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le parti communiste français

Mardi 9 janvier 2007
" Ne demande jamais ton chemin à quelqu'un qui le connaît car tu ne pourrais pas t'égarer. "
" A force d'avoir tourné pendant des années en rond, en large et en travers dans les marges des mythes et des sentiers battus sans savoir de quoi il retournait, j'ai fini par prendre conscience de la pérennité du vieux labyrinthe à la Thésée. Juste à temps pour commencer à m'orienter dans le brouillard de mes avenirs. ". Florence Gourier
Nous venons de vivre un désastre politique… essayons de comprendre…
A la fin de l’année 2005 a grandi l’idée qu’après la victoire du NON au référendum (Appel pour des candidatures unitaires en 2007 et 2008) Appel de Novembre 2005, les forces antilibérales devaient créer les conditions pour avoir une candidature unitaire à l’élection présidentielle et des candidatures communes aux législatives. L’idée était de poursuivre l’expérience commencée lors de la campagne contre le TCE : des collectifs unitaires allant du PCF à la LCR et rassemblant les différentes composantes et sensibilités politiques de la Gauche antilibérale : composante féministe, écologiste, altermondialiste. Cette diversité s’est concrétisée à partir du mois de mai 2006 dans une multitude de collectifs dans toute la France. Un travail patient et remarquable a permis d’élaborer une charte antilibérale avec 121 propositions. Les collectifs ont aussi réfléchi à la candidature qui pourrait rassembler le plus largement l’ensemble des forces et surtout bien au-delà car l’objectif était de marquer durablement le paysage politique pour engager une autre politique qui tourne le dos au diktat du Capital.
Ce qui est remarquable aussi c’est que les collectifs ont surtout privilégié dans leur réunion le contenu de la campagne, car il s’agissait de faire de la politique autrement. La campagne aurait été incarnée par 5 porte-parole (Autain, Bové, Braouezec, Buffet et Salesse). Certains collectifs n’ont même pas voté pour indiquer leur préférence.
Les collectifs à la réunion de St Denis en septembre 2006 ont proposé la règle du double consensus, règle retenue par tous les participants, qui implique que le candidat retenu fasse consensus dans les collectifs et au sein des organisations représentées afin d'éviter qu'une organisation dominante numériquement et politiquement impose sa manière de voir et de faire à tout le monde. Il s'agissait là de penser autrement la démocratie que dans la manière habituelle majorité/minorité et de prendre en compte toute la diversité des points de vue comme une richesse et non comme un handicap, une manière aussi de rompre avec la vision de la centralité de la décision politique du haut vers le bas.
Cette pratique des collectifs où un nombre important de gens ont participé activement a perturbé les desseins de la direction du PCF, qui, sur le fond n'envisageait le rapport politique avec les collectifs que dans un rapport de subordination. Nous n’étions pas à tous les niveaux à égalité de droits et de devoirs, et les choses n’étaient pas dites clairement….
Etait-ce de l’imposture politique ou le signe de divergences stratégiques dans le cercle dirigeant autour de Marie George Buffet ?
Une grande partie de la direction du PCF pense le rassemblement autour du PCF et non le rassemblement où le PCF aurait été un parmi d’autres, une des composantes dans un véritable processus de co-élaboration politique rassemblant la diversité et la richesse politique et intellectuelle de cette nouvelle forme organisée. Le groupe dirigeant est encore dans la logique du rôle dirigeant du mouvement. Sur le fond les congrès communistes ont abandonné des concepts sur le papier mais pas dans les pratiques ni dans les consciences. Le travail intellectuel et politique n’a pas été poussé à son terme et la responsabilité en revient en premier lieu à la direction qui n’a pas eu le courage politique d’assumer les choix décidés aux congrès. La transformation n’était-elle pas purement formelle ? Il en a été de même pour l’abandon du centralisme démocratique.
Le Parti est considéré par des milliers d’adhérents comme une fin en soi plus qu’un outil au service de la transformation sociale. Quand les choses se sont précisées, notamment lors de la réunion nationale des 9 et 10 décembre à St Ouen, la direction du PCF a refusé de franchir le Rubicon pensant qu’elle allait à Canossa. Elle a refusé l’étape la plus importante politiquement et symboliquement. : accepter que celui ou celle qui serait retenu pour être le ou la candidate ne soit pas issu de ses rangs. Le PCF n’a pas compris pourquoi le candidat ne pouvait pas être la secrétaire nationale du PCF.
La question du rassemblement, le rôle des partis et les modes d’organisation (les collectifs) devenaient problème car la maîtrise des choses échappaient à la direction du PCF.
Il voulait mettre fin à ce qu’il considérait comme une " aventure " car il ne dirigeait plus totalement le mouvement. Alors se sont affrontées dans le PCF deux visions, deux cultures profondément divergentes. Les débats très vifs au conseil national les 15 et 16 décembre et le vote des communistes le mercredi 20 décembre ont mis en lumière l’âpreté du conflit politique, puisque 10 000 communistes (soit 20% des votants mais beaucoup plus si on prend en considération ceux qui étaient réellement impliqués dans les collectifs) ont voté pour le retrait de la candidature de M.G Buffet. A ce stade, il ne s’agit pas d’un simple débat politique sur l’orientation, mais d’une fracture politique et culturelle et un coup de force de la direction qui a mis au rancart l’orientation décidée au dernier congrès. Précisons aussi que le texte adopté était suffisamment bien rédigé pour que les deux orientations politiques s’y retrouvent. Il aurait mieux valu perdre au congrès mais dans la clarté.
Des questions se posent maintenant :
  • Le PCF a pris la lourde responsabilité de mettre fin à un processus unitaire au risque de se retrouver seul dans la campagne électorale. Comment poursuivre le travail politique engagé avec des milliers de gens. ?
  • A quoi sert le PCF ? est-il un parti qui peut se transformer ou non ? n’a-t-il pas définitivement coupé les ponts avec toute une fraction de la société qui mettait son espoir dans une candidature qui porte le projet de l’antilibéralisme ? n’a-t-il pas définitivement coupé les ponts avec la jeunesse ?
Nous pensons que, dans le PCF, domine une culture qui s’appuie sur l’idée du parti guide, du parti comme fin en soi et non comme outil (confusion entre la fin et les moyens). Ce parti auto-reproduit des comportements et un rapport à la société qui n’est pas prêt de s’effacer. Il s’appuie surtout sur environ 10 000 élus qui ne peuvent être élus qu’avec l’appui du principal parti de gauche : le PS. Donc remettre en cause frontalement le social-libéralisme et s’appuyer sur les couches de la société les plus politisées et qui produisent le mouvement de transformation c’est prendre un risque, notamment de perdre des positions électives et le risque de ne pas tout maîtriser de bout en bout. A l’inverse c’est aussi prendre le risque de sortir renforcé et montrer que l’organisation politique communiste est utile pour les gens et qu’elle n’existe pas pour elle-même.
Faire autrement c’est parfois, souvent même, accepter l’inconnu, prendre des chemins de traverses. Mais ce n’est pas grave lorsque l’on est déterminé sur le cap à suivre. C’est accepter de construire en marchant et non d’avoir écrit le livre de la transformation avant de commencer. C’est aussi cela l’émancipation, mais c’est autrement plus réjouissant et palpitant….intellectuellement, politiquement et même psychologiquement. Mais il faut avoir fait ce travail de construction mentale pour l’accepter surtout lorsque le formatage dure depuis longtemps. Déconstruire pour reconstruire n’est pas simple et je suis bien placé pour le savoir dans le domaine de l’enseignement.
La culture dominante au PCF a peur du mouvement, peur de ce qui bouge. La culture, la forme d’organisation, le vocabulaire politique utilisé le rapport à la société sont un tout indissociable qui construisent une entité et qui donne une espèce de code génétique au parti. Et dans ce domaine nous ne croyons pas à la thérapie génique.
Nous croyons que profondément le PCF est devenu conservateur et la peur l’a poussé à un repliement sur lui-même qui lui sera funeste. Les vieux réflexes ont repris le dessus " ce sont les gauchistes qui veulent prendre le pouvoir dans les collectifs alors qu’on est majoritaire… ". Soudainement nos alliés devenaient des ennemis. Une force occulte agissait en sous main. Toute forme de contradiction était présentée comme le témoignage de l’anticommunisme. Dans ce contexte, la direction appelait à resserrer les rangs car il y avait aussi des ennemis de l’intérieur. Tout l’arsenal affectif ressortait et lorsque l’on met en cause la famille, les ressorts de la raison ne fonctionnent plus.
A l’extérieur le PCF apparaît comme un parti sclérosé. Il apparaît de moins en moins comme un outil utile au service de la transformation sociale. Cependant nous restons convaincus qu’une organisation politique est nécessaire, mais nous sommes de plus en plus convaincus que le PCF est in-transformable, car il est l’héritier d’une histoire, d’une culture, de pratiques politiques, d’un discours qu’il ne balaiera pas car ils lui sont intrinsèquement liés. Le PCF dans son ensemble est incapable de penser une refondation pour un communisme du 21ème siècle. Et nous distinguons le PCF et les communistes.
Il faut donc envisager avec tous ceux et celles qui portent encore de forts espoirs de transformer le monde de construire un espace politique qui permettra d’envisager pour de bon la politique autrement. Mettre en cohérence ce qu’on dit et ce qu’on fait. Construire à la fois un espace communiste et un espace avec d’autres. Les deux étant nécessaires…
Voilà chers amies et amis quelques réflexions après ce désastre. Mais le combat et la dynamique de mise en mouvement des forces de transformation doivent nous guider.
PARIS - Montreuil le 8/01/2007

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Mardi 9 janvier 2007
Chers amis,
Chères amies,
Parce qu'il y avait urgence à ne plus laisser le terrain de l'élection au duo Sarkozy – Royal, avec Le Pen en embuscade, parce que manifestement aucun candidat du rassemblement antilibéral ne pouvait obtenir " le double consensus ", je suis rentré en campagne en décembre dernier après le vote de mes camarades et des comités unitaires.
Je suis maintenant candidate avec la volonté de tout faire pour permettre le rassemblement le plus large de ceux et celles qui veulent battre la droite et ouvrir une nouvelle voie à gauche, celle d’une réussite durable. Je rentre en campagne en suspendant mes fonctions de secrétaire nationale du Parti communiste français, comme je m'y étais engagée.
Nous avons tous un goût d'inachevé à propos du débat sur les candidatures. Mais ce que nous avons construit, les engagements et les propositions de tous ces collectifs restent des acquis précieux qu’il ne s’agît pas de passer par pertes et profits. Nous devons continuer le travail de rassemblement engagé en respectant les choix de chacun et chacune.
D’autant que des millions de nos concitoyen-ne-s, continuent à souhaiter une autre voie à gauche, entre le renoncement social-libéral et le confinement dans la protestation. Ces hommes et ces femmes veulent pouvoir donner une suite, dans ces élections présidentielles aux victoires sociales et politiques qu’ils et elles ont remportées dans la lutte contre le CPE ou bien dans le vote référendaire. Ces hommes et ces femmes sont la majorité.
Cette majorité, pour devenir majorité politique, appelle ce que la gauche n’a jamais tenté, une véritable transformation sociale. Elle appelle des propositions fortes et une nouvelle conception de la politique et du pouvoir. C’est cette ambition que veut porter ma candidature. Une candidature collective qui jusqu’au bout restera ouverte à toutes celles et ceux qui veulent en être les porte-parole.
Je tenais aussi à vous renouveler ma détermination à porter les enjeux de l’éducation, de l'art et de la culture. Je fais mienne l’idée selon laquelle " la culture n’est pas une accumulation d’œuvres à consommer ", et que " L’art est une activité singulière et essentielle dans la société dont l’appropriation permet, a chacune et chacun, de produire des symboles nouveaux pour tous, de se représenter le monde et de le rêver autre. "
Dans cet esprit la place des arts et de la culture, de l’éducation ou de la recherche dans la société ; la transformation nécessaire des moyens de communication sont des objectifs centraux pour qui se donne l'ambition de la transformation sociale.
J'ai le souci de créer des espaces qui permettent à ceux et celles qui le souhaitent, dans les formes qu'ils décideront eux-mêmes, de participer à cette campagne électorale.
J'ai demandé à Francis Parny de mettre en place un Conseil de campagne associé. Je conçois ce Conseil, qui siégera dans le 13ème arrondissement de Paris et rayonnera en régions, comme une structure ouverte de production d'initiatives, de textes, d'images, de débats... pour permettre à toutes celles et tous ceux qui veulent participer à cette bataille, quelques soient leurs sensibilités à gauche, de le faire à partir de leurs idées et de leurs propositions. Il pourrait être aussi un lieu ressource pour la campagne. Vous y êtes les bienvenus.
Je tiens aussi à vous indiquer qu'au " Zénith " à Paris, le 23 janvier à 19h, un premier rendez-vous permettra de donner à voir la diversité de notre rassemblement. J'espère vous y retrouver.
Cordialement
Marie-George Buffet

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Mardi 9 janvier 2007

La question n'est pas de savoir si le retour vers les comités locaux antilibéraux, vers la base des militants, confirmera ou non la confiance majoritairement et légitimement accordée à la personne de Marie-George Buffet : elle la renouvellera, voire la confortera. Donc s'il s'agit seulement de cautionner et d'emporter encore plus démocratiquement une décision déjà majoritaire, ce parcours sera efficace. Mais la vraie question, de politique nationale et non d'arithmétique interne, aura été escamotée.  

La question actuelle est de décider si le PCF estime que la minorité qui s'est montrée obstinément réfractaire à rallier non pas tant Marie-George Buffet - que tous semblent respecter pour ses actes, son aura et sa personnalité - mais bien plutôt la secrétaire nationale (passée, présente[1] et future) du moins-petit-parti de la coalition est ou non représentative et donc annonciatrice d'une réticence importante dans l'électorat potentiel du mouvement antilibéral. 

Si les délégués et porteurs de "sensibilités" (!) ne représentent guère plus qu'eux-mêmes, la majorité peut, sans crainte des pertes (prévues légères), faire passer immédiatement au vote. Reste que si ce démocratique passage en force s'effectue, de vieilles suspicions seront revigorées : on réimputera au PCF sinon le dérisoire mot d'ordre de 'plumer une volaille', au moins le ricanement néo-stalinien : 'combien de divisions', ces (autres) courants anti-libéraux?. Et les efforts affichés depuis des années vers plus de transparence et de loyauté, plus d'écoute et de respect seront disqualifiés pour longtemps aux yeux de nos plus proches partenaires. 

Si, à l'inverse, on continue de penser sincèrement que ces autres sensibilités ne seront pas pour rien dans le comblement de l'écart entre les 3,37% du PCF en 2002 et les 33% du "Non" de gauche en 2005, si on préfère être avec Marie-George Buffet dans un large camp des combattants plutôt que derrière elle dans le dernier carré de Waterloo, il convient de chercher un autre nom porte-drapeau commun du rassemblement souhaité par tous. 

 

Qu'y a-t-il d'ailleurs à perdre pour le PCF à le proposer plutôt qu'à le subir ? La vigueur de l'investissement des militants communistes ne saurait dépendre de l'identité du seul nom sur le bulletin sauf à constater qu'ils succombent à leur tour à la personnalisation électoraliste et à l'ascendant du vedettariat, séquelles du présidentialisme. Actuellement, le nom de MGB est effectivement le seul d'audience nationale mais pour que cet élément ait tout son prix, il faudrait que le but réel du rassemblement soit l'entrée à l'Elysée d'un(e) candidat(e) au second tour. MGB a d'ailleurs elle-même fait des propositions, attestées par sa pratique lors du référendum de 2005, pour contenir cette "peoplelisation" et développer une saine campagne d'équipe. Ces propositions me semblent valoir par elle-même et, si on prend au sérieux cette idée, responsabilisatrice et égalitaire, d'équipe de lutte, le nom imprimé sur le bulletin des présidentielles –et, a fortiori, ceux des centaines de bulletins des législatives – sera moins important que la communauté ostensible dans tous les actes de la campagne : meetings, médias, tracts, etc. En 1998, Zidane était équipier et Deschamps capitaine et leur équipe a gagné. En 2002, Zidane était capitaine et pourtant l'équipe a perdu. 

Depuis cette date, ce que je craignais s'est produit et je l'illustrerais volontiers, à la manière graphique du "Canard Enchaîné" : 

 

1936 : 2006 :

Le patriotisme Le Parti autisme

Francis Tiedrez (Lille)

 

 

 

 


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Vendredi 12 janvier 2007

Cher(e)s camarades,  

 

Nous avons reçu, comme « toutes les forces du Collectif national » auxquelles elle était adressée, l’invitation à la réunion nationale des 20 et 21 janvier à Montreuil. Comme les signataires n’en sont pas identifiés sur l’invitation, nous faisons parvenir notre réponse à tous les membres du Collectif national, et nous demandons qu’elle soit adressée pour information à tous les collectifs locaux.

Comme nous l’avons indiqué lors du collectif national du 3 janvier, le Parti communiste ne participera pas à cette réunion.

Comme les initiateurs de cette invitation, nous ne renonçons pas « à la bataille pour le rassemblement de la gauche anti-libérale et des candidatures communes ainsi qu’aux acquis des mois écoulés ». Nous ne sommes pas non plus opposés a priori à une nouvelle réunion nationale des collectifs locaux. _ Mais pour ne pas déboucher sur un nouvel échec, elle devrait répondre à deux conditions :

  se situer dans le cadre de l’appel du 10 mai ; 

  permettre de déboucher sur une avancée constructive de notre  

  rassemblement (programme, législatives, ...).

 

Telle qu’elle est envisagée, la réunion des 20 et 21 janvier n’y répond manifestement pas. 

La réunion du Collectif national du 3 janvier a montré que, dans les faits, il s’agissait essentiellement, avec cette réunion, de critiquer la décision du Parti d’engager la campagne présidentielle avec la candidature de Marie-George Buffet, et d’examiner l’éventualité de création d’un « nouvel espace politique ». Certains ont même proposé d’acter la « rupture » avec le Parti communiste et de poursuivre sans lui le processus de rassemblement. Et beaucoup ont exprimé l’intention de pouvoir lors de cette réunion jeter le bases d’un « nouvel espace politique », peut-être d’une « nouvelle force politique », voire, comme le montre l’appel qui circule pour le retour de la candidature Bové, d’une candidature nouvelle, destinée ou non à se maintenir mais permettant « d’occuper le terrain » pendant la campagne présidentielle. 

De tels objectifs sont bien différents de l’objet et de la lettre de l’appel du 10 mai qui nous réunit. Il ne pourra donc pas s’agir, explicitement ou non, d’une « réunion nationale des collectifs locaux ». Et sa convocation ne peut pas être présentée, explicitement ou non, comme étant faite au nom du collectif national. Mais naturellement, nous confirmons la position que nous avons exprimée le 3 janvier : chacun(e), sous sa responsabilité, a évidemment le droit d’organiser les réunions nationales qu’il juge utiles, et d’y inviter qui il veut. Et naturellement, chacun(e) est parfaitement libre d’y participer ou non.

Le Parti communiste est cependant fermement partisan de la poursuite du travail des collectifs locaux, ainsi que du Collectif national. Au delà de l’impossibilité d’un consensus sur une candidature à la présidentielle, nous considérons que le rassemblement de la gauche antilibérale est un objectif à la fois essentiel et durable. C’est dans cet esprit que nous avons proposé, ce qui a été accepté par toutes les composantes du Collectif national :

  de constituer un groupe de travail pour dépouiller les procès-verbaux des

  réunions des collectifs locaux ;

  de mettre en place un « comité de rédaction » permettant au site Internet

  de mieux refléter la diversité des points de vue ;  

 

  de finaliser la rédaction du programme, avec intégration des amendements

  reçus depuis la réunion de novembre.  

 

Nous avons également proposé de continuer le travail sur les législatives, afin que notre rassemblement puisse y être représenté par des candidatures représentatives de sa diversité. Cette proposition a été en l’état refusée, plusieurs interventions ayant soutenu la position que législatives et présidentielle seraient nécessairement « couplées », et que le travail commun sur les législatives devrait donc être abandonné. Nous continuerons pour notre part à proposer aux collectifs, et de façon générale à toutes celles et tous ceux qui le souhaitent, de préparer ensemble les législatives dans l’objectif de rassemblement de toutes les sensibilités de la gauche antilibérale. 

Pour les présidentielles, nous avons clairement annoncé qu’il était pour nous hors de question de prétendre que la candidature de Marie-George serait celle du rassemblement issu de l’appel du 10 mai. Il a d’ailleurs été acté par le collectif national, le 21 décembre, que nous n’avions pas réussi à trouver un consensus sur cette question, et qu’aucune candidature ne pourrait se prévaloir de ce processus de rassemblement. 

Dans cette situation, la déclaration de candidature de Marie-George relève de sa responsabilité, et de celle de notre Parti : c’est le sens de la décision de notre Conseil national du 4 janvier. Cette candidature n’en vise pas moins à rassembler dans les urnes toutes les femmes et tous les hommes qui veulent ouvrir une alternative antilibérale à gauche, et, comme nous l’avons décidé après la désignation de S. Royal par le PS, celles et ceux qui veulent une gauche vraiment à gauche. La campagne sera donc largement ouverte à celles et ceux, de toutes les sensibilités de gauche, qui veulent s’y inscrire avec cet objectif. Ce qui comprend naturellement les collectifs locaux qui en prendraient souverainement la décision. 

Au delà des élections de 2007, nous affirmons notre volonté de poursuivre la démarche de rassemblement engagé, et d’aborder ensemble les luttes et les échéances électorales à venir. Nous ferons donc tout ce qui dépend de nous pour que les femmes et les hommes rassemblés dans les collectifs locaux puissent poursuivre le travail commun, sous les formes qu’elles et ils décideront à chaque moment de façon souveraine. 

Bien cordialement,

Paris, le 11 janvier 2007


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Samedi 13 janvier 2007

Cher(e)s camarades,
j'ai appris l'existence de "communistes unitaires" en Seine Saint-Denis à l'occasion d'une rencontre spontanée de... communistes unitaires en Vaucluse. Nous avons sans aucun doute des choses à nous dire.
A l'issue de notre rencontre (lundi dernier) où il apparaissait clairement que nous n'avions pas tous la même analyse de la situation actuelle et des conséquences à en tirer, j'ai rédigé un texte qui n'engage que moi; que j'ai fait parvenir pour l'instant à la secrétaire fédérale de Vaucluse, au secrétaire de ma section et à tous les présents à la réunion. Je me garderais bien d'affirmer quelque certitude que ce soit. Je réfléchis avec les autres, tant bien que mal. Je serais bien aise d'avoir quelques retours tant la situation est complexe et parce que chacun a pu constater la (trop) forte charge émotive, affective qu'elle porte en elle.
Par ailleurs, pour que les choses soient claires, je n'envisage pas de mener une activité "fractionniste" si du moins l'expression signifie quelque chose.
Je vous fais parvenir cette contribution . En espérant apporter ma pierre, même un gravier, à la réflexion et à l'action commune.

Marcel Leccia (cellule Mouttet - Avignon centre). 

 

Chère camarade,  

 

Après bien des réflexions, discussions en tête à tête ou collectives, lectures (et relectures) de documents récents, voilà où j’en suis à ce jour de mon appréciation de la situation politique concernant le Parti, le rassemblement antilibéral, les perspectives souhaitables.  

D’abord, questions d’approche et de méthode : quelles que soient les réactions sensibles des uns et des autres, les miennes comprises – colère, dépit, indignation, ressentiment, abattement, etc…- elles ne seront pas considérées comme des vertus ou des arguments politiques . Je crois bien plus intéressant de considérer les derniers épisodes comme des symptômes, d’essayer de les analyser comme tels. Enfin, dans ce qui suit, je n’avance que des convictions et des hypothèses, certainement pas des certitudes. 

Cela dit, au fait. 

La question posée par le combat communiste me paraît être celle-ci : quel est l’outil politique qui puisse permettre au mouvement populaire anti-libéral (en attendant qu’il soit anti-capitaliste) de gauche d’exprimer efficacement sa volonté ? Le Parti communiste est-il aujourd’hui cet outil ? 

Je ne le pense pas. Il l’a sans doute été, pendant une longue période de son histoire, référence unique, en tout cas largement dominante, d’un héritage où convergent les apports les plus avancés des Lumières, du mouvement ouvrier français et européen pré-marxiste, et du marxisme. Je n’ai pas les compétences pour refaire avec rigueur l’analyse de son histoire globale. Je constate, comme chacun peut le faire, son déclin continu depuis une bonne trentaine d’années, dont les débuts coïncident avec le congrès d’Epinay et les négociations du programme commun avec le PS et le PRG. Pas question non plus de résumer ou synthétiser les raisons d’un tel déclin : des volumes nombreux y ont été consacrés, de l’intérieur de ses rangs comme de l’extérieur, et le sujet n’est pas épuisé. Tenons-nous en à la dernière phase.

L’appréciation dominante à la direction du Parti est qu’il n’y a qu’une seule gauche à l’intérieur de laquelle il s’agit de rendre majoritaire son option anti-libérale, la gauche désormais majoritairement anti-libérale ainsi dynamisée pouvant devenir elle-même majoritaire dans l’opinion. Pour parvenir à ce résultat, le rassemblement de toutes les forces anti-libérales, organisées ou non, tel qu’il s’est esquissé lors de la campagne référendaire. 

La formulation selon laquelle il y a une seule gauche me paraît ambiguë et, dans la pratique, terriblement illusoire. Affirmer l’existence de deux gauches serait commencer par diviser là où il faut rassembler. Mais la gauche n’est-elle pas divisée  depuis le congrès de TOURS, et fondamentalement, dans ses options économiques, stratégiques, idéologiques ? S’agit-il pour Le Parti communiste d’effacer ce congrès fondateur, ou d’en gommer la signification ? Les options les plus récentes et les pratiques du PS confirment au contraire plus que jamais la validité politique de la scission de 1920 ! Il va de soi que la dénonciation du PS pour ce qu’il est politiquement –un pis-aller instrumental du capital- n’entraîne pas le rejet de son électorat ; au contraire, il s’agit de l’alerter sans ambiguïté sur son rôle et l’impasse où conduit immanquablement le vote socialiste. Et c’est le moment de revenir sur le fameux vote des deuxièmes tours. Comme tout le monde, je sais faire la différence entre droite et gauche telle qu’elle est perçue par l’opinion . La gauche ferait, et fait une politique moins dure que le droite. Affirmer cette évidence trompeuse, c’est faire une lecture segmentée de l’histoire ; mais l’histoire doit s’analyser comme une continuité temporelle. Et alors, de « discipline républicaine » en vote « sans arrière-pensée » pour le candidat de la gauche le mieux placé au deuxième tour, d’élection en élection, nous pouvons constater comment nous accréditons la légitimité de gauche de la sociale-démocratie, aujourd’hui moderne social-libéralisme. Le temps n’est plus loin où nous justifierons la différence entre « démocrates » et « républicains » sur le mode états-unien.  Et nous rétrécissons nous-même notre propre espace politique ; le résultat visible, quantifiable est que, donnant corps à cette illusion, nous encourageons la dérive catastrophique vers le bipartisme, c’est-à-dire le verrouillage à double tour (c’est le cas de le dire !) du combat politique, débarrassé pour longtemps, très longtemps, de l’option anti-capitaliste. Si le mouvement populaire, le mouvement social doivent instruire nos réflexions et nos pratiques, ils ont à s’instruire des nôtres. Dans le période récente, l’histoire a invalidé ou brouillé certaines références, certains repères que ces mouvements ont crû pouvoir utiliser pour changer le monde. Aujourd’hui, les confusions dans lesquelles se débat le Parti communiste ne les aident certainement pas à y voir plus clair, à mon avis.(Il faudra un jour qu’on explique pourquoi tant de responsables dans le Parti confient en privé n’avoir pas voté socialiste à telle élection quand ils affirment publiquement à l’électorat de gauche devoir le faire. Démagogie ? Irresponsabilité ? Ou est-ce que le bon peuple ne saurait comprendre des situations si compliquées ?).

Les errements, les ambiguïtés stratégiques du Parti, qui viennent de se manifester encore spectaculairement dans le « laborieux » échec du processus de désignation d’une candidature anti-libérale unique à la présidentielle conforte ma conviction qu’il n’est plus le bon outil du combat anti-capitaliste. Mais il reste à mes yeux le meilleur dans le paysage politique actuel. 

Il ne s’agit donc surtout pas de le brader ni de le saborder (R. Hue a suffisamment engagé ce travail en répétant à satiété, du temps du gouvernement Jospin –la gauche singulièrement plurielle- que celui-ci allait  droit dans le mur et … que les ministres communistes resteraient néanmoins à leur poste ; saisissant raccourci d’un comportement suicidaire). S’il lui semble difficile, problématique d’intégrer des données récentes du combat de classe mondialisé (altermondialisme, mode de croissance, …),  il montre ses capacités d’écoute, de prise en compte de ces données, comme il a montré ses capacités à faire évoluer certaines pratiques. Mais ces évolutions se sont faites et se font trop souvent dans la confusion, le chaos , et n’excluent pas ce que je considère comme des régressions. (Ainsi par exemple, avoir identifié parti-guide et parti d’avant-garde pour condamner l’un et l’autre relève de la confusion : le Parti communiste doit être et rester un parti d’avant-garde, c’est-à-dire un pionnier, un défricheur de voies nouvelles et surtout pas un parti-guide, c’est-à-dire celui qui vous dit de le suivre sur le « bon chemin ». Ainsi, encore plus inquiétant, de la mise au placard ou dans l’arrière-boutique, du marxisme, qui conserve toute sa fécondité à condition d’être continûment repensé à la lumière des expériences diverses qui se donnent cours dans l’histoire réelle). Au bilan, et malgré le poids même de sa longue histoire et de sa culture qui jouent contradictoirement comme un handicap, je suis convaincu que le Parti communiste a encore un rôle à jouer, principalement celui de transmettre un héritage puisé dans la meilleure part de cette histoire et de cette culture : le haut niveau de conscience politique d’un très grand nombre de ses membres, sa formidable capacité militante, son dévouement déterminé aux meilleures causes, ses préoccupations théoriques et le « fonds » marxiste de sa réflexion , qui devrait être redynamisés. Reste à mes yeux que, à terme, il doit se transformer en une autre force qui soit l’outil anticapitaliste pertinent et efficace de demain. La gauche anti-libérale est aujourd’hui dramatiquement dispersée . Elle ne pèsera pas lourd si elle le demeure. La stratégie de rassemblement entamée est plus que jamais la seule qui me paraisse légitime pour le combat de classes. Il est peu utile ici d’essayer de faire le point sur les comportements des uns et des autres : bonne foi prise en défaut des uns, arrière-pensées des autres ; naïvetés, trahisons, errements, coups tactiques,.. (Aucune formation n’en sort grandie ; mais c’est probablement la nôtre, la plus importante, la plus visible sans doute qui pourrait en subir la plus grave dégradation ; l’image de l’action politique ne s’en trouve pas améliorée et nous avons toute notre part dans ce gâchis. Il est d’ailleurs heureux que les collectifs locaux n’aient pas été encore très popularisés au moment de la rupture de décembre ; sinon, les dégâts et les dégoûts auraient été pires encore). Peu importe, à condition de les lire précisément comme symptôme, et symptôme du manque de maturation politique de ce mouvement puissant. Raison même pour laquelle il faut s’y tenir avec lucidité, ténacité et rigueur (autant que les « choses » de la politique le permettent !). Quant au Parti communiste,  il doit entamer lui-même le chantier de son propre dépassement, à la lumière de toute son histoire, des raisons de son récent déclin et de l’expérience  en cours du rassemblement en panne. Je me dis parfois que ce chantier est en fait déjà ouvert dans le Parti, peut-être à son corps (une grande partie de son corps) défendant ! Il doit, si ce n’est le cas, l’entamer avec toutes les autres forces qui se réclament de l’anti-libéralisme, dans le respect total de la spécificité des apports de chacune, et sans rien rabattre de la sienne propre. Sans la moindre ambiguïté non plus sur les jeux d’alliance qui peuvent se présenter. Car s’il peut y avoir des opportunités de circonstance qui justifient des accords ponctuels avec telle force libérale (le cas s’est présenté maintes fois dans l’histoire), cela relève de la tactique, pour le plus grand bien  ou le moindre mal de tous ceux qui prennent les coups du capital. Mais persévérer dans des alliances stratégiques avec ces mêmes forces conduit là où l’on en est. 

De ces réflexions, je tire les conséquences personnelles suivantes : sans préjuger de ce que pourrait devenir le paysage électoral au jour du scrutin, je voterai pour Marie-George Buffet par défaut, parce qu’elle est d’après moi la plus fiable, la plus « substantielle » politiquement ;  mais je ne peux pas faire campagne pour elle parce qu’elle n’est pas la candidate du rassemblement  anti-libéral dans l’échec duquel, en tout cas pour la présidentielle, nous avons une large part de responsabilité. Si la candidate du PS est présente au second tour, je voterai blanc, appellerai à voter de même et expliquerai pourquoi. Je compte demeurer adhérent et militant du Parti communiste, mettant en suspens toute activité dans la prochaine campagne si elle implique l’appel à voter pour Buffet mais disponible pour toute autre action, au premier rang desquelles  ce qui contribuera à reconstituer le tissus du rassemblement. Je compte, sauf élément nouveau, mener une campagne strictement personnelle où je développerai  très précisément tout ce que contient cette lettre.

Je te remercie pour ta patience et ton attention. Crois bien par ailleurs qu’il n’y a rien  ici qui soit inspiré par la défiance à l’égard de tel-le ou tel-le responsable, dirigeant-e .  Toute association, tout groupe, parti, mouvement fonctionnent comme ils fonctionnent, avec les qualités et les défauts de chacun et les vices inhérents à toutes les organisations. Crois aussi que j’ai particulièrement apprécié le courrier que tu as adressé à chacun-e au lendemain du dernier CN, pour sa sincérité, son souci de transparence. 

Avec tout mon engagement communiste, reçois mes amitiés. 

Marcel Leccia 


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Vendredi 2 février 2007
Yann BOUVIER
95 - Ermont
  
Lettre à Patrice Cohen-Séat, Olivier Dartigolles, Brigitte Dionnet, Jean-François Gau, Elisabeth Gauthier, représentants du PCF au Collectif national unitaire. 
 
 
Chers camarades,
 
J'ai lu votre tribune dans l'Huma de mercredi 17 janvier. Vous y revenez notamment sur les raisons qui ont conduit notre parti à prendre "toutes ses responsabilités". Sur le fond, elles méritent débat. Mais je souhaitais avant tout vous dire que dans tout mouvement historique et populaire, au-delà des froides logiques et des implacables démonstrations, il y a aussi des ressorts humains qu'il est si important de ne pas ignorer. Et je tiens à commencer par vous témoigner de l'état dans lequel se trouvent aujourd'hui ces hommes et ces femmes qui, autour de moi, "y ont cru", tant en dehors que dans le parti.
 
Tout d'abord, pendant les vacances j'ai croisé dix-sept proches, citoyens de gauche (électeurs communistes ou bien "nomades"), non présents dans les collectifs, qui auraient voté résolument pour un candidat antilibéral unitaire... et dont beaucoup auraient aussi modestement et à divers niveaux fait la campagne autour d'eux. Tous ont pris l'initiative de m'interpeller, moi le militant de service. Après le fiasco de décembre, trois m'ont dit se résoudre à voter Royal dès le premier tour, deux m'ont dit s'apprêter voter pour Marie-George, deux pour Besancenot, un pour Bayrou ("le dernier chien possible dans le jeu de quille"), trois m'ont indiqué penser sérieusement à s'abstenir, les autres avouant leur impuissance à envisager désormais le 22 avril… tous déçus et/ou en colère, les plus remontés l'étant contre le parti (il s'agit des plus politisés et des plus proches de nous).
 
Ensuite, depuis la rentrée, j'ai participé à plusieurs réunions (du parti, de mes collectifs unitaires, local et d'entreprise), et j'ai pu constater l'ampleur du désastre : notre parti est divisé, à un degré bien pire que ce qu'on pouvait entrevoir en décembre. Le Père Noël n'a pas éteint les passions (fallait-il être naïfs pour y croire, mais je sais que certains apprentis sorciers ont compté là-dessus) Avec nos retrouvailles de janvier, chaque réunion est une nouvelle violence infligée à ces valeurs humaines qui ont cimenté notre engagement commun pendant toutes ces décennies : le partage, le respect et, dans beaucoup de cellules, la fraternité. Dans l'instant, toute fleure la fin d'une époque, prédit l'implosion ou la scission…
 
Au delà de ce témoignage, je souhaitais vous livrer quelques réflexions en vous remerciant par avance de prendre le temps de les parcourir.
 
Premièrement, malgré les multiples tentatives pour dédouaner le parti de sa part de responsabilité dans l'échec, je continue de penser que si nous avions imaginé à un seul moment qu'une autre candidature que celle de Marie-George était possible, nous y serions parvenus, et même assez tôt dans l'automne. Le choix de la direction du parti était clair, et en "refaisant le film", je m'aperçois qu'elle n'en a pas dévié une seule seconde de mars à décembre : il n'y avait pas d'autre candidature envisageable que celle de Marie-George. La chute est d'autant plus rude pour les camarades qui, comme moi, se sont sincèrement inscrits dans la construction collective d'une candidature acceptable par l'ensemble du mouvement. Au final, je pense qu'il s'agit là d'une divergence sur la conception du rassemblement et sur la place que doit y jouer notre parti. Et qui dit conception, dit aussi sens et profondeur de l'engagement.
 
Deuxièmement, tout ce qui se débat actuellement touche à des questions identitaires fortes. C'est la raison pour laquelle je pense que les fractures qui s'opèrent actuellement sont profondes et ne se ressouderont pas avant longtemps. Après deux décennies d'offensive libérale, d'affaiblissement et d'éparpillement des forces de progrès, beaucoup de citoyens se sont pris à croire en la possibilité de convergences nouvelles pour peser, puis, dans la foulée du référendum, d'un rassemblement antilibéral gagnant. Parmi eux, de nombreux communistes apercevant enfin un nouvel horizon pour leur parti, imaginant de nouvelles possibilités historiques pour notre peuple… Et cette fois-ci, il était enfin (!!!) possible de converger électoralement et de changer la donne ! Cette hypothèse a enthousiasmé dans tout le pays bien au delà des citoyens investis dans les collectifs. Un nouveau potentiel militant était là, ne demandant qu'à éclore, immédiatement… Sacrée "prise de responsabilités", que de claquer la porte nez de cette dynamique, de l'espoir populaire ! Au delà de la vive blessure ressentie par de nombreux camarades, il s'agit d'une faute politique majeure : notre communisme est forcément unitaire ou ne sera pas.
 
Troisièmement, nous avons raté un rendez-vous historique, un moment charnière, générateur de nouveaux repères, de nouvelles identifications politiques. Imaginons un instant combien notre parti et sa secrétaire nationale seraient sortis grandis de la réussite du rassemblement, s'ils avaient décidé de faire vivre ce nouvel espoir jusqu'au bout et d'y contribuer de tout leur communisme. Je pense à tous ces jeunes prêts à se reconnaître dans une nouvelle espérance mais qui n'ont pas eu la chance d'avoir des parents communistes et qui, en sortant de l'école, mettent souvent un signe égal entre "communisme" et "dictature" ou "Staline". Ces jeunes dont on sait qu'ils constituent un puissant amplificateur des mouvements électoraux et des évolutions militantes. Résultat : Marie-George plafonne à 1% dans leurs intentions de vote et je ne vois pas ce qui pourrait changer beaucoup la donne en trois mois, tant ils ne nous situent si loin de leur monde et de leur époque. Il y avait un tel espace pour une féconde mise en commun… Quel gâchis !
 
Quatrièmement, je n'arrive toujours pas à me faire au nouveau paysage de la gauche antilibérale. J'essaie parfois d'oublier, mais matin, midi et soir, je vois un paysage de désolation : comme tant d'autres, je rêvais d'une campagne plurielle, ouverte aux apports de chaque culture militante, imaginative, festive et irrésistible comme l'a été la campagne du référendum. Je voyais à portée de main un score qui change la donne dans le pays, qui bouge en profondeur la gauche. Je voyais enfin la possibilité de donner une puissante traduction électorale aux attentes populaires… Et je vois une campagne amputée de la musique qui aurait fait danser le peuple antilibéral, une campagne qui aura du mal à décoller parce qu'en difficulté pour répondre à la question fondamentale : l'utilité à glisser dans l'urne le 22 avril un bulletin de vote Marie-George Buffet.
 
Cinquièmement, après des années d'avancées et d'ouvertures, je vois mon parti retomber dans ses pires tentations. Sa surdité de l'automne m'avait profondément inquiété sur son rapport à la société. Je ne m'étendrai pas plus sur les conditions et les pratiques qui ont pu conduire au score trompeur du 20 décembre (qui ne peut étouffer la colère réelle et le trouble majoritaire des militants). Et voilà que dans la foulée, on assiste au retour en force de bien des sectarismes qu'ont croyait oubliés, en attestent ces écrits, ces propos et ces attitudes vis-à-vis des communistes qui divergent ou des autres composantes de la gauche antilibérale. Quel terrible retour en arrière !
 
* * *
Ce courrier vous paraîtra acerbe. Sa brutalité est à la mesure des attentes suscitées par le rassemblement et de la passion de mon engagement. Il est le constat de la violence d'une cassure brutale et du fracas qu'elle engendre.
 
Pour autant, je demeure pleinement communiste, tout autant que chacun d'entre vous. Je reste aussi persuadé que pour éviter les impasses et pour gagner, les forces de la transformation sociale ont "viscéralement" besoin de leur composante communiste. Mais, pour ma part, et pour la première fois de ma vie militante, je ne vois pas encore ce qui pourrait me pousser à m'engager dans cette campagne électorale. Je crois qu'on sera au moins d'accord pour souhaiter que le score cumulé des candidats antilibéraux soit le meilleur possible pour combattre la bipolarisation et pour préserver l'espoir d'une autre voie à gauche. Oui, ma campagne présidentielle sera celle-là… Dans la débâcle et les turbulences du moment, à tous ces amis, ces proches, ces collègues, avec qui nous diffèrerons le 22 avril après avoir tant rêvé ensemble ces derniers temps, je continuerai à dire : "continuons ensemble !"…
 
 
Restant bien entendu disponible pour poursuivre l'échange,
Fraternellement
 

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Vendredi 2 février 2007
C’est au soir du 29 mai 2005, au moment où s’afficha devant les yeux médusés des peuples européens et d’abord français le score du NON, que la citrouille devint carrosse. La fable s’écrivait à l’envers de toutes les augures : près de 55 % des Français rejetaient le projet libéral de constitution européenne. Malgré un matraquage comme on en a rarement vu, les tenants du OUI étaient défaits. Leur mine trahissait l’ampleur du drame vécu.
De l’autre côté, les militants anti-libéraux de gauche, au prix d’efforts qu’ils étaient seuls à pouvoir apprécier, avaient réussi à inverser la tendance au-delà des espérances les plus optimistes.
Tout était si beau, si inespéré (à ce point en tout cas), le carrosse si spacieux et si confortable qu’on en oublia l’aveuglante réalité.
L’analyse concrète de ce qui venait de se passer a été escamotée : si le NON réalisait près de 55 % de voix, il ne pouvait faire de doute que l’extrême droite, la droite nationale, une partie du courant gaulliste y avait contribué. Il n’y avait pas une majorité antilibérale de GAUCHE dans le rejet du projet de constitution européenne.
Fallait-il regretter cette connivence avec le diable ? Non, car elle a permis d’écarter le danger majeur, mais elle devait immédiatement être réduite à néant et la seule possibilité de le faire passait par un appel immédiat à confédérer une Gauche antilibérale se fixant pour objectif d’affronter les nécessités de la lutte sociale comme les échéances électorales, notamment Présidentielle et législative de 2007.
 
Décréter cette urgence, c’était prendre en compte le fait politique essentiel, révélé par le référendum, à savoir que la gauche antilibérale en France représentait réellement et au maximum, entre 35 et 37 % du corps électoral. Si cela est encore loin de la majorité, ce n'en est pas moins une force considérable, authentiquement antilibérale, supérieure à l’influence du PS et "à gauche pour de bon".
Elle réunit, de l’extrême gauche à,( pour la première fois depuis longtemps) une frange tout à fait significative du PS, la diversité des sensibilités de la gauche acquises à la nécessité d’un dépassement du libéralisme. Au sein de la gauche, la composante antilibérale représentait beaucoup plus au soir du 29 mai 2005 que celle qui est moins déterminée à porter le fer contre le libéralisme et ses effets.
Ce qui constitue une faute politique tragique et impardonnable aura été l’incapacité à dépasser, à transcender l’esprit de clan qui marque chacun des mouvements “de la gauche de la gauche”. Telle la taupe qui ne sort son nez que pour s’effrayer du bleu du ciel et s’enfoncer volontairement dans son trou, “l‘autre gauche” s’est terrée au trente-sixième dessous des dogmes sectaires, bien au chaud des certitudes de l’autisme politique.
Une autre image me vient, celle des vétérans de l’armée impériale nipponne dans l’archipel des Philippines qui, des décennies après la fin des hostilités portaient toujours l’uniforme et le fusil, croyant que la guerre continuait. Vieux et pathétiques, ils s’éteignent naturellement, les uns après les autres. Encore récemment on en a découvert quelques-uns. Le monde les a depuis longtemps oubliés et à l'occasion en rit, mais pourtant c’est triste ! Faute d'analyser concrètement la réalité concrète du 29 mai 2005, "les purs et durs"de toutes obédiences, ont en fait, laissé repartir les socialistes authentiquement de gauche vers leur parti, sans esquisser un geste. Ils auraient pu par exemple suggérer de mener campagne afin que toute la gauche participe à des primaires de désignation du (oude la) candidat(e) à l’élection présidentielle, discute de la constitution d’une coalition pour les législatives qui suivront, en vue de l’élection de députés représentant tout l’éventail des sensibilités de la gauche. Certes, il aurait fallu d’abord admettre que la règle du jeu des présidentielles ne laisse aucune place à une candidature “témoignage”. Seuls les deux candidats arrivés en tête au premier tour sont qualifiés pour le second. Il aurait fallu, dans ces conditions, considérer que le (ou la) candidat(e) pour la présidentielle ne pouvait
être issu(e) que du PS, éventuellement proche de celui-ci mais désigné par tous les courants de la gauche. Une candidature antilibérale et consensuelle comprenant le courant socialiste qui avait mené campagne pour le NON.
 
On peut le regretter mais la situation politique française aujourd’hui n’autorise aucun autre mouvement de gauche, à espérer être présent au second tour de la présidentielle. Et cette règle du jeu qui a produit l’effroyable second tour de 2002 est dans l’esprit de tous ceux qui ne veulent plus que cela recommence ! Or ce ne sont pas socialistes et personnalités diverses vraiment à gauche qui manquaient. Les premiers sont allés se faire battre au sein de leur parti, avant de rejoindre le camp de celle pour laquelle finalement la gauche antilibérale s’apprête à voter au second tour. Car dans l'hypothèse non assurée d'une présence "de gauche"au second tour il faudra à tout prix battre la droite, voire l'extrême droite.
Il y a même fort à parier que beaucoup, pour être sûr de ne pas revivre l’épouvantable scénario de 2002, voteront dès le premier pour Madame Royal.
Bravo à tous ! Vous ne vouliez pas vous “compromettre” à favoriser la désignation d’un candidat socialiste antilibéral, synonyme à vos yeux de "lâche abandon des positions de classe", alors vous voterez pour la candidate social-libérale désignée par le PS tout seul. Bravo au PC qui mérite une mention spéciale. Les autres groupuscules d’extrême gauche étant rapidement retournés dans leur petit pré carré, les plus optimistes s’étaient pris à espérer que le PC, happé depuis un certain temps déjà par l’enlisement groupusculaire, allait saisir la chance inespérée qui se présentait à lui. Après la campagne du référendum durant laquelle(après correction de la ligne initiale, ne l'oublions pas) il s’était plutôt bien comporté, on aurait pu croire qu’il prendrait l’initiative d’un mot d’ordre rassembleur et offensif, un peu comme il sut le faire pour le Front populaire en 1936. On pouvait espérer qu’il en appelle, sans plus d’hésitations et atermoiements l’absolue nécessité du rassemblement de toutes les forces antilibérales de gauche, en France d’abord, en Europe et partout dans le monde où se mobilisent, agissent et souvent même contrecarrent le présumé invincible libéralisme, des mouvements divers qui inventent un avenir possible pour l’humanité.
 
On aurait pu espérer que le PC soit encore en capacité de se projeter dans la réalité d’un monde qui ne se résigne pas, qui chaque jour, ici ou là et partout témoigne que l’histoire n’est décidément pas finie. L’hypothèque stalinienne définitivement levée, l’espoir peut enfin renaître.
 
Certes, rien n’indique qu’il aurait été facile d’imposer au PS un tel rassemblement, ni de convaincre de la nécessité d’associer toute la gauche à la définition des perspectives et la désignation des candidats pour les défendre. Les comportements dogmatiques sont hélas très largement partagés par tous les courants de la gauche. Il aurait fallut que le peuple de gauche s'en mêle vraiment, mais comme à chaque fois que l'enjeu le mérite, cette intervention se serait avérée aussi indispensable que décisive.
Avec 35 ou 37 % du corps électoral réellement antilibéral dont une partie du PS ramené à gauche, on pouvait peser et peut-être l’emporter.
Aurait-il été simple pour le PS de refuser purement et simplement des primaires à gauche si une campagne nationale avait été menée ?
A l’évidence non !
Au lieu de cela, la gauche qui se proclame à la gauche de l’autre est restée sur la touche, à regarder le PS choisir seul la candidate qui deviendra celle de toute la gauche au second tour. A partir de l’erreur tragique du 29 mai 2005, la gauche antilibérale délestée de sa composante socialiste si précieuse et si prometteuse pour l’avenir, s’est avérée incapable de proposer une alternative.
L’extrême gauche avec l’inoxydable Arlette pour LO, Olivier Besancenot pour la LCR,quin’envisage pas une seconde une alliance avec le PS et se condamne donc aux délices de l’impuissance totale a choisi de ne rien changer. En conséquence il y aurait deux candidats trotskistes, sans compter celui du Parti des Travailleurs, s'il obtient les parrainages. Trois Trotskistes c'est très exactement ce qui correspond à la situation politique française comme chacun le sait.
Quant au PC, c’est peu dire qu’il n’a jamais imaginé une autre possibilité qu'un candidat issu de ses rangs, pour représenter la gauche antilibérale à l’élection présidentielle. La naïveté de ceux qui ont cru qu'il pouvait en être autrement, selon l’humeur fait peine à voir ou rire à gorge déployée.
 
C’est ignorer à un degré rare, le mode de fonctionnement du PC et sa culture, pour imaginer qu’il n’avait pas, dès le début décidé que la candidate ne pouvait être que Marie-George Buffet !
Tout a été fait en ce sens et il n’a rien lâché… jusqu’à l’explosion de la bulle entretenue artificiellement durant quelque mois.
Et puis, il y a Bové qui vient et s’en va, mais reviendra peut-être et ajoute à la division et à la confusion stérile qui marque la désastreuse fin de ce très mauvais film.
A supposer que chacun(e) soit en situation de se présenter il n’est pas défaitiste d’estimer qu’aucun, dans cet éparpillement effrayant, fera plus de 4 % des voix. C’est bien évidemment très au-dessus de ce qui se vérifiera, mais même à ce niveau, ensemble ils réuniront moins de la moitié des 35 à 37 % du 29 mai 2005. En réalité ils ne feront même pas le tiers !
Bravo ! Jouer plus mal est tout simplement impossible.
Et même si la gauche antilbérale réalisait l’impossible rêve de n’avoir qu’un candidat il ne dépassera pas les 10 %.
Si au passage le PC y perd son groupe à l’Assemblée nationale, il lui restera la possibilité d’invoquer la trahison de tous, et si besoin replonger dans ses archives pour en exhumer l'imparable analyse de Marchais qui pour expliquer l'effondrement à 11% de l'influence du PC en 1984 asséna que la société avait ( "glissé à droite”. A 3% la société a-t-elle effectué un tête à queue ?
Durant les vingt années qui viennent de s’écouler, c’est-à-dire depuis que j’ai quitté le PC, je n’ai jamais entretenu à son encontre une attitude a priori négative. Pour avoir été membre de cette belle organisation révolutionnaire, je peux témoigner pour une part, de son efficacité dans les luttes qui ont marqué l’histoire de notre pays.
Les complicités malfaisantes avec l’anti-communisme stalinien lui auront fait le plus grand tort, mais je pensais qu'il aurait été possible ( je n’en suis plus si sûr), au milieu des années 80 de rénover cet outil. Ce fut un échec cuisant pour ceux qui s’y sont essayés. Ceux qui ont suivi, de reconstructeurs en refondateurs ont connu le même sort et ont été logés à la même enseigne.
Ces derniers temps, réduits à quelques dizaines de milliers d’adhérents, le PC a donné des signes que les plus optimistes( dont j’avoue avoir fait partie), ont interprétés comme encourageants.
Bon, il faut arrêter de se bercer d’illusion, c’est foutu.
Plus rien ne viendra de constructif et d'innovant, de ce qui se réduit à un appareil et quelque pitons défendus âprement jusqu’au dernier survivant, à l'instar des soldats perdus de l'armée japonaise des îles du Pacifique.
Je n’ai plus rien à voir avec cela.
Ils vont disparaître, cette fois c’est sûr, après l’engloutissement des dernières positions électorales tenues çà ou là. Adieu camarades !
 
Dès que l’horizon sera dégagé du fait de leur incapacité à s' inscrire dans les exigences du temps, l’avenir s’écrira sans eux.
C’est dommage, car près de 25 % de Français ne trouvent pas incongru l’idéal communiste, mais ils ne seront qu’autour de 3% à voter pour la candidate du PC au printemps prochain.
Chercher l’erreur, et y remédier est tout simplement au-dessus de leur possibilité. Quel gâchis !
L’heure n’est pourtant pas à la résignation, tout simplement parce que le monde sous nos yeux témoigne des résistances réelles qui se manifestent contre l’inhumanité du libéralisme.
Face à cette inhumanité il faut faire front et cela concerne toute l’humanité. La nécessité de constituer “le front de l’humanité” se dessine de plus en plus nettement dans les luttes qu'elles soient locales ou plus globales, qu'elles se déroulent en France ou partout dans le monde .
C’est comme cela pour moi que s'exprime le besoin de mettre en commun, c'est peut-être comme cela que pourrait se nommer et s’organiser le communisme à venir.
 
 Alain Amicabile
 

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Mercredi 14 février 2007
Aux communistes de la section de ROISSY Aéroport
A la fédération de Seine St Denis du PCF
Au secrétariat de Marie George Buffet
Pour information au responsable national aux entreprises Richard Shehan
 
 
Lettre de communistes de ROISSY-AEROPORT
 
Une dynamique anti-libérale était engagée, un espoir était né. Celui d’ouvrir une alternative à l’ultralibéralisme de Sarkozy, à sa variante sociale-libérale et de mettre en échec la tentative d’installer le bipartisme comme système politique dans notre pays, moyen le plus efficace pour pérenniser le système.
Cette dynamique a été brisée par le coup de force de la direction du PCF pour imposer la candidature de M.G. Buffet. De ce fait les forces anti-libérales vont affronter de façon éparpillée l’échéance présidentielle. 
La responsabilité du PCF est à cet égard historique. Avec la force du non de gauche, les succès des premiers meetings, malgré l’absence de la LCR (le Mans, Montpellier...), indiquaient que cette dynamique prenait de l’ampleur. Malgré les appels qui lui étaient adressés de la part des militants anti-libéraux, des personnalités diverses connues pour leur engagement ( G. Séguy, L. Sève…) , la direction du PCF a adopté et conservé une attitude désastreuse pour notre peuple et suicidaire pour le parti.
Alors, oui nous partageons la colère d’un grand nombre de militants anti-libéraux et de tous ceux qui espéraient sortir de la déferlante libérale destructrice d’humanité. Colère contre ce coup de force briseur d’espoir et contre le caractère prémédité de la démarche. Nous avons honte que notre parti ait cru pouvoir impunément instrumentaliser les collectifs anti-libéraux et n’ai pas hésité pour s’assurer du résultat d’en créer des dizaines dans les semaines qui ont précédé la consultation des dits comités sur la candidature. Colère également que notre parti ait renié sa parole sur le mode de désignation par consensus sur lequel toutes les parties s’étaient mises d’accord, pour imposer la loi de la majorité qu’il s’était assuré.
Nous partageons la colère de nombreux communistes d’avoir été eux-mêmes manipulés. La manière dont les différents votes internes ont eu lieu permettant d’aboutir à ce qui en définitive était décidé depuis le début, à savoir imposer la candidature de la secrétaire nationale du PCF.
Depuis de nombreuses années nous avons lors de débats de fond, notamment lors des congrès, mais pas seulement, tenté de contribuer à ce que le PCF fasse un choix stratégique qui se fixe comme objectif la visée communiste et une conception du rassemblement permettant à toutes les forces intéressées de travailler ensemble sans velléité hégémonique. Pour nous la visée communiste, c’est rompre avec la primauté de l’institutionnel, c’est dans un même mouvement se battre pour rompre avec le capitalisme et s’émanciper des rapports sociaux de toute domination et dépossession.
Aujourd’hui force est de constater que la direction du PCF a décidé de se fixer une ambition différente : celle d’oeuvrer à une modification d’un rapport de forces avec le PS pour peser à gauche sur sa politique. De ce fait, il sépare l’immédiat du projet, il se définit par rapport au PS et non par rapport à la visée communiste. Cela revient à réduire l’intervention politique à une sorte de syndicalisme politique et à la recherche du soutien du PS pour maintenir des positions électives qui du coup demeurent incertaines.
Ni l’ambition politique, ni la conception, rassemblement autour du parti, ne permettent de sortir du système institutionnel et de rompre avec ce système social.
Les méthodes utilisées ( manipulation., agressivité vis à vis des communistes en désaccord et envers des antilibéraux avec qui nous sommes censés nous retrouver demain, ) ne sont à nos yeux pas compatibles avec des idéaux et des valeurs communistes.
Ces attitudes, ces comportements, cette culture institutionnelle, ce rapport de pouvoir qui fait croire que c’est le parti qui détient la clef des solutions alors qu’il n’a de cesse de déposséder n’est pas la voie pour construire du communisme. Au contraire nous nous en éloignons.
Nous sommes convaincus que pour construire le changement dans notre pays, nous avons à apprendre, à discuter, à respecter, à construire ensemble. Un rassemblement ne peut être conçu qu’en tenant en compte les différences. Il ne peut y avoir de loi majoritaire.
Nous continuerons à nous battre et à porter le projet et l’idéal communiste avec « Communistes Unitaires ». Nous espérons nous retrouver bientôt dans des luttes communes sur cette visée communiste avec de nombreux adhérents actuels du PCF. En même temps nous sommes décidés de participer de façon active au combat pour un rassemblement majoritaire anti-libéral.
 
BINDER Serge,                                                 MARCHILLE Jean,
CONDAMINE Christian,                      MARTIAL Chantal,
FRANCQ Pierre,                                      MONSEGU Karine,                  
FRASSIN Didier,                                      MORTENSEN Bjarne,
GUELLE Marie-Claude,                        VERGNAUD Daniel,
LEBLEGUET Michel,                         VERGNAUD-MONVOISIN Valérie.
MAIRESSE Serge,
                                      
 
Ont décidé de quitter le PCF :
BINDER Serge, CONDAMINE Christian, FRASSIN Didier, GUELLE Marie-Claude, MAIRESSE Serge, MARCHILLE Jean, MARTIAL Chantal, MORTENSEN Bjarne, VERGNAUD Daniel, VERGNAUD-MONVOISIN Valérie
 
 
         
          Mercredi 7 février 2007
 
  
 
 
 

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Samedi 17 février 2007
Quand Michel Onfray parle du PCF s

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Jeudi 1 mars 2007
Comme beaucoup de communistes, je me suis senti personnellement blessé par des mots que je réprouve et par une argumentation que je considère comme irrecevable. Il n’est évidemment pas question de nier certaines vérités sur les crimes qui ont jalonné l’histoire du communisme et de ceux qui s’en sont réclamés. Mais je m’étonne et m’insurge contre les approximations, les raccourcis et les amalgames qui visent, semble-t-il, à discréditer une culture dans son ensemble, sans nuance et sans recul. Je ne peux m’empêcher d’y voir également un certain mépris pour les luttes sociales dont le Parti communiste a été l’inspirateur, l’initiateur et souvent l’acteur majeur. Je ne peux m’empêcher également d’y voir une profonde injustice pour tous les communistes résistants, internationalistes, brigadistes ou bien simples militants d’une société plus juste qui ont œuvré pour les idées de liberté et d’égalité. Je pense notamment à Henri Krasucki, militant antinazi déporté à Jawischowitz, annexe d'Auschwitz, puis à Buchenwald.

Ces propos sont d’autant plus consternants qu’ils sont tenus par un intellectuel qui nous a habitué à plus de raison et d’intelligence. Ils sont d’autant plus douloureux que cet intellectuel, qui n’a cessé de promouvoir les bénéfices de l’unité antilibérale, s’autorise une déclaration qui n’a d’effets que de diviser et de cristalliser les tensions déjà existantes. La forme parce qu’elle est excessive, le contenu par ce qu’il est biaisé et le moment parce qu’il est inopportun…tout dans cette déclaration indique que Michel Onfray a manqué de mesure et de discernement.

Les forces de gauche antilibérales doivent inéluctablement se rassembler en dépit de la colère et l’amertume qui en l’espèce fut mauvaise conseillère, n’est-ce pas Michel Onfray. Tous les candidats antilibéraux ont leur place dans cette élection. « Il vaut mieux s’additionner que se soustraire » titre mon précédent post. Je reste convaincu comme je l’indiquais, il y a un an, à Patrice Cohen-Seat, conseiller particulier de Marie-George Buffet et numéro 2 du Parti Communiste Français, que la candidature de Clémentine Autain était de nature à rassembler l’ensemble de l’arc antilibéral. Ce choix aurait été pour le PCF l’occasion d’un acte historique, d’un signal fort en direction des jeunes générations qui auront à construire le communisme moderne du 21e siècle. Quelle extraordinaire attractivité aurait alors eu le mouvement antilibéral avec un PCF reconnu comme une force indispensable et un ciment du rassemblement !

Bien à toi cher Pablo. Hasta la victoria siempre !
Francois Asensi
En réponse au post de Onfray "Coco, boulot, dodo" et au commentaire de Pablo, un internaute
blog.francoisasensi.com

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