Lundi 29 janvier 2007
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Compte rendu de la réunion du 13 janvier 2007 dans l' Isère
Réunion en vue de la possible création d’une Association des Communistes Unitaires
25 Présents:
1. Ordre du Jour:
- Sentiment et analyse de la situation nouvelle.
- Quelle perspective, comment poursuivre le travail politique engagé avec des milliers de gens au sein des collectifs unitaires anti-libéraux.
- Débat sur la nécessité de cet espace des communistes unitaires et sur les outils pour l'organiser. Opportunité d'une association indépendante (en accord avec les statuts du PCF) réunissant les communistes encartés et de cœurs, en complément de l'association des collectifs
2. Introduction
Quelques mots dans le but d’introduire la discussion : situation et besoins
Situation :
Comme l’écrit Claude Debons, après la décision unilatérale de la LCR de présenter Olivier Besancenot, celle du PCF de présenter Marie Georges Buffet introduit une rupture dans la démarche pour un rassemblement antilibérale et unitaire. On sent bien que plus rien de ne sera comme avant sans qu’on sache, d’ailleurs, ce qui va advenir.
Cette rupture a provoqué des dégâts politiques qui affectent la crédibilité de la gauche antilibérale en termes d’alternative.
Dans le même temps l’envie de continuer, d’y aller est toujours très vivace chez de nombreux collectifs unitaires. Différents scénarios pour continuer sont proposés sans qu’aucun n’émerge aujourd’hui véritablement : faire le deuil des présidentielles, y aller avec un-e- candidat-e unitaire (José Bové ?), se limiter aux législatives, aux municipales ?….
Ces points sont évidemment à débattre
En interne au parti :
Pour la première fois dans l’histoire du PCF 10000 communistes ont exprimé par leur vote une exigence qui transgresse le légitimisme habituellement en vigueur. 18% au niveau national, 38% en Isère. 10000 communistes simplement convaincus que la seule stratégie possible est celle d’un rassemblement antilibéral large AVEC le PCF mais pas DERRIERE lui.
Beaucoup d’émotion, de désarroi et de colère souvent parmi ces militant-e-s. Quelque chose s’est brisé qui va bien au-delà du simple désaccord. Des très graves manquements éthiques ont eu lieu de la part du PCF, d’une partie de sa direction. Il faudra que l’on s’exprime clairement et fermement la dessus le moment venu. (Après les élections)
Des camarades déchirent leurs cartes ou s’éloignent.
Nous avons assisté en quelques jours à un renversement de la stratégie pourtant votée très majoritairement à un congrès il n’y a même pas un an. Avec à la clef un retournement d’alliance au sein des différentes sensibilités. Tous les opposants de la stratégie votée au congrès ont voté très massivement pour le choix 1 (maintien de Marie Georges Buffet)
Quelque soit les résultats aux présidentielles et législatives, la prochaine période sera obligatoirement celle d’une réinterrogation et d’un nouveau débat sur l’avenir du PCF et du communisme en France de manière générale. Avec un risque perçu par beaucoup d’entre nous de voir le PCF finir soit en tout petit satellite du PS (à la façon du PRG) soit en groupuscule de témoignage d’un pseudo communisme pure et dur.
Sur les besoins :
Interne au Parti:
Besoin de ne pas laisser la déception se transformer en découragement
Besoin d’espace pour rassembler des camarades qui partagent :
· Un certain nombre de valeurs (éthique, notamment d’écoute et de lier fin et moyens))
· Les mêmes idées sur ce que devrait être la visée communisme (centralité de l’individu, de son émancipation, nécessité de s’attaquer à d’autres aliénations que celle purement économique notamment à travers le féminisme pour lequel le PCF montre un retard énorme tant du point de vue théorique que pratique)
· La stratégie pour porter notre projet qui ne peut être que celle d’un rassemblement nécessairement le plus large possible, donc pas derrière le PCF
Donc besoin d’espace pour échanger en dépassant les cadres actuels (membres du PCF et non encarté)
Besoin que cet espace ait un fonctionnement véritablement démocratique, éthique, privilégiant le consensus
Besoin d’approfondir enfin ce que recouvre le mot communisme en sortant de la vulgate qui le définit depuis prés d’un siècle
Alors, et c’est le troisième point à l’ordre du jour de notre réunion, cet espace doit-il se concrétiser par une association ?
Les besoins, les défis sont clairs :
Aider à donner corps au rassemblement antilibéral. L’aider à vivre, à s’étendre.
Pour cela qu’est ce qui serait le plus efficace ? Que des apports individuels de communistes ? Le communisme peut-il apporter quelque chose de spécifique ? Peut-il y a voir un apport communiste ? Lequel ? Par qui ? Comment ?
Le débat est ouvert.
3. Discussion
Il s’est ensuit un long tour de table ou chaque personne s’est exprimé une ou deux fois. Pour cette première réunion, peu de personnes ont abordés le 3ème point du jour sur la nécessité ou non d’une association de communiste unitaire. Ce 3ème point a été remis à la prochaine réunion.
Un certain désarroi
Il semble que beaucoup des participants étaient contents d’être là pour exprimer leur ressenti sur la situation et la partager avec d’autre ayant eu le même ressenti. Beaucoup ont exprimé la difficulté qu’il y a pour avoir un débat serein à l’intérieur du parti en défendant le point de vu unitaire, souvent cela tourne à un dialogue de sourd, qui peut conduire à être stigmatisé, accusé de traîtrise. On a entendu les communistes « entre guillemets », « sous influence ». Les anciens du parti l’ayant quitté, reconnaissent ce type d’ambiance qui a pu les faire quitter le parti. Beaucoup de désarroi chez les plus anciens du parti qui peut être pour la première fois ne vont pas faire campagne pour le candidat du parti. Pour les autres c’est surtout l’impression d’être orphelin de ce rassemblement anti-libéral.
Analyse de l’attitude du parti
Certains ont essayé de faire une analyse de l’attitude du parti
- Jean C. pense que le parti est toujours un parti léniniste non démocratique et qu’il n’y a rien à espérer de lui.
- Michel parle aussi de manœuvre de type léniniste.
- Pour Frédérique il ne s’agit pas de cela, le parti ayant beaucoup évolué vers la démocratie interne, mais plus un problème général des organisations de type pyramidales.
- Julien a parlé de la dimension identitaire et psychologique qui a empêché beaucoup de communistes d’imaginer autre chose que la candidature de Marie Georges Buffet.
- Frédérique parle d’esprit grégaire dans le parti.
- Pour Roger, ce qui est à l’origine de l’échec, c’est le manque d’appropriation, par les communistes, de la nouvelle stratégie (promouvoir un mouvement anti-libéral « avec » le PCF) et de ses profondes implications. C’est sur MGB que repose implicitement l’unité du parti sur cette stratégie. L’opposition interne a tenté d’obtenir dès le 33ième congrès la désignation de MGB comme candidate du PCF aux présidentielles. Tenter par-là d’introduire un verrou à l’application de la nouvelle stratégie. Echouant, et bien que « MGB mène le PCF à sa perte », l’opposition s’est ralliée à l’élection de MGB secrétaire générale! N’était-elle pas déjà, dans une majorité de têtes communistes, candidate à la candidature ? Sa double responsabilité allait donc jouer ce rôle de verrou. Jamais sa candidature ne ferait consensus chez tous nos partenaires anti-libéraux. L’opposition le sait par nature: elle-même n’accepterait jamais une candidature non-communiste !!.Elle s’est bien gardée de soulever le problème !! Quelques membres du CN ont essayé, en vain. De fait les candidats Gremetz, Karman ont joué les repoussoirs : 96% pour MGB !! Grave faute politique de la majorité des communistes ainsi manipulée : il fallait dès le congrès mettre MGB en réserve des présidentielles et élire quelqu’un d’autre SG (ou créer un tandem inversé). Fini les dirigeants providentiels et irremplaçables !! Le piège a fonctionné. Et nos partenaires ne nous ont pas aidés à le contourner.
- Gérard parle d’un manque d’intelligence politique.
--Luc parle des communistes qui sont allés dans les collectifs comme on va en vacances et qui sont revenus avec des souvenirs les photos du meeting et qui maintenant reprennent leur vie normale.
Stratégie de lutte à l’intérieur du parti
La question pour beaucoup se pose de rester ou pas au parti. Cependant pour la très grande majorité le choix semble de vouloir y rester. Par contre nous sommes d’accord que nous devrions mieux nous coordonner et s’appuyer les uns les autres quand nous défendons notre point de vue dans les instances du parti, et quand nous tentons de mettre en difficulté les dirigeants traînant les pieds ou opposés à la stratégie unitaire anti-libérale. Il a ainsi été dit qu’il est très important que nous soyons présents à chaque événement du parti pour être nombreux à faire entendre notre point de vue. Personne ne veut créer une tendance ou un autre parti. Il s’agit plus d’un espace de débat/concertation dont nous avons besoin. Beaucoup pense que le parti est encore un outil utile, et qu’avant de remplacer un outil comme cela par l’outil des collectifs cela prendra des années.
Stratégie des collectifs
Une grosse partie du temps des interventions s’est focalisé sur les perspectives des collectifs unitaires notamment en vue des présidentielles. Les avis sont très partagés sur le fait d’avoir une candidature ou non à la présidentielle. ajouter de la division à la division pour certains, pour d’autre ça serait permettre la présence des collectifs. Avis partagés aussi sur la nécessité d’avoir un candidat aux présidentielles pour pouvoir faire la campagne des législative. L’idée est avancée qu’il vaut mieux reconnaître que nous avons échoué à présenter un-e candidat-e aux présidentielles, ce qui ne nous empêche pas ni d’être présent dans la campagne présidentielle avec les 125 propositions ni de présenter des candidat-e-s aux législatives.
Beaucoup des interventions tournent autour de la candidature de José Bové. Le clivage est assez fort entre ceux qui soutiennent à fond cette candidature et ceux qui ne peuvent l’envisager, Bové étant un personnage qui peut susciter un certain rejet. Cela rejoint les débats et les clivages qu’il y a à l’intérieur des collectifs en ce moment le pro/contre MGB ayant laissé la place aujourd’hui au pro/contre Bové.
En tout cas il n’y a pas de consensus entre communistes unitaires sur la présidentielle. Sur la législative par contre tout le monde pense qu’il faut y aller.
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Publié dans : communistes unitaires en région
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