2008, est l?occasion de porter largement l?exigence d?un tel changement.
 
Septièmement, nous nous engageons à pratiquer l?équité pour les départements et territoires d?outre-mer et leur laisser le choix de l?autodétermination.
 
Huitièmement, nous voulons, avec tous les peuples qui souffrent, combattre et faire reculer les politiques de libéralisation qui favorisent la guerre économique, l?exacerbation des concurrences, les privatisations et les déréglementations. Nous mettrons fin à la capacité de nuisance des institutions (Banque Mondiale, Fonds Monétaire International, Organisation Mondiale du Commerce) qui renforcent les inégalités et provoquent des souffrances à l?origine de guerres. Nous défendrons le droit à la souveraineté alimentaire et le libre accès pour tous aux bien communs de l?humanité, dont l?eau.
 
Enfin , parce que les femmes assument de multiples responsabilités, au travail, à la maison, vis à vis des enfants et des proches dépendants, parce qu?elles sont majoritaires parmi les chômeurs, les précaires et les bas salaires, nous voulons qu?elles soient les premières bénéficiaires de l?amélioration de nombreux services publics : de la priorité, accordée à un service public de la petite enfance, et des mesures contre le chômage et la précarité. L?objectif de l?égalité entre les femmes et les hommes doit être poursuivi dans toutes nos décisions. Il est grand temps d?en faire une réalité.
 
Ce que nous souhaitons est possible, ici et maintenant, à condition de mettre fin au dogme économique libéral.
Ce que nous souhaitons est possible, ici et maintenant, à condition d?assumer une véritable transformation sociale.
Ce que nous souhaitons est possible, ici et maintenant, à condition que nous nous rassemblions, dans l?unité, pour faire avancer la gauche alternative, écologiste, antiraciste, féministe et solidaire.
 
José Bové,

St Denis, 1 février 2007


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Vendredi 2 février 2007
Contrairement aux apparences, je suis bien rentrée de Nairobi. J’ai traversé le désert, j’en suis revenue - je remercie au passage toutes celles et ceux qui, en raison d’une semaine d’absence sur ce blog, se sont inquiétés de mon état de santé !
 
En fait, j’ai pris le temps de la réflexion, dans une période mouvementée pour la gauche anti-libérale. Nombre d’entre vous attendaient ma position sur la candidature de José Bové. J’ai pris le temps de la mûrir. Voici mon état d’esprit.
 
La dynamique des collectifs anti-libéraux n’a pas permis de faire advenir une candidature unitaire à la présidentielle de 2007. Avant Noël, nous avions enterré cette démarche. Une révolte citoyenne et militante a permis de relancer l’hypothèse d’une candidature anti-libérale unitaire en 2007, avec José Bové. La pétition lancée à la rentrée a connu un vif succès. Les deux journées de rencontre nationale de militants de collectifs anti-libéraux à Montreuil les 20 et 21 janvier derniers ont également traduit la volonté farouche d’en découdre, de ne pas baisser les bras, de faire cette campagne.
 
Je suis en profonde sympathie avec ce mouvement. Il exprime la volonté de ne pas renoncer après les décisions mortifères de la LCR et du PCF. Il rassemble des sensibilités différentes et veut porter les 125 propositions définies dans les collectifs. L’engagement d’un syndicaliste et altermondialiste peut permettre de bâtir des passerelles entre le social et le politique. Enfin, je pense que cette candidature peut capter des énergies citoyennes et militantes que les réseaux politiques traditionnels n’arrivent pas à drainer.
 
C’est pourquoi, dans ce paysage éclaté, la candidature de José Bové a une réelle légitimité. Pour ma part, je me refuserai à y voir une candidature de division, au prétexte qu’elle se déclare en dernier. La division est du côté de ceux qui se sont déclarés en premier, tournant le dos aux règles contraignantes mais nécessaires du consensus. Puisque cette candidature a une légitimité, je souhaite qu’elle ait les moyens d’aller jusqu’au bout. Je suis prête, pour cela, à donner ma signature d’élue.
 
Mais je ne m’engagerai pas plus avant dans cette campagne. Pour des raisons qui n’ont rien à voir avec ce que je pense et de José et du mouvement qui le porte. Depuis la victoire du 29 mai 2005, j’ai dépensé toute mon énergie à faire advenir l’unité de toutes les sensibilités, cultures, traditions de la gauche d’alternative, à ce que PCF et LCR fassent cause commune, à ce que la tradition du mouvement ouvrier s’articule, se frotte à l’écologie, au féminisme, à l’altermondialisme, à tout ce qui a émergé des mouvements sociaux et des milieux intellectuels critiques depuis novembre-décembre 1995. Cet engagement n’a pas été de circonstance : cela fait plus de dix ans que je participe activement à des espaces de convergences. Et j’ai bien l’intention de continuer car, comme je l’ai dit dans je ne sais combien de meetings et d’interviews, seul le rassemblement de toutes les forces antilibérales peut permettre d’ouvrir une autre voie à gauche. Combien de fois ai-je dit : “soit on gagne tous, soit on perd tous” ou encore “séparés, nous ne réussirons qu’à nous compter, et ce ne sera pas glorieux…” ? L’unité, c’est le seul moyen de créer une dynamique populaire, de déjouer le bipartisme, de changer les conditions d’existence du plus grand nombre.
 
Tant que cela sera institutionnellement possible, je me battrai pour que la raison l’emporte, contre toutes les stratégies particulières. Je le ferai avec ceux qui, dans la LCR et le PCF, ne se résignent pas à la division. Je le ferai avec toutes celles et ceux qui, autour de la candidature Bové, veulent tenter un ultime moyen de pression. Je le ferai avec les militant-es de l’alternative qui ne veulent pas laisser le champ libre au bipartisme. Cela je le ferai, sans mesurer ma peine. Mais je ne peux pas non plus ignorer que la LCR et le PCF s’ancrent plus que jamais dans leurs choix et que donc, à l’arrivée, il y aura trois candidatures dans le camp antilibéral.
 
Au total, on a remis 10 balles dans la machine. Plus personne ne peut avoir de doutes sur nos capacités à compter nos divisions - un charme qui colle si bien à l’extrême gauche… Nous voulions voter pour les “3B” ensemble, nous risquons d’avoir le choix entre 3Bulletins de vote. Avec à la clé, un concours du meilleur second rôle à côté du PS et trois mois de concurrence libre et faussée entre les 3B. Chacun – et Bové lui-même ne pourra y échapper- devra mettre l’accent sur ses spécificités, au détriment du trait d’union que seule une candidature commune rendait possible.
 
J’ai fait du combat pour notre rassemblement la pierre de touche de mon engagement, la clé de mon identification. C’est pour la rendre possible que je m’étais déclarée candidate en septembre. M’engager dans le soutien à ce qui sera de fait un segment, nécessaire mais un segment quand même, de l’antilibéralisme ne serait pas conforme à ce que j’ai fait, dit et à ce que je veux être.
 
Après les mouvements sociaux de 1995, le 21 avril 2002, le 29 mai 2005, les révoltes dans les banlieues et le mouvement contre le CPE, comment est-il possible que nous ne soyons pas à la hauteur de ces contestations sociales ? Il va falloir comprendre ce raté insensé. “Il y a crise quand le jeune ne veut pas naître et quand l’ancien ne veut pas mourir”, disait Gramsci. On doit être quelque part par là…
 
Il n’est pas facile, quand le militantisme tient aux tripes, de rester à l’écart d’une campagne. Ce n’est pas enthousiasmant et on ne s’y fait pas que des amis… Mais, en politique, il n’est rien de plus important que la cohérence, sur la durée. Je préfère aussi ne pas faire semblant et rester en phase avec ma conviction profonde. Je respecte les choix de chacun. Le mien est de rester fidèle à ce que j’ai dit et fait jusqu’à ce jour: la convergence la plus large de la gauche de transformation sociale est ma seule boussole. Elle ne nous guide pas aujourd’hui, pour la présidentielle. Nous la retrouverons demain.
 
Clémentine Autain
 
P.S. : ne riez pas mais, puisque je ne suis pas porte-parole de José Bové, des bruits circulent depuis ce matin, me dit-on, dans le milieu journalistique sur mon ralliement à… Ségolène Royal !!! Je ne sais pas qui s’amuse à raconter des trucs pareils mais ça devient aussi pénible que suspect. Là encore, continuité : je ne suis pas devenue sociale-libérale tendance ordre moral. Et c’est pas demain la veille.

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