dimanche 21 janvier 2007, 17h59
José Bové en route "tranquillement" vers la présidentielle
Par Christine COURCOL
MONTREUIL (AFP) - Porté par l'ardeur d'altermondialistes réunis ce week-end à Montreuil, José Bové a fait un grand pas en avant vers sa candidature à l'élection présidentielle, sans l'annoncer tout à fait, mais en affirmant qu'il le ferait le 1er février.
Le leader altermondialiste se donne ce petit délai avant une annonce formelle de sa candidature, afin d'estimer la "dynamique" provoquée par ses déclarations de ce week-end.
Son instrument de mesure principal : le nombre de signatures de la pétition l'appelant à être candidat. A ce jour, la pétition a obtenu 25.000 signatures. Beaucoup plus que les 10.000 avant le week-end.
Il s'agit de "montrer véritablement qu'il y a un mouvement et une dynamique", a dit Bové.
Mais d'ores et déjà, devant les quelque 600 membres ou délégués de 300 collectifs altermondialistes, créés dans la foulée de la victoire du non au référendum européen, il a manifesté fortement l'envie de partir en campagne.
"J'ai un picotement dans le ventre. Si vous avez envie d'y aller, moi aussi j'ai envie d'y aller, on a envie d'y aller ensemble", avait-il lancé samedi. Une envie réitérée dimanche: "j'annoncerai ma candidature le 1er février".
"Les choses se mettent en route, tranquillement, on verra le 1er février", a-t-il indiqué encore.
Mais il a commencé à "construire cette campagne".
Alors qu'il avait, lors d'un premier tour de piste, conditionné son entrée en campagne au retrait des champions PCF et LCR, il a demandé aux militants d'aller dès maintenant à la recherche des parrainages, "qui vont matérialiser de façon concrète qu'on ira jusqu'au bout".
Les alter-mondialistes présents à Montreuil ont soutenu par acclamations un texte lui demandant d'être candidat.
Ils ont souhaité que toutes les forces engagées "pour le non de gauche se retrouvent", et appelé PCF et LCR à "renoncer à des candidatures séparées".
Quoi qu'il en soit, des meetings seront organisés à bref délai, et le mouvement se dotera de porte-parole "représentant toutes les sensibilités du rassemblement".
Une nouvelle réunion nationale se tiendra début mars pour vérifier que l'action engagée suscite "une dynamique populaire et décider des suites à lui donner".
Yves Salesse, de la fondation Copernic, a insisté sur la nécessité de vérifier la "dynamique". Comme Claude Debons, coordonnateur des collectifs, il s'est montré inquiet d'un tout petit score dans les sondages, équivalant à ceux d'Olivier Besancenot (LCR) et Marie-George Buffet (PCF). "Ca ne peut pas être une candidature à tout prix", selon Salesse.
Bové a précisé qu'un bilan serait fait "toutes les semaines", "pour savoir si on continue ou pas".
Le député PCF de Seine-Saint-Denis Patrick Braouezec a estimé qu'"il faut y aller", pour "réenchanter notre pays et la politique".
Deux composants des collectifs anti-libéraux, MARS (Mouvement pour une alternative républicaine et sociale) et Gauche républicaine se sont mis en retrait, devenant "observateurs".
En revanche, les Verts du courant "Alter-ekolo" ont réintégré les collectifs.
Francine Bavay, membre du collège exécutif des Verts, s'est réjouie que Bové ait "entendu l'appel citoyen".
Le PCF a affirmé d'emblée qu'une candidature Bové ne ferait qu'ajouter "de la division et de la confusion", celle de Buffet ayant "pour ambition de rassembler".
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dimanche 21 janvier 2007, 16h52
Présidentielle: "j'annoncerai ma candidature le 1er février", déclare José Bové
PARIS (AP) - "J'annoncerai ma candidature le 1er février", a affirmé dimanche José Bové en soulignant qu'"une dynamique est en train de se mettre en place", alors qu'une pétition destinée à l'encourager à se présenter a recueilli 25.000 signatures en deux semaines.
"J'annoncerai ma candidature le 1er février. Aujourd'hui on est dans une dynamique pour créer un élan collectif, pour que les gens se mobilisent, que les collectifs se mettent en marche, pour que de plus en plus de personnes s'engagent", a-t-il déclaré à France Info.
"J'étais le premier étonné: 25.000 signatures en quelques jours, beaucoup de personnes qui rejoignent les collectifs (antilibéraux), ça donne envie collectivement de faire quelque chose", avait déclaré dimanche matin sur RTL le leader altermondialiste.
José Bové participait ce week-end à Montreuil (Seine-Saint-Denis) à une réunion de ces collectifs. Réunion au cours de laquelle il a "appelé l'ensemble des responsables qui sont ici, qui viennent des quatre coins de la France à collecter les signatures ". Il faut "se rapprocher des maires afin que très rapidement nous ayons les 500 signatures qui vont matérialiser de manière concrète que l'on ira jusqu'au bout", a-t-il dit.
"Nous allons continuer le travail collectif, les choses se mettent en route tranquillement et on verra le 1er février maintenant", a poursuivi l'ancien porte-parole de la Confédération paysanne. Selon lui, "se lancer dans une campagne comme celle-ci, ce n'est pas quelque chose qui se fait par dessus la main".
"Je pense qu'il faut qu'on se mette en ordre de bataille, qu'on analyse, que tous les collectifs soient prêts, que les élus qui disent vouloir lancer cette campagne avec nous puissent aussi se lancer, parce que si on démarre la campagne, ce n'est pas pour l'arrêter 15 jours après en se disant qu'on n'a pas les moyens d'aller jusqu'au bout", a-t-il expliqué.
A ses yeux, à côté du programme "plutôt social libéral" du Parti socialiste, "il y a une tentative d'un certain nombre de partis politiques de récupérer un mouvement collectif". Après avoir "essayé de l'infiltrer, de le contrôler", "ces appareils ont décidé pour finir de partir seuls à la bataille, ce qui fait qu'aujourd'hui il ne peuvent pas représenter cette diversité", a-t-il fait valoir.
Quant à Nicolas Hulot, qui doit faire connaître lundi sa décision de se présenter ou pas à l'élection, il n'inquiète pas José Bové. "Il a mis en place son pacte écologique, tout le monde l'a signé. Qu'est ce que Nicolas Hulot va venir dire de plus dans cette campagne?", s'est interrogé le leader altermondialiste.
La question est, selon lui, de savoir si l'animateur écologiste, "qui ne s'est pas engagé pour remettre en cause la logique des multinationales qui sont responsables globalement de la pollution de la planète", "va être capable d'aller jusque-là". Pour José Bové, "sa ligne de conduite, c'est plutôt de dire aux gens: tirez un petit moins la chasse d'eau et mettez du carburant vert dans votre moteur".
Dans un communiqué diffusé dimanche, le Parti communiste a jugé que "la candidature supplémentaire de José Bové ne ferait qu'ajouter de la division et de la confusion", estimant "très regrettable qu'on n'ait pas pu aboutir à une candidature unitaire à l'élection présidentielle". Et ce, alors que, selon le PCF, "plus de 60%" des collectifs locaux s'étaient prononcés pour la candidature de Marie-George Buffet, qui s'est lancée dans la course à la présidentielle. AP
Bové, un retour très net
Samuel Laurent (lefigaro.fr).
Publié le 21 janvier 2007
Actualisé le 21 janvier 2007 : 16h26
Les partisans du leader altermondialiste ont réussi à mobiliser, par le biais d’Internet, des dizaines de milliers de signatures en faveur d’une candidature Bové à la présidentielle. Alors qu’il s’était retiré de la course, Bové a saisi cette chance pour annoncer qu’il serait candidat. Enquête.
Bové revient… sur Internet. Le leader paysan, qui a annoncé sa candidature dimanche, s’était retiré le 23 novembre dernier de la course à une investiture unique de l’extrême-gauche. Raison invoquée : le refus du PC et de la LCR de retirer leurs propres candidats. Une attitude qui, selon Bové rendait caduque toute idée de candidature unique des «collectifs unitaires» de gauche radicale.
Mais les militants à la base de ces collectifs ne l’entendaient pas de cette oreille. Et le web s’est très vite fait l’écho de leur volonté, bousculant les certitudes des communistes et des trotskistes. Comme l’expliquait en novembre au figaro.fr Guilhem Fouetillou, chercheur et concepteur de la Blogopole, un outil d’analyse des blogs politiques, «la communauté altermondialiste est la plus puissante du web français».
«Créer du réseau»
Le 24 novembre, dès le lendemain du retrait du fondateur de la Confédération paysanne, un message apparaît sur le site Indymedia Marseille, l’un des relais de la mouvance altermondialiste : «Faisons appel à tout ceux qui croient en la victoire de Jose Bové, formons des comités de soutien».
Aussitôt dit, aussitôt fait. Yannis Youlountas, philosophe et poète, «vit mal» le retrait de Bové. Il décide de créer un «réseau» pour relancer l’idée de sa candidature, explique-t-il au figaro.fr. Pour cela, plusieurs outils sont mis en place : une mailing liste, un forum…. Dès le 25 novembre, il lance avec quelques autres un premier appel, diffusé sur le site militant Calle Luna. «On a recueilli 600 signatures avec ce seul appel», raconte-t-il.
Les 10 et 11 décembre, les partisans de Bové organisent une réunion à Saint-Ouen. Le leader paysan s’explique : il souhaite une «votation citoyenne» pour donner du poids à sa candidature. Pendant les fêtes, Yannis Youlountas et «40 coordinateurs» travaillent donc à la mise en place d’une pétition et d’un site dédié. Le 6 janvier, le texte est diffusé sur Internet : «José Bové peut et doit être le candidat de l’alternative à gauche !». Bové y répond, posant une condition : «une dynamique populaire» qui associe les citoyens au choix de notre candidat».
«2.500 signatures en un week-end»
La pétition est un succès. «En un week-end, on a eu 2000 à 2500 signatures», raconte Yannis Youlountas. Relayée par voie de mails, repris sur blogs et forums, elle bénéficie aussi d’une intervention de Bové sur Canal Plus, qui fait connaître l’initiative. Face à cet engouement, Bové publie une nouvelle lettre le 15 janvier. Il y explique qu’il se décidera en fonction «de la poursuite de la mobilisation populaire et unitaire». Et il lance un nouvel appel au PC et à la LCR.
Mais cette popularité persistante n’est pas du goût des deux partis. Guillaume Liégard, dirigeant national de la LCR, interrogé mercredi par Lefigaro.fr, minimisait l’effet de la pétition. «Il suffit d’aller sur le site pour la signer. Il n’est dès lors pas étonnant, au vu de la popularité de Bové, qu’il récolte autant de signatures».
Dimanche 21 janvier, «nous en sommes à 25.500 signatures, plus 2.800 en attente, et 1.300 signatures papier», se félicite Yannis Youlountas, convaincu que cette mobilisation spontanée «de la dernière chance» a rendu possible le retour de José Bové dans la course. Le leader altermondialiste a annoncé dimanche qu’il serait officiellement candidat le 1er février prochain.
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José Bové sera officiellement candidat le 1er février
NOUVELOBS.COM | 21.01.2007 | 15:49
L'altermondialiste annoncera officiellement sa candidature le 1er février. Il demande aux militants antilibéraux d'aller à la chasse aux parrainages. (c) Reuters
Le leader altermondialiste José Bové a déclaré dimanche 21 janvier à Montreuil (Seine-saint-Denis) qu'il annoncerait officiellement sa candidature à la présidentielle le 1er février, et a demandé aux militants d'aller d'ores et déjà à la chasse aux parrainages.
"J'annoncerai ma candidature le 1er février", a-t-il déclaré devant la presse.
Auparavant, devant les membres des collectifs unitaires rassemblés à Montreuil, il avait indiqué que le 1er février "sera le jour de l'annonce officielle".
"On est entré dans une dynamique, on est déjà en train de construire cette campagne", a-t-il souligné, demandant que les militants aillent d'ores et déjà à la recherche des parrainages, "qui vont matérialiser de façon concrète qu'on ira jusqu'au bout".
Bilan hebdomadaire
Il a indiqué aussi que le bilan de la campagne sera fait "toutes les semaines, pour savoir si on continue ou si on continue pas".
Les participants à cette réunion ont décidé en outre de tenir une nouvelle réunion début mars, pour "faire le point" de l'action engagée et "vérifier qu'elle suscite une dynamique populaire".
Déjà samedi José Bové avait fait connaître son envie de se présenter à cette élection. "J'ai un petit picotement dans le ventre qui me dit que si vous avez envie d'y aller, moi aussi j'ai envie d'y aller", avait-t-il déclaré devant plusieurs centaines de participants.
23.000 signatures
L'ancien porte-parole de la Confédération paysanne, qui devait initialement se rendre au 7e Forum social mondial (FSM) qui se tient jusqu'au 25 janvier à Nairobi au Kenya, s'est en fait rendu à Montreuil, près de Paris, pour jauger sa popularité.
Depuis que la dirigeante du PCF Marie-George Buffet et le porte-parole de la LCR Olivier Besancenot ont annoncé chacun de leur côté leur candidature, une partie des collectifs espère toujours s'entendre sur un candidat de la gauche radicale.
José Bové, qui s'était déclaré disponible si Marie-George Buffet et Olivier Besancenot renonçaient, s'appuie aujourd'hui sur une pétition qui a recueilli plus de 23.000 signatures sur un site internet.
Seulement le temps du débat ?
"Aujourd'hui, la véritable question, c'est: est-ce qu'il existe une dynamique, est-ce qu'on peut construire collectivement quelque chose qui permette de changer la donne, de redonner espoir aux millions de Français qui sont aujourd'hui dans la déprime ?", avait-t-il dit aux journalistes.
Marie-George Buffet et Olivier Besancenot ont déjà répondu qu'ils ne se désisteraient pas en faveur du militant altermondialiste. Plusieurs chefs de file du mouvement antilibéral ont exprimé de leur côté leur scepticisme, soulignant que la gauche de la gauche risquait d'apparaître plus divisée que jamais.
Outre le PCF et la Ligue communiste révolutionnaire, Arlette Laguiller (Lutte ouvrière) et Gérard Schivardi (parti des travailleurs) se présentent également.
Certains délégués présents à Montreuil voulaient proposer la candidature de José Bové mais uniquement le temps de la campagne officielle, "afin d'être présent dans le débat".
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