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Enjeux électoraux

Lundi 8 janvier 2007 1 08 /01 /2007 11:20

Un immense espoir est né le 29 mai 2005 : la majorité de la gauche française a dit « Non » au projet libéral de constitution européenne. Cette majorité va-t-elle manquer le rendez-vous de 2007 et laisser le champ libre aux battus de 2005 ? La logique du « chacun pour soi » l’emportera t-elle finalement sur l’aspiration unitaire qui n’a cessé de grandir et de s’exprimer dans le mouvement des collectifs ?  

 

Nous ne pouvons pas nous résigner à ce gâchis historique.

 Il est encore temps d’éviter ce scénario-catastrophe si nous nous rassemblons autour de la seule candidature qui peut encore porter notre projet commun dans la bataille de l’élection présidentielle : celle de José Bové.

 José Bové est dans notre pays la principale figure de la résistance populaire à la mondialisation libérale. Il est l’un des acteurs de premier plan de cette résistance à l’échelle internationale. Connu de tous nos concitoyens pour ses combats de militant syndical et altermondialiste, il est l’un des plus à même de faire entendre et partager au plus grand nombre nos propositions pour en finir avec le chômage, la précarité, la misère, le pillage et la destruction de la planète.

 Il peut ainsi être le trait d’union entre tous ceux qui veulent que ça change vraiment. Un trait d’union entre les différents courants politiques de la gauche antilibérale. Un trait d’union entre ces courants politiques et le mouvement social, associatif, citoyen et altermondialiste qui s’est affirmé sur la scène publique ces dernières années. Un trait d’union entre les exigences sociales, écologiques et démocratiques qui ont convergé dans le « Non » en 2005.

 José Bové s’est depuis longtemps déclaré disponible pour être le candidat de notre rassemblement.

 Nous pensons qu’il doit l’être. Non pour ajouter de la division à la division, mais pour retrouver ensemble le chemin de l’union et de l’espoir et poursuivre l’expérience précieuse de centaines de collectifs unitaires.

 Nous voulons l’unité de la gauche antilibérale, alternative, solidaire et écologique. Pour tous ceux qui souffrent de l’injustice et de la régression sociale. Pour ceux qui n’en peuvent plus des bas salaires et des petits boulots précaires. Pour tous les laissés pour compte, les sans emploi, les sans logis, les sans-papiers. Pour les jeunes qui galèrent. Pour tous ceux qui ont peur du lendemain. Pour répondre à l’attente de ceux qui risquent de se tromper de colère ou de baisser les bras...

 C’est vital et c’est urgent.

 Premiers signataires : Rémy Jean (LCR unitaire, 13), Yannis Youlountas (écolo-libertaire, 81), Jacques Perreux (PCF, vice-président du CG du Val de Marne, 94), Laurent Prodeau (collectif Quercy-Caussadais, Montalzat, 82), Etienne Adam (ANPAG, Caen, 14), Jean-Marc Jacquot (syndicaliste CGT Services et Etudes, Paris, 75), François Soltic (Alterekolo, CIUN, Paris, 75), Bruno Della Sudda (Les Alternatifs, Nice, 06), Michel Onfray (philosophe), Marcel Régny (socialiste, collectif antilibéral du Roannais), Cecile Daude (SNESup, Besançon, 25), Raymond Lopez (PCF, Marseille Nord, 13), Michel Lequenne (historien, Paris, 75),, Jean-Pierre Bataille (Alternative Midi Pyrénées, Toulouse, 31), Sylvie Pille (altermondialiste, collectif Aubagne, 13), Emmanuel Chanial (LCR unitaire, CIUN, Paris, 75), Ridan (chanteur), Claude Leguerranic (objecteur de croissance, CIUN, Paris), Daniel Mino (collectif CAP à gauche, Thonon-Evian, 74), Valéry Rasplus (essayiste, Toulouse, 31), Gérard Blanchet (citoyen non encarté, Clermont-Ferrand, 63), Claude Ganne (LCR unitaire, St Etienne, 42), François Esquer (groupe ESPOIR, La Réunion ), Gustave Parking (humoriste), Eric Fatoux (syndicaliste CGT Cegelec et filiales), Yves Vandramme (Ballon Rouge, Aubagne, 13), Dany Bruet (animateur Repaire « Là-bas, si j’y suis » Aix, 13), John Berger (écrivain, Haute-Savoie, 74), Jean-Marc Philibert (Alterekolo, Nîmes, 30), Olivier Lafferière (animateur des collectifs de la Loire , St Etienne, 42), Dominique Liot (syndicaliste EDF-GDF, Tournefeuille, 31), Lionel Gouésigoux (altermondialiste, Cahors, 46), Hadadi Kaddour (musicien, Roubaix, 59), Jean-Christophe Chaumeron (Alternative citoyenne),, Michel Dupont (Motivé-e_s, Rouen, 76), Daniel Minga (site Révoltes, Chalon/Saône, 71), Nathalie Harran (plasticienne, Paris, 75), Christian Denis (Alterekolo, Gaillac, 81), Vincent Courtin (militant associatif, Niort, 79), Gérard Delbreil (ingénieur, Marminiac, 46), Jean Baumgartem (écrivain, 84), Pierre Labrot (peintre, vidéaste, La Roche L ’abeille, 87), Léa Fraziac (étudiante, Lille, 59), Ramdane Issaad (réalisateur, romancier, Rampillon, 77), Gérard Duménil (économiste), Christian Laborde (informaticien), Christiane Bataillard (collectif Bourg en Bresse, 01), Richard Neuville (Les Alternatifs, Ardèche), Michel Abada (ingénieur au chômage, Nice, 06), Laurent Bouvier (journaliste, Nice 06), Seloua Gazhouane (collectif Ecodéveloppement, Nice, 06), Richard Loiret (Les Verts Alterekolo, Nice, 06), Edgar Malausséna, (conseiller régional PACA, Nice, 06), Jean Pierre Boudine (enseignant, Marseille, 13), Paul Bouffartigue (sociologue, Aix, 13), Magali Braconnot (Les Alternatifs, Gardanne, 13), Richard Cagny (faucheur volontaire, Marseille, 13), Hadj Abdelaziz Bernard Di Spigno (syndicaliste CGT Ministère Agriculture, Marseille, 13), Jacques Durbec (chanteur éducateur, Graveson, 13), Philippe Gardiol (Les Verts, Vitrolles, 13), Benoît et Claudie Hubert (avocats, Aix, 13), Vincent Lucas, (photographe-citoyen, Marseille, 13), Bruno Malvezin (consultant écologie, Marseille, 13), François Pecqueur (cofondateur du « Point de Bascule, Marseille, 13), Isabelle Poncet, ATTAC, Aix, 13), Roger Rosseti (professeur de technologie, Martigues, 13), Henri Rubino (Les Verts Alterekolo, Marseille, 13), Christine Sanquer (Marseille, 13), Anne Flambard (ANPAG, Caen, 14), Henri Lombardi (enseignant-chercheur, Besançon, 25),,Philippe Schepens (linguiste, Besançon, 25), Jean-Marie Viprey (universitaire, Besançon, 25), Frédéric Font (militant associatif, Toulouse, 31), Hervé Connangle (graphiste, Bordeaux, 33), Xavier Dupenloup (ébéniste, Montpellier, 34), Vincent Basabé (Saint Etienne  42), Jean Marie Fouquer (directeur d'école, St Etienne, 42), Nadim Ghodbane (Les Verts Alterekolo, St Etienne, 42), Jean-Pierre Meyer (Les Verts Alterekolo, St Martin La Plaine , 42), Pierre Thiollière (Verts pour le non, Saint Romain Les Atheux, 42), Rosa Zabala (Saint Etienne 42), Maïté Ballais (LCR unitaire, Clermont-Ferrand, 63), Frédéric Zaldivar (PCF, Romagnat, 63), Bernard Barthuet (sans emploi, Lyon, 69), Jacques Chemin (APAG, 69), Farid Ghehiuoueche (assistant élues vertes, Chalons/Saône, 71), Franck Loizemant (syndicaliste CGT, La Poste , Paris, 75), Benoit Mariou (enseignant chercheur, Paris, 75), Nathalie Ovion (syndicaliste CGT, infographiste, Paris, 75), Jean-François Pélissier (adjoint au maire du 13ème, Paris, 75), Jean-Elie Strappini (syndicaliste CGT Ministère de la Culture , Paris, 75), Elisabeth Vitiello (syndicaliste CGT, documentaliste, Paris, 75), Catherine Bellot (Motivé-e-s, Rouen, 76), Brigitte Berger (Motivé-e-s, Rouen, 76), Frédérique Chauvet (Motivé-e-s, Rouen, 76), Louis-Marie Zaccaron-Barthe (Rouen, 76), Carole Boutet (prof de philo, 81), Maud Guenfoud (altermondialiste, Durfort, 81), Jacques Reynaud (altermondialiste, Gaillac, 81), Alain Moles (syndicaliste paysan, Montauban, 82), Hendrik Davi (LCR unitaire, Avignon, 84), Vincent Delahaye (Les Verts Alterekolo, Avignon, 84), Christophe Elrobrini (collectif Avignon, 84), Hubert Leray (écolosocial libre, Limoges, 87), Claude Seureau (PCF, Vitry, 94), Gilles Monsillon (conseiller municipal Alterékolo, 95), Bernard Caron (Les Alternatifs), Denis Simonin (groupe ESPOIR, La Réunion ) ...

 

 

 

 

 

 

 

 

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Mardi 9 janvier 2007 2 09 /01 /2007 15:40

Voici la réaction officielle du pcf à la contribution de Claude Debons

http://www.dailymotion.com/video/xy3xc_sur-les-candidatures-de-substitutio

 

Une réaction :

Cela vaut le coup d'être écouté, comme terrible exemple de la régression éthique actuelle de la direction du Parti.
Olivier Dartigolles :
1 - ment en disant que Claude Debons parle au nom des collectifs. C. Debons ne parle pas au nom des collectifs locaux ni au nom du rassemblement antilibéral (le texte de Claude Debons est une
"Contribution au débat", un point c'est tout).
Le but d'O Dartigolles est d'opposer Claude Debons, et à travers lui le collectif national unitaire, aux collectifs locaux
2 - insinue en se référant à l'idée développée par Claude Debons qu'il faut créer un nouvel espace politique, que celui-ci "triche" avec l'accord politique issu de la dynamique unitaire...Le but d'Olivier
Dartigolles est de dénoncer un complot.
3 - manipule les internautes en présentant l'idée d'une candidature de substitution n'allant pas jusqu'au bout en la déconnectant du reste du paragraphe qui souligne que cette candidature n'irait pas jusqu'au bout "si d'aventure (probable) nous n'obtenions pas le retrait de OB et MGB", cela pour "rester cohérent avec notre volonté unitaire". Et il évoque aussitôt "certains" qui s'apprêteraient à voter blanc ou
Ségolène Royal (il s'agit là de brocarder Michel Onfray).
Le but d'Olivier Dartigolles est de disqualifier Claude Debons et Michel Onfray.
Et il termine "Je ne partage pas l'idée", "je ne suis pas d'accord"... Il se prend pour qui ce mec, censé représenter le renouvellement ?
Gilles Alfonsi

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Dimanche 14 janvier 2007 7 14 /01 /2007 22:41

l’appel national www.unisavecbove.org vient d’atteindre, en moins d’une semaine, les 10 000 signatures, seuil symbolique proposé par José Bové ce lundi 8 janvier sur Canal + à titre de comparaison, l’appel principal de l’Alternative Unitaire a recueilli 8000 signatures en 8 mois).

 

 

OUI, JOSÉ BOVÉ DOIT ÊTRE CANDIDAT !

 

 

En une semaine, plus de 10 000 personnes ont signé l’appel « José Bové peut et doit être le candidat de l’alternative à gauche ». Ce succès, qui a dépassé nos espérances les plus optimistes, montre que les forces vives de la gauche antilibérale, alternative, écologique et solidaire aspirent massivement à l’unité que ses responsables n’ont pas su réaliser. Il montre que la candidature de José Bové a la capacité de rassembler et de mobiliser largement ces forces vives.

 

 

Mais ces 10 000 signatures ne sont que le début d’un mouvement qui ne saurait se fixer de limites et qu’il est maintenant nécessaire d’amplifier partout dans le pays.

 

 

Nous appelons nos concitoyens qui veulent une véritable alternative au libéralisme à continuer à signer par milliers sur le site www.unisavecbove.org. Nous les appelons à faire signer l’appel dans les lieux publics, dans les rues, sur les marchés, sur les lieux de travail.

 

 

Nous appelons les collectifs unitaires antilibéraux à prendre en compte cet appel et à relancer leur action dans la perspective qu’il est en train d’ouvrir.

 

 

Nous appelons toutes les forces de la gauche antilibérale à se rencontrer sans attendre pour reconstituer autour de José Bové le front unitaire qui avait permis la victoire du « Non » le 29 mai 2005.

 

 

Pour les coordinateurs de l’appel, les porte-parole : Rémy Jean et Yannis Youlountas

 

 

Précisions concernant certaines erreurs trouvées dans les médias :

 

 

- Notre démarche est collective, métissée, spontanée et vient de la base des collectifs unitaires, notamment de personnes non encartées pour une majorité (ceux qu’on surnomme parfois électrons libres).

 

 

- Il ne s’agit pas d’un appel lancé par des membres d’un seul parti ni d’une seule ville.

 

 

- José Bové n’est pas à l’origine de cet appel dont il a été informé après coup.

 

 

- Il s’agit d’un phénomène nouveau très significatif d’une volonté populaire de refuser la confiscation de la chose politique et plus particulièrement l’impasse actuelle.

 

 

- Parmi les signataires : Michel Onfray (philosophe), Ridan, Magyd Cherfi et Jean Ferrat (chanteurs), Gustave Parking (humoriste), Etienne Chouard (résistant cybernétique), Patrick Silberstein (éditeur), Siné (dessinateur), Raoul-Marc Jennar (chercheur, militant altermondialiste), Gilles Clément (paysagiste), Christine Delphy (chercheuse et militante féministe), Jo Le Guen (navigateur), et ce n’est pas fini !

 

 

- En raison de l’immense succès de l’appel, la liste complète et détaillée des signataires a du être désactivée sur le site (mais pas le compteur). Elle sera à nouveau disponible en début de semaine prochaine. Merci de votre compréhension. Continuez à signer et à faire signer...

Roger SORET

 

 

 

 

 

 
 
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Dimanche 14 janvier 2007 7 14 /01 /2007 22:50

Sur l’usage électronique de la démocratie il y a pire encore actuellement que le doute sur un choix ainsi proposé, car à la pratique des débats en collectifs avec recherche du consensus s’est substitué pour la fraction pro-bové la validation d’une pétition électronique qui serait un meilleur substitut à nos pratiques en situation d’échec ! 

Mais de qui se moque t-on ? De quel processus démocratique parlons-nous ici avec le recueil de milliers de signatures d’inconnus jamais vus dans les collectifs pour la plupart ? Combien ont lu les propositions et s’y reconnaissent ? Que penser des appels sur forums à voter JB puis abstention deuxième tour en contradiction avec une des premières mesures prises par consensus qui était de battre la droite au deuxième tour quel que soit le scénario du premier ? Ne voyons nous pas que la force qui émerge est à la fois pour une part d’entre elle anticommuniste d’abord et probové ensuite ? Que la fraction ici en cause accepte que «la politique autrement » accepte de s’affranchir du débat pour lui substituer le plébiscite sans même s’interroger sur l’origine des votes et leur adhésion au programme que nous avons élaboré collectivement sur plusieurs mois ? C’est clairement faire table rase de plusieurs mois de travail que de vouloir légitimer un candidat-non-candidat-auto-exclu-déja-par-lui-même par cette méthode... 

Et puis si j’étais sarkosien je donnerai consigne d’envoyer vingt mille signatures pour JB pour confirmer le bordel à gauche et affaiblir un peu plus la rivale du Poitou, en faisant croire à José que le peuple n’attend que lui ! Il est assez ahurissant que nos alters-divers ne prennent pas eux-mêmes conscience que la méthode utilisée est un déni du processus engagé et aussi la porte ouverte à toutes les manipulations d’ici la fin février...Alors bonne chance à ceux-là...Je ne signe pas l’appel JB comme déjà expliqué dans "José Bové , 10% et alors ?" 

Si nous devons "sauver quelque chose" de ce processus c’est en constatant l’échec actuel, mais avec la volonté de ne pas compromettre la poursuite de la démarche programmatique d’abord puis politique pour l’ensemble de la gauche antilibérale. Quelle gauche antilibérale ?  Toute ! La même ! Sans exclure personne et mieux en réussissant demain l’élargissement et l’unité que les logiques d’appareil et de fraction ont entravé cette fois-ci, aucune place pour l’anticommunisme ou la stigmatisation dans ce processus, sauf à continuer de «rouler » pour l’un ou pour l’autre en tentant d’instrumentaliser l’ensemble. Chaque partie de cette gauche devra bien au lendemain de son échec annoncé avec des scores éparpillés lamentables, se poser quelques questions sur ses pratiques et ses illusions ; ceci étant également vrai pour les illusionnistes de la dernière heure qui veulent remettre en selle José Bové "à son insu de son plein grès"... 

J’ai déjà explicité pourquoi je considérais qu’il s’agissait d’une faute politique lourde, avec pour effet collatéral non accessoire de "griller" José pour longtemps alors que nous avons énormément besoin de lui pour des combats assez spécifiques dans lesquels sa notoriété et sa crédibilité sont de première importance. Que certains de ses plus proches amis dans ces combats ne prennent pas la mesure du péril qu’ils prennent me semble très regrettable, à moins que certains ne soient prêts à "utiliser" José Bové comme caution d’une autre démarche dans une perspective électoraliste qui n’a plus rien avoir avec la présidentielle et avec le projet de "changement de société" et de "changement d’institution" qui motivait la recherche du candidat unique, crédible pour le premier comme pour le deuxième tour... Nous nous sommes irrémédiablement éloignés de ce scénario, il ne reste plus que les candidatures de témoignages et la satisfaction des ego, ce qui n’est pas une démarche politiquement responsable, car elle occulte le devenir même du processus, pour 2007, 2008 et au-delà, dans la réactivité que nous devons maintenir possible face au gouvernement qui va ramasser le fruit de nos divisions dans des proportions qu’il n’aurait jamais osé espérer au lendemain du vote NON à l’Europe libérale... 

Nous avons été "mauvais", ne soyons pas "nuls" en feignant de croire possible un miracle, Lourdes n’est pas dans le Larzac et Bové aussi ne peut à lui seul incarner l’ensemble du rassemblement. J’espère qu’il aura l’intelligence et la pensée stratégique qui lui permettront de survoler d’autres horizons que la consolation de nos erreurs, pour confirmer rapidement lui-même sa non-candidature, au mépris de l’applaudimètre électronique qui n’est que l’image de la dérision en face des débats que nous n’avons pas à rougir d’avoir su mener, même si le terme en reste décevant.  

 

JACQUES RICHAUD (collectif 31)

Je suis aussi favorable au non-anonymat qui devrait être une règle assez large, surtout pour les débats politiques...Conservez vos pseudo pour publier vos fantasmes littéraires si vous voulez.. 

12 janvier 2007 

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Lundi 15 janvier 2007 1 15 /01 /2007 11:37
dimanche 14 janvier 2007 
 
 
Je me suis trompé. Et je tiens à m’en expliquer. Publiquement. C’est nécessaire puisque, parmi les aménités que m’ont été adressées par un certain nombre de personnes qui pourtant prétendent faire de la politique autrement, j’ai été accusé d’user et d’abuser de l’autorité morale qui serait la mienne. On me reproche d’avoir, en vue des élections présidentielles, préféré Yves Salesse à José Bové, puis, dans un effort ultime, désespéré et pathétique pour sauver la démarche unitaire, d’avoir proposé Francis Wurtz en remplacement de Marie-George Buffet. 
 
 
 
Je suis un simple citoyen. J’exerce depuis de nombreuses années une activité de chercheur en science politique.
 
Fidèle à ce que m’a appris Pierre Bourdieu, je me suis efforcé de devenir un chercheur militant afin que les militants puissent devenir eux-mêmes des chercheurs. Et je suis donc devenu un décodeur, un défricheur de textes internationaux souvent inaccessibles, toujours inintelligibles afin que chaque femme et chaque homme puissent se les approprier et juger ainsi de la manière dont les décideurs orientent nos destinées. Habitué à cet exercice, c’est tout naturellement que je l’ai appliqué au traité constitutionnel européen.
 
Comme j’ai la passion de mes engagements, c’est aussi tout naturellement que j’ai répondu cent trente deux fois aux invitations à expliquer le TCE et les raisons de le rejeter. Il paraît que j’en aurais acquis une autorité morale. Je n’en sais rien. Cela ne m’intéresse pas. Je n’ai que mépris pour tout ce qui confine au médiatique. Je n’ai pas besoin d’être populaire pour être heureux. Même si, comme tout pédagogue, je ressens du plaisir à expliquer, à convaincre. 
 
Par contre, ce que je sais, c’est que je me suis retrouvé, presque malgré moi, dans une aventure que, sans le précédent de la campagne référendaire, j’aurais sans doute regardée en observateur et où je suis devenu un acteur. Un acteur modeste sans doute, mais un acteur quand même. Cette aventure, c’est celle d’une belle ambition : donner un prolongement politique au refus du TCE exprimé par 12 millions de femmes et d’hommes qui partagent des convictions de gauche. Dès la veille du référendum du 29 mai, je n’ai pas cessé d’exprimer, à travers de multiples écrits, une préoccupation partagée par beaucoup : "nous avons suscité une immense espérance, nous n’avons pas le droit de décevoir" [1] .
 
Mon erreur fut de croire que la volonté d’unité était partagée par tous. Par les individus comme par les appareils qui composaient notre rassemblement antilibéral de gauche. J’avais été de ceux, assez rares, qui s’étaient inquiétés lorsque Mme Buffet, une semaine à peine après le 29 mai, avait annoncé sa candidature aux présidentielles.
 
Mais nombreux autour de moi ont été ceux qui m’ont alors expliqué que le PCF avait vraiment changé, que Mme Buffet manoeuvrait habilement pour ménager les staliniens et les carriéristes de son parti et qu’elle était portée par un courant vraiment pénétré par la nécessité de ne pas confondre rassemblement et ralliement. Et ceux qui me le disaient avaient à mes yeux un avantage sur moi, qui ne vit en France que depuis quelques années et qui n’a connu comme communistes que ceux du Cambodge et du Vietnam. : ils avaient pratiqué, côtoyé ou observé le PCF depuis longtemps. Ils disaient bien le connaître. Le seul à me tenir des propos contraires fut Alain Krivine, qui invoquait sa longue expérience au sein de ce parti pour me dire "elle a annoncé sa candidature, elle l’a maintiendra envers et contre tout." En août 2005 ! 
 
Mais comme cette lucidité venait du leader historique de la LCR, qui a quand même quelques comptes à régler avec le PCF, j’ai préféré croire mes camarades de ce qui allait devenir le collectif national où ma présence fut réclamée comme porte-parole par l’assemblée des délégués qui l’a investi. Et donc, j’ai considéré que toutes les options étaient ouvertes. 
 
Dans ce contexte, mon opinion sur la candidature était la suivante : 
 
a) José ne devait pas être candidat pour garder absolue son immense autorité morale et agir en gardien vigilant de l’unité ; 
 
b) il fallait que nous montrions le sérieux et la rigueur de notre rassemblement en proposant la personne la plus compétente, le candidat ayant la plus forte maîtrise de tous les dossiers et capable de débattre de ceux-ci avec n’importe quel adversaire. Ma conception de la démocratie ne privilégie pas la popularité sur la compétence. Ce n’est pas parce qu’on accède facilement aux médias qu’on est capable de gérer des dossiers en toute indépendance d’esprit. Je sais, par expérience professionnelle, que l’incompétence des élus et des gouvernants facilite l’influence des lobbies et l’adoption de lois et de traités qui génèrent de l’injustice et de la souffrance. C’est la raison pour laquelle j’ai proposé la candidature d’Yves Salesse dont personne ne peut contester sa maîtrise des dossiers et sa supériorité, à cet égard, sur tous les autres candidats.
 
C’est l’origine de mon erreur. Si j’avais maintenu la méfiance à l’égard du PCF qu’avait suscitée l’annonce si rapide de la candidature de Mme Buffet, j’aurais compris qu’il fallait un seul candidat en face d’elle, qu’il fallait rassembler tous les courants et toutes les individualités pour faire contrepoids à l’appareil du PCF. Dans une telle perspective, la candidature de José s’imposait. Je n’ai pas compris cela. D’autant moins, que toutes les personnalités du PCF que je rencontrais, avec lesquelles, dans certains cas, je collaborais, manifestaient un esprit d’ouverture qui me confortait dans ce que me disaient mes amis du collectif national sur les changements intervenus au PCF.
 
D’avoir donc soutenu quelqu’un d’autre que José m’a valu de la part de certains de ses partisans inconditionnels d’être traité de "diviseur". Même si je savais que les épithètes sont, comme d’habitude, l’argumentation préférée des fanatiques, je comprenais d’autant moins que, pour moi, il était normal qu’il y ait plusieurs candidatures.
 
Les débats qui ont précédé l’adoption du document "Ambition-stratégie-candidatures" m’ont à nouveau alerté. 
 
Sur deux points. Tout d’abord, il était manifeste que le PCF refusait toute référence à la recomposition du paysage politique à la gauche du PS et qu’il ne pouvait être question d’indiquer que non seulement nous ne voulions pas faire un coup politique en 2007, mais que nous nous inscrivions dans la durée avec pour objectif un "nouvel espace politique". Mais, toujours confiant, j’ai même plaidé, dans certaines conférences, en faveur de la compréhension qu’il fallait témoigner à l’égard de partis qui ont une histoire et qu’il faudrait ménager des transitions. 
 
Le deuxième point concernait les relations avec le PS. On sait que la formule inscrite dans l’Appel du 11 mai avait été insuffisante pour que la LCR puisse signer cet Appel. J’étais de ceux qui lui ont donné raison. Notre texte du 11 mai devait être plus précis. Les contacts qui furent menés pour inscrire dans le document "Ambitions-stratégie-candidatures" une formulation ne laissant pas de place à des inquiétudes légitimes ont abouti à un texte qui, personnellement, me satisfait. Mais ce qui m’a inquiété, c’est que le PCF a refusé une formulation encore plus précise qui avait été rédigée par un de ceux qui négociaient avec lui.
 
Ma confiance a totalement cessé au début de la dernière étape, quand la question fut celle du choix d’une candidature. Quand j’ai appris de tous les coins de France, en particulier là où j’avais donné des conférences pendant la campagne contre le TCE, que se créaient subitement des "collectifs" bidons qui ne rassemblaient que des militants du PCF, que se multipliaient des collectifs où les militants de ce parti imposaient la loi du nombre plutôt que le consensus, que, parfois, le seul nom de Mme Buffet était soumis à la discussion et que, le jour du choix, des militants du PCF jamais vus auparavant venaient en grand nombre participer au vote, j’ai compris que les pratiques léninistes - j’ai quand même quelques lectures - étaient restées bien vivantes et que l’appareil de ce parti n’avait en rien changé.
 
Un rassemblement comme le nôtre n’était pas en mesure de supporter la logique du rapport de forces. Le comportement du PCF détournait des collectifs des militants non encartés qui s’étaient engagés dans la campagne contre le TCE et qui me téléphonaient pour me dire qu’ils ne voulaient pas être soumis au PCF. Notre rassemblement était donc en grave danger. J’ai multiplié les alertes auprès du collectif national. Je n’ai pas été entendu. Pour donner du poids à mes cris d’alarme, j’ai démissionné. José m’a informé qu’il ferait de même si, dans les trois semaines, rien ne changeait. Mon geste a eu le mérite de mettre au grand jour les pratiques du PCF. Malheureusement, il n’a pas incité la majorité du collectif national à s’opposer à ces pratiques. 
 
Cette démission du collectif national - je suis resté actif dans mon collectif du Conflent, dans les Pyrénées orientales, et je n’ai pas cessé par mes écrits d’intervenir dans le débat - m’a valu des tombereaux d’injures de la part de militants communistes. Ce qui m’a confirmé que ceux-là au moins n’avaient pas changé du tout. On était bien dans la tradition léniniste de la diabolisation du contradicteur. Elle m’a valu aussi d’être traité de "déserteur". Un déserteur, c’est-à-dire un lâche, un traître. Moi qui n’ai pas eu de carrière, car toute ma vie professionnelle a subi les contre coups de la fermeté de mes engagements. Jamais, de toute ma vie, je n’ai été aussi sali que depuis que je milite dans le pays de Voltaire (« Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’au bout pour que vous puissiez le dire. »).
 
Lorsque mes craintes ont été confirmées par l’attitude du PCF qui, tirant parti d’une manipulation massive des collectifs, oubliait soudainement la règle du consensus et invoquait la démocratie pour imposer le ralliement à sa secrétaire nationale, j’ai soutenu l’idée d’une candidature de Francis Wurtz. Tout d’abord parce que les qualités qui sont les siennes et que j’ai décrites dans mon texte de soutien sont réelles. Ce n’est pas un clône de Mme Buffet. Ensuite, parce qu’il me semblait important, dans une logique de rassemblement, de montrer qu’il n’y avait aucune hostilité de principe à ce qu’un communiste puisse être notre candidat. Enfin, parce qu’il m’apparaissait, ainsi qu’à plusieurs membres du collectif national, qu’il s’agissait là de la dernière chance de sauver la démarche unitaire.
 
Cette chance n’a pas été saisie. Et peut-être est-ce mieux ainsi, puisque de toute façon notre rassemblement était gangrené par des pratiques à l’opposé de la volonté unitaire qu’il prétend mettre en oeuvre. Ce que j’ai pu mesurer aussi par les réactions à mon soutien à cette ultime tentative. En guise d’arguments, des insultes. Vieux procédés qui signent les limites de notre démarche.
 
Il nous faut donc prendre acte et faire du neuf.
 
Prendre acte signifie reconnaître l’échec d’un rassemblement qui réunit des appareils de partis et des personnes non encartées. 
 
Prendre acte signifie intégrer le danger de la rémanence d’une culture politique caractérisée par le besoin de rapports hiérarchisés et par l’habitude de disqualifier celui qui pense autrement.
 
Prendre acte signifie enregistrer la faiblesse d’un projet issu de compromis et non de convictions.
 
Prendre acte, c’est aussi reconnaître que parmi celles et ceux qui ont refusé le TCE parce qu’ils sont de gauche, au moins 85% n’appartiennent pas à l’électorat régulier des partis associés dans les collectifs du 29 mai. [2] 
 
Prendre acte, enfin, c’est admettre qu’on ne fait pas du neuf avec du vieux, que les défis du siècle qui commence appellent d’autres analyses, d’autres méthodes, d’autres instruments que ceux que le 20e siècle nous a légués.
 
Faire du neuf signifie avant tout mettre nos pratiques en cohérence avec nos idéaux et nos valeurs. Comment peut-on prétendre bâtir un monde plus fraternel et plus juste si, même entre nous, nous sommes incapables d’un minimum de fraternité et de respect de l’autre ?  
 
Faire du neuf, c’est imaginer pour créer. L’espérance que nous avons suscitée doit trouver son prolongement politique. Ce qui exige de notre part, en tirant les leçons du passé, une capacité à inventer. Inventer un projet en phase avec les besoins du plus grand nombre. Inventer une réponse appropriée aux conséquences dramatiques pour les humains et pour la planète des politiques pratiquées jusqu’ici. 
 
Faire du neuf, c’est intégrer enfin les dimensions spatiales nouvelles des défis auxquels nous sommes confrontés. Notre rassemblement est né d’un combat contre un projet européen, pas contre l’Europe. Mais dès le lendemain du référendum, la tendance majoritaire était de revenir dans nos limites hexagonales. Alors que l’essentiel de ce qui conditionne nos vies se décide d’abord dans les cercles du patronat européen, puis au sein des institutions européennes.
 
Faire du neuf, c’est aussi forger l’outil qui portera ce projet. Et je ne peux que répéter ce que j’ai déjà écrit. Il nous faut concevoir, après mûres réflexions, une manière d’agir ensemble qui évite les pièges du passé. Il faut tenir compte des expériences passées, de la crise des partis politiques et de leur rôle dans la crise de la démocratie. Il faut réfléchir aux tentatives de faire de la politique autrement qui ont échoué et analyser les causes de ces échecs. Il faut intégrer dans notre réflexion les explications du succès international du mouvement altermondialiste (qui ne se réduit pas à Attac, enfin sortie de crise) et de la campagne contre le TCE : le travail en réseaux plutôt que l’organisation hiérarchique pyramidale traditionnelle. Nous devons imaginer une manière nouvelle d’agir dans l’espace public qui soit en permanence en prise avec les gens et qui ne confisque pas la volonté des gens au profit d’appareils.
 
Faire du neuf, c’est créer une façon de militer ensemble
 
qui soit démocratique, mais capable néanmoins de faire des choix,
 
qui crée des liens de respect et de fraternité entre ses membres
 
qui pratique en son sein les valeurs dont il se dit porteur
 
qui apporte une réponse aux problèmes que posent à une véritable démocratie les limites de la délégation,
 
qui ne soit pas une fin en soi, mais un outil pour la transformation,
 
qui évite les pièges de la "carrière politique",
 
qui soit au plus proche des gens,
 
qui respecte les autonomies et les diversités
 
qui rassemble sans se diluer,
 
qui soit en capacité de surmonter les pièges de la personnalisation et de la médiatisation. 
 
Je n’ai pas de formules toutes faites. Elles n’existent pas. C’est bien pour cela qu’il faut réfléchir et travailler ensemble pour créer. Cela ne s’improvise pas dans la précipitation et l’agitation.
 
 
 
L'appel à José Bové
 
Je n’ai pas immédiatement signé cet appel. Parce que je savais que José n’envisageait d’être candidat que dans un contexte unitaire et que je doute fort, toutes choses restant égales par ailleurs, que Besancenot et Buffet retirent leur candidature. Je ne l’ai pas signé non plus d’emblée, car j’aurais préféré un appel à un projet plutôt qu’à un homme. Je ne prise guère la personnalisation du débat politique. Mais j’ai compris que le mérite premier de cet appel est de montrer aux appareils que ceux qui ne sont pas encartés ont une existence réelle. Bien entendu, je sais que les initiateurs de cette démarche ont d’autres ambitions.
 
Mais signifier par une pétition ayant un large écho que les non encartés existent et qu’ils peuvent peser ; démontrer que José peut réunir sur son nom, par une démarche libre et spontanée, autant sinon plus de voix que celles obtenues grâce à la manipulation des collectifs par Mme Buffet ; entretenir une dynamique mobilisatrice qui donne du corps à la perspective d’un nouvel espace politique sont aussi des objectifs que permet d’atteindre cette pétition. Ces objectifs-là sont, à mes yeux, au moins aussi importants que les scénarios échafaudés ici et là dont certains, pour le moment en tout cas, relèvent surtout de la politique fiction. 
 
C’est la raison pour laquelle j’ai signé et j’invite à signer cet appel (http://www.unisavecbove.org). 
 
 
 
 
Propositions pour 2007 
 
En m’efforçant à la cohérence avec ce qui précède, en tirant les leçons de mes propres erreurs (penser que le PCF avait changé et écouter ceux qui me le disaient), en évitant - ne fut-ce que par respect pour la discipline que je sers - de faire de la politique fiction, je voudrais suggérer ce qui suit dont nous pourrions tous ensemble débattre les 20 et 21 janvier : 
 
1) je suis d’accord avec la proposition qui consiste à dire que ce sont des citoyennes et des citoyens qui se réunissent à Montreuil, en dehors de toute référence à un parti ou à une association et en excluant qu’il y soit fait référence. Je propose que ce soit la première décision de l’assemblée. Et que ceux qui ne sont pas d’accord la quittent.
 
2.) je propose que l’assemblée se prononce ensuite sur un ordre du jour clair et précis. Je considère donc l’ordre du jour annoncé comme une proposition qui peut être remise en question. La seule légitimité réside désormais dans l’assemblée qui va se réunir. 
 
3) Mes propositions pour l’ordre du jour sont les suivantes :  
 
a). permettre l’expression du plus grand nombre sur les causes de l’échec du projet lancé par l’Appel du 11 mai et en tirer des conclusions concrètes ; 
 
b) sur la base de la situation telle qu’elle se présentera le 20 janvier, suite à l’Appel lancé à José Bové, décider d’une ligne politique pour les présidentielles ;  
 
c) débattre des élections législatives, mais en s’accordant au préalable sur une ligne politique claire : seuls recevront notre label des candidats totalement indépendants des partis existants et décidés à faire campagne en toute autonomie au nom de notre rassemblement. S’il devait y avoir des accords avec le PCF et la LCR, cela signifierait dédouanement des partis qui ont brisé la démarche unitaire ; ce ne serait que magouilles ;
 
d). débattre du nouvel espace politique à créer avec pour objectifs au terme de nos deux journées :  
 
- choisir une dénomination : nous avons à nous définir non seulement par ce que nous condamnons et rejetons, mais aussi et surtout par ce que nous proposons. On ne peut pas se définir exclusivement comme des "anti" ; 
 
- définir les équipes de base (les comités locaux) et les critères qui les valident, 
 
- mettre en place un groupe de réflexion et de proposition sur les formes futures de ce nouvel espace politique ;
 
- mettre en place un groupe de travail chargé du réexamen des 125 propositions trop connotées par les concessions lourdes qu’il a fallu faire à la direction du PCF ; 
 
- désigner un comité national provisoire en place au moins jusqu’au deuxième tour des élections législatives, chargé de valider les équipes de base et de coordonner les actions décidées par l’assemblée. 
 
e). décider qu’une nouvelle assemblée se réunira au lendemain de l’élection présidentielle pour prendre attitude en vue des élections législatives.
 
Je voudrais immédiatement indiquer à ceux qui ne sont pas d’accord avec mes propositions que ce ne sont que des propositions et qu’ils n’ont pas besoin de m’injurier s’ils veulent les rejeter. Merci. 
 
Depuis que j’ai commencé à m’exprimer publiquement en France en juin 2000, à Millau, je me suis toujours exprimé de bonne foi. En toute sincérité. Je crois avoir eu raison dans un certain nombre de cas. Et je n’hésite pas à reconnaître que je me suis aussi trompé. Je n’ai pas le sentiment - ridicule, mais fréquent en France - de perdre la face en reconnaissant une erreur. Mais je ne suis pas certain que la sincérité soit une qualité reconnue par tous. J’espère qu’elle le sera au sein de ceux qui vont désormais se mobiliser pour une alternative démocratique, sociale et écologique en France et en Europe. 
 
Mosset 
15 janvier 2006 
 
 
Post Scriptum : 
 
 [1] On trouvera ces textes sur le site de l’urfig (www.urfig.org) à la rubrique "cohérents avec le 29 mai". 
 
[2] pourcentage obtenu en comparant la moyenne des voix obtenues par le PCF et la LCR à l’élection présidentielle de 2002 et aux élections régionales et européennes de 2004 avec le nombre de voix de l’électorat de gauche ayant voté non au TCE en 2005 estimé à 12 millions

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Lundi 15 janvier 2007 1 15 /01 /2007 18:50

Montredon, le 15 janvier 2007. 

 

 

 

Chers amis, chers camarades,  

 

La pétition « José Bové peut et doit être le candidat de l’alternative à gauche » est déjà un immense succès : 15000 signatures en neuf jours !

Je tiens à remercier tous les signataires de la confiance qu’ils me font et, surtout, du geste citoyen qu’ils accomplissent pour forcer les appareils politiques à faire le choix d’une candidature unitaire à l’élection présidentielle.  

 

 

J’ai toujours dit que j’étais disponible pour incarner, sur le bulletin de vote, une campagne collective et unitaire de la gauche antilibérale, écologique, alternative et solidaire, si deux conditions étaient remplies : une dynamique populaire pour légitimer cette candidature ; une démarche de rassemblement avec toutes les forces du « non » de gauche à la Constitution européenne.  

 

La dynamique populaire est en marche, la démarche unitaire reste un combat. Je n’ai pas l’intention de fuir mes responsabilités. C’est pourquoi je voudrais lancer aujourd’hui un appel à l’espérance.  

 

J’appelle tous les citoyens qui se reconnaissent dans la mobilisation unitaire pour en finir avec la logique de chômage, de précarité et d’inégalités sociales à signer massivement la pétition. Notre objectif doit désormais être de plusieurs dizaines de milliers de signatures avant la fin du mois de janvier.  

 

J’appelle tous les jeunes et habitants des quartiers populaires, toutes les victimes de discriminations à prendre part activement au débat électoral. J’entends bien les aider à ce que leurs préoccupations soient au centre de la campagne. 

J’appelle tous les citoyens écologistes à considérer que le combat pour sauver la planète est indissociable d’un combat contre l’économie libérale et productiviste. Nous ne pouvons faire confiance ni à la gauche traditionnelle ni à la droite pour mettre en œuvre un véritable pacte écologique.  

 

J’appelle tous les militants des collectifs unitaires de la gauche antilibérale à mettre la richesse de leur expérience et de leur diversité au service de la mobilisation unitaire. La réunion nationale des 20 et 21 janvier doit être l’occasion de poursuivre le combat pour une candidature de rassemblement, sur la base de la pétition, avec l’ensemble des sensibilités et des personnalités qui ont participé à cette démarche depuis le printemps 2006.  

 

J’appelle tous les élus antilibéraux à manifester leur solidarité en offrant publiquement leur parrainage pour une candidature unitaire de la gauche antilibérale. Je pense plus particulièrement aux élus communistes, aux élus verts et aux élus « divers gauche » qui se sentent privés de cette perspective. 

 

J’appelle Olivier Besancenot et Marie-George Buffet à construire ensemble une campagne unitaire sur les bases suivantes : programme antilibéral des 125 propositions, meetings communs reflétant toutes les sensibilités du rassemblement, partage équitable des temps de parole officiels. Je leur propose une rencontre dans les meilleurs délais pour examiner toutes les dispositions pratiques d’une telle campagne. 

 

J’appelle tous les collectifs unitaires à se préparer à mener campagne pour l’élection présidentielle, mais aussi pour les élections législatives. Notre objectif doit être de présenter dans toutes les circonscriptions des candidats unitaires de la gauche antilibérale.  

 

Chers amis, chers camarades,  

 

Au vu de la poursuite de la mobilisation populaire et unitaire autour d’une candidature de l’alternative à gauche, je dirai, à la fin du mois de janvier, si je reste disponible pour l’incarner sur le bulletin de vote. Un formidable mouvement est en passe de ruiner les logiques de division qui ont prévalu jusqu’alors. Amplifions-le encore et nous gagnerons !  

 

Fraternellement,  

 

José 

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Mercredi 17 janvier 2007 3 17 /01 /2007 16:57

Par Patrice Cohen-Séat, Olivier Dartignoles, Brigitte Dionnet, Jean-François Gau, Elisabeth Gauthier, représentant du PCF au collectif national unitaire

in l'Humanité, 17 janvier 2006

Nous partageons avec José Bové, et avec des milliers de femmes et d’hommes dans et hors des collectifs locaux, la volonté acharnée de permettre un rassemblement antilibéral de gauche et une dynamique politique capables de créer l’événement en 2007 et les conditions d’un vrai changement. Après l’échec de la recherche d’une candidature unitaire à la présidentielle, nous avons affirmé que l’objectif du rassemblement demeurait essentiel. Nous avons maintenu notre proposition d’une campagne réellement collective, ouverte à celle et à ceux qui le souhaitent. Nous avons dit notre volonté de continuer ensemble dans les collectifs locaux – chacun décidant souverainement de sa façon de s’impliquer ou non dans la campagne – et avec le collectif national. Nous avons donc proposé que se poursuive le travail sur le programme et sur des candidatures communes aux législatives.

Aujourd’hui, José Bové, qui avait retiré sa candidature au moment de la consultation des collectifs, propose de nouveau aujourd’hui d’être le " nom " sur le bulletin de la présidentielle. C’est son droit le plus strict. Mais nous ne pensons pas que sa proposition, identique à celle qu’il exprime depuis des mois, permettre de dépasse le blocage sur lequel nous avons buté.

José souhaite que des dizaines de milliers de signatures sous la pétition pour sa candidature forcent " les appareils politiques à faire le choix d‘une candidature unitaire à l’élection présidentielle " et permettent de rassembler " l’ensemble des sensibilités et des personnalités qui ont participé à cette démarche depuis le printemps 2006 ".

Ceci est absolument illusoire.

S’agissant des sensibilités politiques, il ne peut ignorer les raisons, clairement exprimées par chacune, qui ont déterminé leurs positions. Elles font apparaître que la difficulté sur laquelle on a buté relevait des questions bien différentes de la simple recherche d’un " nom sur le bulletin ". Tout le monde sait pas exemple que le choix de la LCR de présenter la candidature d’Olivier Besancenot tient à son désaccord radical avec la stratégie décidée le 10 septembre et la question du " rapport au pouvoir ". Les socialistes du " non " ont dit clairement qu’ils liaient leur participation au rassemblement à une candidature socialiste en vue de la création d’une nouvelle force politique du type du Linkspartei allemand. D’autres se prononçaient pour une " candidature trait d’union " entendant par là le choix d’une personnalité peu connue qui ne mettrait en avant aucun des composantes, etc. Bref, la vraie question semble bien avoir été les forces différences de conception d’une " recomposition " de la gauche, problème qui excédait largement celui de la candidature. Et on ne voit pas bien en quoi le fait que José Bové repropose sa candidature changerait significativement l’état de cette question. Le pétitionnement pour José changerait-il alors la position des collectifs locaux auxquels il s’adresse ? Ceux-ci se sont exprimés deux fois, avant et après Saint-Ouen. Ils avaient parfaitement connaissance de la position de José Bové, telle qu’il la reexprime maintenant, de lier sa " disponibilité " au retrait des candidatures d’Olivier Besancenot et de Marie-George Buffet. Or, dans ces deux consultations, sur la base d’un débat politique sérieux, le choix le plus partagé des collectifs, et de loin, a été Marie George Buffet. Peut-on raisonnablement penser qu’une pétition nationale pour la candidature de Bové modifierait significativement cet état de fait ? Non pas qu’une telle pétition ne compte pas. Le fait que José Bové ait une notoriété nationale et que ses combats, notamment contre les OGN ou la " malbouffe ", lui aient donné une image positive dans l’opinion ont leur importance. Mais cet élément a bien évidemment été pris en compte par les collectifs dans leurs débats et dans leurs choix.

Notre conviction, au total, est qu’il ne faut pas aujourd’hui s’engager sur des pistes sans issue. A moins de cent jours du premier tour, face aux dangers de la droite et de l’extrême droit, on ne peut pas s’engager dans un processus qui conduirait à un nouvel échec. Devant le blocage apparemment indépassable que lequel nous avons buté pour la présidentielle, Marie George Buffet et le Parti communiste ont pris leurs responsabilités. Certains décident de s’engager dans cette campagne avec cette candidature, d’autres font d’autres choix. Ce qui importe le plus maintenant, c’est de tout faire pour clarifier les enjeux et permettre à notre peuple, à la présidentielle et aux législatives d’exprimer aussi fortement que possible sa volonté d’une alternative antilibérale de gauche. Et poursuivons le débat, agissons ensemble, sans que cela vaille quitus ou ralliement de qui que ce soit, à travailler pour l’avenir à l’objectif crucial pour notre peuple d’une nouvelle majorité à gauche permettant de battre la droite et de réussir enfin à changer la vie.

Par administrateur - Publié dans : Enjeux électoraux
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Samedi 27 janvier 2007 6 27 /01 /2007 09:13
Je constate, comme beaucoup d’entre nous, que le mouvement antilibéral a raté ses premiers objectifs électoraux qui étaient :
-           d’unir les différents courants issus du NON au TCE
-           de présenter un candidat unique pour la présidentielle.
 
Admettre ce constat n’est pas du défaitisme, et le mouvement en faveur du retour de J Bové ou l’activisme de certains dans la campagne de MG Buffet prouve que nous avons, tous et toutes, toutes tendances et opinions confondues, de l’énergie à revendre. Cette énergie risque par ailleurs de se transformer en dégâts collatéraux ou frontaux, entre Bovéistes et Buffétistes, malgré les appels à la sérénité et à l’union. L’union telle qu’elle était envisagée ne se fera plus et risque même de ne pas survivre à la campagne présidentielle tant les militants risquent de s’accrocher, ce qui a largement commencé sur internet …
 
Donc, au risque de jeter un pavé dans la mare (après le beau élan de Montreuil), et de faire rire les orthodoxes de tous bords, je soumets à tous les antilibéraux des collectifs une solution peu habituelle en 5ème république. Une solution que seuls les collectifs, demandeurs de solutions nouvelles et révolutionnaires, pourraient enclencher. Cette solution présente quelques inconvénients mais surtout beaucoup d’avantages pour porter sur le devant de la scène notre lutte irréductible contre le
libéralisme et notre volonté d’une société fraternelle à redéfinir.
 
Elle consiste à soutenir, dans un même élan, tous nos candidats, tous ceux qui auraient obtenu les 500 signatures fatidiques, issus du NON au TCE et défendant nos 125 propositions.
 
Avant de rigoler ou de quitter cet écran lisez les lignes suivantes !
 
Obstacles à cette solution :
-           obtenir 500 signatures pour chacun de nos candidats, pas du tout évident dans le contexte actuel, plus facile si l’on se contente de MG buffet et de J Bové,
-            convaincre tous les collectifs en un temps record, avant que l’irréparable ne soit commis.
 
Avantages :
-           stopper l’hémorragie, des collectifs se sont vidés dernièrement, d’autres dépriment,
-           un message fort aux médias et aux électeurs, ils vont halluciner !
-           une présentation sous forme de plateaux antilibéraux , avec, toujours, au moins deux de nos candidats et plusieurs porte-paroles intervenant, en même temps, dans les conférences de presse ou à la Télévision,
-           des meetings unitaires où chaque candidat défendrait ses préférences dans le cadre de nos 125 propositions, nous savons bien que de nombreux points ne font pas l’unanimité entre eux et que le débat, entre eux, est courtoisement écarté. Or, un débat au grand jour, entre amis d’un même camp, ne peut être que bénéfique.
-           liberté aux militants et aux électeurs de voter finalement pour son candidat préféré, en savourant le fait qu’ils font partie du même mouvement antilibéral, dans l’action et la paix,
-           aucune abstention : ceux qui n’auraient jamais voté pour MG Buffet pourront voter, par exemple pour J Bové, au lieu de s’abstenir ou de se renier dans le soi-disant vote utile, idem pour d’autres qui n’auraient jamais voté pour J Bové,
-           un score de tous nos candidats additionnés par les médias comme un score global des antilibéraux au premier tour,
-           un ancrage ferme et définitif de l’union, la fin des luttes fratricides, inutiles et stériles, une campagne d’affichage et de meetings respectueuse des uns et des autres, chaque collectif pouvant créer des sous-groupes selon les affinités des uns et des autres, sous-groupes se donnant des coups de mains pour de grandes actions collectives,
-           une dynamique qui prend son ampleur sur plusieurs fronts, sans exclusives, donnant une envergure sans précédents à tous nos porte-paroles, une Clémentine Autain, si elle ne fait pas partie des candidats, qui garderait toute sa place, intervenant dans les plateaux antilibéraux avec J Bové ou MG Buffet, selon les jours,
-           se débarrasser de l’emprise possible des partis politiques, ils peuvent, de leur côté, soutenir leurs poulains, faire ou dire ce qu’ils veulent : les collectifs auront pris leur vitesse de croisière et aucune
attaque ou allusion aux machinations des uns et des autres ne pourra enrayer une telle dynamique fraternelle,
-           une bonne préparation des législatives, engagée sur de vrais rails, regroupant en décuplées toutes les forces engagées dans la
présidentielle,
-           une moindre tentation pour certains députés sortants du PCF de faire des alliances aux législatives avec le PS,
-           aucune rancune si l’un de nos candidats présente un meilleur score qu’un autre, aucune envie de revanche, puisque la campagne aura été exemplaire,
-            permettre aux plus méfiants, comme O Besancenot, de rejoindre enfin et officiellement nos collectifs,
-           si, malgré notre pléthore de candidats, l’un d’eux arrive au premier tour (peu de chances dans ce scénario) alors les autres candidats n’auront aucune difficulté à rejoindre son camp,
-           une expérience et une campagne fantastique qui permettra aux collectifs de mieux connaître ses candidats face au feu, donc une meilleure connaissance de leurs capacités, pour des fonctions futures,
-           un contrepied aux usages de la 5ième république, montrer que nous ne sommes pas tombés dans le piège de la présidentielle, gifler cette présidentielle, comme si elle était pour nous une sorte de législative avant l’heure et montrer ainsi que ce n’est pas le porte-parole ou le messie qui compte mais bien nos 125 propositions et toutes les luttes qu‘elles sous-entendent,
-           nous serions à la fois parrains fondateurs des différents candidats, gardiens du temple des 125 propositions mais également bras armé du mouvement : bref, du boulot pour tout le monde, selon les affinités, les disponibilités et les possibilités physiques de chacune et de chacun.
 
Quelques inconvénients :
-           le non remboursement de ceux qui n’auraient pas atteint les 5%,
-            quelques scènes de schizophrénie chez les militants, qui resteront dans les annales, mais mineures par rapport à un combat qui serait dévastateur entre les deux principaux camps des Bovéistes et Buffétistes.
 
 
J’attend que le courant pour J Bové prenne de l’ampleur, qu’il ’organise et qu’il soit en mesure d’accepter cette solution,
J’attends que les membres des collectifs se réveillent et ouvrent grands leurs yeux.
J’attends qu’ils comprennent qu’il ne suffit pas, hélas, de lister 125 propositions mais que notre attitude est notre première proposition.
J’attends que l’on comprenne que le chemin en cours est plus important que l’objectif théorique à atteindre.
J’attends que les candidats et anciens candidats se prononcent sur cette proposition, sans détour, et sans qu’ils jouent la montre comme ils ont tous sû si bien le faire pendant ces derniers mois.
J’attends l’arrivée de ce guerrier antilibéral où J Bové serait le glaive, MG Buffet le bouclier, C Autain le panache, Y Salesse l’armure et nous … la grande cape rouge et verte qui lui rappelle ses engagements.
 
J’attends l’union … la vraie union ! Et d’autres l’attendent encore plus ardemment que nous : un besoin vital !
 
Fraternellement. Vive le peuple ! Vive les collectifs !
 
Alain Casas,
Non encarté et Objecteur de Croissance
membre du Collectif Unitaire de la Région Viennoise
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Jeudi 1 février 2007 4 01 /02 /2007 18:26
Quoi qu’on en dise, les antilibéraux ont fait une entrée en campagne absolument remarquable.
En présentant simultanément Buffet, Bové et Besancenot, les candidats de la gauche unitaire bénéficieront de trois fois plus de temps de parole que les autres mouvements engagés dans la course à la présidentielle.
Ce détail, qui pourrait en faire sourire certains, n’est pas négligeable. Le camp antilibéral, qui n’a de toute façon pas suffisamment de visibilité pour se hisser au 2e tour cette année, pourra bénéficier de la forte médiatisation de cette élection pour exposer ses idées et accroître la notoriété de ses différentes personnalités.
Ensuite, cette campagne en ordre dispersée devrait paradoxalement bénéficier aux antilibéraux dans la construction d’une force politique pérenne.
En effet, le camp antilibéral s’est suffisamment divisé pour qu’aucun de ses candidats ne parvienne à dépasser la barre fatidique des 5%. Cet échec électoral très probable va donc reposer la question du nécessaire rassemblement dans l’optique des élections législatives.
Comprenez bien que si le PCF ou la LCR avaient franchi le cap des 5% à la présidentielle, pour sûr, ces organisations auraient immédiatement vanté leur hégémonie sur le camp antilibéral, leur potentiel électoral majoritaire, et faient fi définitivement d’une quelconque alliance avec leurs possibles partenaires. A trois candidats, personne semble t-il ne parviendra à tirer son épingle du jeu. Et c’est probablement une belle morale.
L’autre avantage de la division actuelle va sûrement venir des médias, qui n’hésiteront pas à mettre les candidats, et donc indirectement les états-majors, devant leurs contradictions :
" Marie-Georges Buffet, les antilibéraux vous reprochent d’être passée en force et de vouloir vous réapproprier la démarche collectifs unitaires. Que leur répondez-vous ? "
" Olivier Besancenot, vous avez refusé de vous inscrire dans la démarche unitaire alors que sur le fond, votre programme est sensiblement le même. Comment l’expliquez-vous ? "
" José Bové, vous êtes le 3e candidat à vous réclamer de l’antilibéralisme Est-ce que vous n’ajoutez pas de la division à la division ? "
Les questions des journalistes sont déjà toutes trouvées. Elles auront le mérite de pointer du doigt, pour le grand public, cette volonté qui a préexisté de créer un grand rassemblement à gauche du parti socialiste. Car clairement jusqu’alors, en dehors du cercle fermé des militants, cette alliance est demeurée absolument incompréhensible pour l’électeur lambda. Voilà donc une occasion de l’expliciter, de faire comprendre aux citoyens que nos trois candidats portent en fait un seul et même projet, à peu de choses près.
En somme, nous aurions tort de désespérer. Aux militants antilibéraux qui baissent actuellement les bras, qui oscillent entre doutes, résignation ou rancœurs, je n’ai envie de dire qu’une chose : soutenez, soutenez ardemment, mais ne dénigrez pas dans votre propre camp. Continuez au contraire à pousser. Continuer à défendre l’élan unitaire. Ou continuer même à défendre votre propre candidat. Cela n’a pas d’importance, pourvu que vous nous apportiez votre énergie, votre envie, qui nous est si précieuse depuis le début de cette aventure. C’est de cela que nous avons besoin actuellement.
Depuis maintenant près d’un mois, j’ai pour ma part laissé mes désillusions de côté et je m’en porte beaucoup mieux. Je me suis rangé corps et âme derrière le camp antilibéral. Derrière ses idées plus particulièrement. Et donc derrière tous ses candidats, sans singulariser mon soutien.
J’ai signé la pétition en faveur de José Bové et j’ai apporté ma contribution financière au collectif unitaire du Rhône pour appuyer sa campagne.
Je le soutiendrais de toutes mes forces.
J’ai également choisi d’adhérer simultanément au PCF et à la LCR, au risque d’être du coup exclu des deux organisations pour cette participation croisée. Qu’importe. Je souhaite m’associer tout autant à la campagne de Marie-Georges Buffet et d’Olivier Besancenot.
Je les soutiendrais, eux aussi, de toutes mes forces.
Aujourd’hui, je serais bien en mal de dire pour qui je voterais à la présidentielle ou aux législatives. Parce qu’au fond, cela m’importe peu.
Le jour du vote, je sais que je serais de toute façon représenté, que les trois candidats porteront à peu de chose près un programme volontariste, le mien, et que je voterais probablement pour celui le plus à même de faire un score honorable.
En attendant, il va falloir nous retrousser les manches, ensemble ou chacun de notre côté. La bataille pour nos idées va commencer. Puissance trois.
Laurent, militant PCF, Rhône
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Vendredi 23 février 2007 5 23 /02 /2007 08:32
Le choix du Rassemblement antilibéral et l’indifférence à la possibilité pour O. Besancenot et/ou J. Bové d’être candidat-s sont-ils  compatibles ?
 
L’éventualité qu’Olivier Besancenot et/ou José Bové n’obtienne-nt pas le nombre de parrainages nécessaires pour pouvoir déposer leur candidature à l’élection présidentielle interpelle-t-elle le Pcf ?
 
En d’autres temps, elle ne m’aurait pas interpellé. D’autant moins que je n’envisage pas de voter pour l’un ou l’autre.
 
Mais O. Besancenot et J. Bové partageaient il y a peu encore les estrades des meetings pour le « Non » au TCE avec M.-G. Buffet. Et nous avons cheminé plusieurs mois en espérant, du moins le prétendions-nous, pouvoir présenter une candidature commune à l’élection présidentielle. Si pour le moment il semble que ce sera finalement séparément que les forces antilibérales se compteront à l’élection présidentielle (ce à quoi je ne me résous pas), nous affirmons cependant que le choix de leur rassemblement reste pour nous un choix stratégique.
 
Dans ces conditions, il me semble que les adhérents du Pcf, qui forment une force attachée au respect du pluralisme, se prononçant pour ce motif en faveur de la proportionnelle intégrale, et comptant un nombre d’élus pouvant permettre à Olivier Besancenot et à José Bové de présenter leur candidature, ne peuvent restés indifférents à la question de savoir si ces élus y seront invités ou pas.
 
Denis Krys (adhérent Pcf)
- Publié dans : Enjeux électoraux
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