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Jeudi 3 mai 2007
 

Vous les plus purs que d’autres, les plus intelligents que d’autres, vous les plus subtils, vous les cohérents, vous les fins stratèges, vous allez faire ça ? Vous, les à qui on ne la fait plus, les durs du cuir, vous allez vraiment, en ne votant pas pour elle, voter pour lui?

Vous allez vraiment faire ça ? Vous allez le faire ?

Vous, les vrais de vrais de la gauche vraie, vous allez faire ça ? Pour cinq ans ! Pour cinq ans, peut-être dix, vous allez faire ça ?

Vous, les toujours déçus de tout, vous les amers, les indécis décidés, les laves plus blancs que blanc vous allez faire ça ?

Mais pourquoi ? Parce que quoi ? Parce que jupe ? Parce que  talons hauts? Parce que voix ? Parce que sourire, cheveux, boucles d’oreilles? Parce que vraie ?

Il n’y a rien qui vous aille dans son programme à elle, rien ? Pas cinquante propositions sur les cents ? Pas vingt ?  Pas dix ? Pas une ? Vraiment, rien du tout ?

Trop de quoi ? Pas assez de quoi?

Pas assez à gauche ? On voudrait, quitte à tout perdre, une campagne à gauche toute ?

Mais même l’extrême gauche, cette fois-ci, au deuxième tour ne joue plus à ce jeu-là. Peu importe, vous, vous allez y jouer ?

Le résultat du 21 avril 2002 ne suffit pas ? Non. On le refait en 2007, mais en mieux. Pas au premier tour, non, carrément au deuxième. C’est plus chic.

Que ceux qui ressemblent à Nicolas Sarkozy, ou qui croient qu’il leur ressemble, que ceux-là votent pour lui, quoi de plus normal. Que ceux qui lui font sincèrement confiance pour améliorer leurs dures vies, que ceux-là l’acclament et votent pour lui, quoi de plus normal. C’est même estimable.

Que les grands patrons votent Nicolas Sarkozy, pas tous d’ailleurs, loin s’en faut, non, mais par exemple les grands patrons de presse,  qu’on a vu se si nombreux, si heureux, à Bercy avant hier, qu’ils votent pour leur copain, qui va vraiment améliorer leurs belles vies, c’est moins estimable, mais quoi de plus normal ?

Mais vous, une respiration possible, un air nouveau, un espace de travail politique, une chance espiègle, ça ne vous dit rien ? Vraiment rien? Mais qu’est-ce qui vous fait si peur ?

Les Italiens ont enfin chassé Berlusconi, les Espagnols, après une grande douleur révélatrice, se sont débarrassés  d’Aznar, et voilà que nous, à quelques milliers de voix près, nous allons repasser le plat de la droite dure ? 

Il y a un pari à prendre contre une certitude sombre, et vous ne pariez pas ?

Quels désirs obscurs allez-vous satisfaire ? De qui donc, de quoi êtes-vous secrètement solidaires. Ce ne peut-être du bien de ceux qui ont besoin, vitalement, de mieux être. Vitalement. Maintenant.

Supporterez-vous dimanche soir d’apprendre  qu’il a manqué une voix ? Une seule. La votre.

Je vous en supplie.

 

Ariane Mnouchkine

- Publié dans : Enjeux électoraux
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Lundi 19 mars 2007
CONSEIL CONSTITUTIONNEL
Élection présidentielle 2007
LISTE DES CANDIDATS

Décision du 19 mars 2007 arrêtant la liste des candidats à l'élection présidentielle
 
Décision du 19 mars 2007
Liste des candidats à l'élection présidentielle
 
 
LE CONSEIL CONSTITUTIONNEL,
Vu les articles 6, 7 et 58 de la Constitution ;
Vu l'ordonnance n° 58-1067 du 7 novembre 1958 modifiée portant loi organique sur le Conseil constitutionnel, notamment son article 30 ;
Vu l'article 3 de la loi n° 62-1292 du 6 novembre 1962 modifiée relative à l'élection du Président de la République au suffrage universel ;
Vu les articles du code électoral rendus applicables à l'élection du Président de la République, notamment les articles L. 2 à L. 7, L. 45, L.O. 127, L.O. 135-1, L. 199, L. 200 et L. 203 ;
Vu le décret n° 2001-213 du 8 mars 2001 modifié portant application de la loi du 6 novembre 1962 susvisée ;
Vu le décret n° 2007-227 du 21 février 2007 portant convocation des électeurs pour l'élection du Président de la République ;
Vu la décision du Conseil constitutionnel du 24 février 1981 d'après laquelle l'ordre d'établissement de la liste des candidats à l'élection du Président de la République est déterminé par voie de tirage au sort entre les noms des candidats ;
Ayant examiné les formulaires de présentation qui lui ont été adressés à partir du 22 février 2007 et qui lui sont parvenus au plus tard le 16 mars 2007 à dix-huit heures, conformément à l'article 3 de la loi du 6 novembre 1962 et à l'article 2 du décret du 8 mars 2001 ;
Après s'être assuré de la régularité des candidatures et du consentement des candidats, avoir constaté le dépôt du pli scellé exigé pour leur déclaration de situation patrimoniale et avoir reçu leur engagement, en cas d'élection, de déposer une nouvelle déclaration,
D É C I D E :
Article premier.- La liste des candidats à l'élection du Président de la République, dont l'ordre a été établi par voie de tirage au sort, est arrêtée comme suit :
 
-   Monsieur Olivier BESANCENOT ;
-   Madame Marie-George BUFFET ;
-   Monsieur Gérard SCHIVARDI ;
-   Monsieur François BAYROU ;
-   Monsieur José BOVÉ ;
-   Madame Dominique VOYNET ;
-   Monsieur Philippe de VILLIERS ;
-   Madame Ségolène ROYAL ;
-   Monsieur Frédéric NIHOUS ;
-   Monsieur Jean-Marie LE PEN ;
-   Madame Arlette LAGUILLER ;
-   Monsieur Nicolas SARKOZY.
Article 2.- La présente décision sera publiée sans délai au Journal officiel et notifiée, par les soins du Gouvernement, aux représentants de l'Etat dans les départements, en Polynésie française, aux îles Wallis et Futuna, en Nouvelle-Calédonie, à Mayotte, à Saint-Pierre-et-Miquelon, aux ambassadeurs et aux chefs de postes consulaires.
Délibéré par le Conseil constitutionnel dans sa séance du 19 mars 2007, où siégeaient : M. Jean-Louis DEBRÉ, Président, MM. Guy CANIVET, Renaud DENOIX de SAINT MARC et Olivier DUTHEILLET de LAMOTHE, Mme Jacqueline de GUILLENCHMIDT, MM. Pierre JOXE et Jean-Louis PEZANT, Mme Dominique SCHNAPPER et M. Pierre STEINMETZ.
 
Par administrateur - Publié dans : Enjeux électoraux
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Lundi 5 mars 2007
L'élection présidentielle approche. Dans quelques jours nous connaîtrons les candidats en présence, puisque ceux qui n'auront pas réuni les 500 parrainages d'élus seront éliminés par cette mesure administrative.

C'est la loi. Je la conteste. Elle est inique, conservatrice, puisqu'elle a été bâtie pour que rien ne change, pour laisser le pouvoir à ceux qui l'ont déjà, aux formations politiques installées. Mon parti, le PCF, la conteste aussi.

Lorsqu'une loi est inique, quel qu'en soit l'objet, les communistes se battent pour la changer mais aussi pour en contrecarrer les effets, partout où cela est possible.

Aujourd'hui, nous le pouvons, puisque Marie-George Buffet dispose de beaucoup plus de parrainages que ce qui lui est nécessaire. Elle en dispose parce que l'histoire du Parti communiste et son poids dans la société française font qu'il a de nombreux élus. Rien n'oblige le PCF à agir pour que ses élus parrainent d'autres candidats. Mais la question vaut d'être posée. Et elle se pose pour moi, élue communiste, qui dois prendre une responsabilité personnelle. Je peux le faire puisque mon parti, a contrario du Parti Socialiste, n'empêche pas ses élus de faire leur choix.

C'est une question démocratique: tout faire pour que les électeurs puissent librement attribuer leurs suffrages, y compris à des candidats qui n'ont pas une surface politique suffisante pour obtenir ces parrainages.

C'est aussi une question politique qui concerne la gauche antilibérale. L'histoire récente n'a pas permis qu'une candidature unique antilibérale se dégage pour cette élection. Je fais partie de ceux qui pensent que le Parti communiste porte une responsabilité dans cet échec, qu'il n'a pas été à la hauteur de l'enjeu, et s'est laissé dominer par une logique d'appareil. Besancenot de son coté avait fait bande à part le premier. Et si la candidature Bové a émergé, c'est face au vide laissé par cet échec, au désarroi de nombreux électeurs se reconnaissant dans l'antilibéralisme et qui avaient espéré qu'il se passait quelque chose de différent. Si cette candidature ne peut pas être maintenue, tous ces électeurs se trouveraient à nouveau plongés dans la frustration, l'éparpillement vers des candidatures diverses et même vers l'abstention. Ce ne serait pas non plus un atout pour faire barrage à Sarkozy au 2e tour.

L'important, c'est que se construise le rassemblement antilibéral qui n'en est qu'à ses balbutiements et dont je suis convaincue qu'il pèsera dans l'avenir de la vie politique française. Pour en créer les conditions et favoriser cette dynamique pour la suite il faut qu'aucune sensibilité du camp antilibéral ne soit perdante aujourd'hui.

L'absence de Bové ou de Besancenot dans cette élection n'aurait pour effet que de réduire le nombre de voix antilibérales exprimées et serait un frein pour la suite du rassemblement. Les 3B ne sont que peu concurrents, ils doivent créer les conditions d'être complémentaires. Marie George Buffet n'a aucun intérêt à se retrouver seule en lice. Elle n'en ramasserait que des miettes électorales et un recul politique.

Ne pas se résigner à la division, c'est inventer une autre façon de se comporter dans cette situation inédite.
Aussi je voterai Marie-George Buffet, malgré mes désaccords, parce que je participe des combats du Parti communiste, de son histoire et de sa lutte pour autre monde possible, centré sur l'homme et non sur le profit.


Et je donnerai mon parrainage à José Bové, pour que ceux et celles qui veulent voter pour lui puissent le faire et qu'ensemble nous nous retrouvions pour construire le rassemblement antilibéral de demain. Pourquoi José Bové plutôt qu'un autre? Parce que ceux et celles qui ont initié sa candidature étaient parmi les plus fervents défenseurs de la recherche d'une candidature unique antilibérale. Cela compte pour la suite.


Catherine Gégout
Conseillère de Paris (PCF)
4 mars 2007
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Dimanche 25 février 2007
Sortir du piège du présidentialisme, se donner les moyens d'avoir un maximum de candidatures unitaires aux élections législatives

Encore une fois, je voudrais exprimer mon profond désaccord avec le présidentialisme entretenu par certains camarades et par des acteurs du rassemblement antilibéral.
Entretenir et légitimer ce qu'on prétend combattre, renforcer le piège de l'inversion du calendrier électoral qu'on a pourtant identifié comme tel, c'est une incohérence.
Et ce n'est malheureusement pas la seule.
On peut se demander, par exemple, où est passée l'idée de campagne collective, avec les candidat-e-s aux législatives comme autant de porte parole. Seul un maximum de candidatures communes du rassemblement antilibéral le plus large, aux législatives, sur la base du projet commun (mieux encore serait un accord national pour les législatives avec l'ensemble des forces antilibérales) peut redonner une utilité et un sens forts aux candidatures antilibérales, y compris, pour une part, à l'élection présidentielle.
Certes, pour l'élection présidentielle, une candidature commune en aurait eu beaucoup plus ; mais la réalité est bien différente, avec 5 candidatures antilibérales à l'heure actuelle.
En outre, je pense que nous aurions eu beaucoup plus de chance d'y parvenir si nous avions travaillé partout à des candidatures communes aux législatives, passé un accord national sur cette question et fait de la candidature commune à l'élection présidentielle un accessoire du projet et des candidatures communes aux législatives. Malheureusement, nous avons fait l'inverse.
Non seulement, les leçons de notre échec ne sont pas tirées, mais je constate une persistance, chez certains, de l'envie de poursuivre toujours plus loin dans la voie de ce qui nous a conduit à cet échec.
Cela me rappelle un peu l'indigence de l'analyse de cet échec lors de la réunion nationale des collectifs à Montreuil. On n'était pas loin de la cause unique et de la désignation du bouc-émissaire ; dispensant
d'examiner l'ensemble des erreurs commises par les uns et les autres ; faisant l'économie du dépassement d'une dramatique incapacité à se dégager des conceptions et pratiques dominantes de la politique.
Ainsi, à cette occasion, ai-je pu constater, avec horreur, qu'un nombre non négligeable de partisans de José Bové utilisaient les mêmes arguments et adoptaient les mêmes comportements que la direction du PCF lorsqu'elle se battait pour faire de Marie-George Buffet la candidate des collectifs : contestation de la règle du double consensus au profit de la logique majoritaire, déclaration de l'urgence pour forcer des décisions précipitées, volonté d'instrumentalisation les collectifs au profit d'une candidature quitte à réduire l'arc du rassemblement et à faire éclater ou disparaître des collectifs (ce qui est déjà en partie
le cas), etc.
Au lieu de s'occuper de ce qui peut nous rassembler et de la question décisive des législatives, je lis, avec effarement et consternation, que certains proposent de toujours plus mettre les élections législatives à la remorque de l'élection présidentielle, voire de ne s'en occuper qu'après l'élection présidentielle.
Je pense que c'est aussi suicidaire que ce que fait la direction du PCF.
Si cela continue, les seuls résultats seront : 
    *  l'approfondissement et la quasi irréversibilité des divisions 
    *  le rabougrissement du rassemblement antilibéral 
    * le ratage de la possibilité de se rassembler sur certains objectifs à défaut de pouvoir le faire sur tous 
    * l'échec à toutes les élections en 2007
Il y a un petit côté Lutte ouvrière dans tout ça. Cette espèce de tout ou rien qui finit invariablement par aboutir au rien ou au presque rien.
Avec mon collectif nous avons fait le choix de ne soutenir aucun candidat en particulier à l'élection présidentielle (tout en laissant chacun libre de le faire individuellement, s'il le souhaitait), de
faire vivre le projet, de préserver et développer le rassemblement le plus large et d'oeuvrer à des candidatures communes aux législatives.
J'appelle tout le monde à agir dans ce sens. 
Ce faisant, je n'ignore pas les obstacles existants, inégaux selon les endroits, à ces candidatures communes aux législatives. Toutefois, plus nous ferons grandir cette exigence, plus nous gagnerons de candidatures communes et plus nous aurons les moyens de discuter, à tous les niveaux,
pour ouvrir de nouvelles possibilités, y compris dans un certain nombre de circonscriptions et départements où tout est actuellement bloqué.

Bruno Bessière
Bezons (Val d'Oise)
 

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Vendredi 23 février 2007
Le choix du Rassemblement antilibéral et l’indifférence à la possibilité pour O. Besancenot et/ou J. Bové d’être candidat-s sont-ils  compatibles ?
 
L’éventualité qu’Olivier Besancenot et/ou José Bové n’obtienne-nt pas le nombre de parrainages nécessaires pour pouvoir déposer leur candidature à l’élection présidentielle interpelle-t-elle le Pcf ?
 
En d’autres temps, elle ne m’aurait pas interpellé. D’autant moins que je n’envisage pas de voter pour l’un ou l’autre.
 
Mais O. Besancenot et J. Bové partageaient il y a peu encore les estrades des meetings pour le « Non » au TCE avec M.-G. Buffet. Et nous avons cheminé plusieurs mois en espérant, du moins le prétendions-nous, pouvoir présenter une candidature commune à l’élection présidentielle. Si pour le moment il semble que ce sera finalement séparément que les forces antilibérales se compteront à l’élection présidentielle (ce à quoi je ne me résous pas), nous affirmons cependant que le choix de leur rassemblement reste pour nous un choix stratégique.
 
Dans ces conditions, il me semble que les adhérents du Pcf, qui forment une force attachée au respect du pluralisme, se prononçant pour ce motif en faveur de la proportionnelle intégrale, et comptant un nombre d’élus pouvant permettre à Olivier Besancenot et à José Bové de présenter leur candidature, ne peuvent restés indifférents à la question de savoir si ces élus y seront invités ou pas.
 
Denis Krys (adhérent Pcf)
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