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tribune

Mercredi 27 décembre 2006

Marie-George Buffet, de concert avec la direction du PCF, a pris la décision de se présenter seule à l’élection présidentielle.

 

Il faut prendre acte avec regret de cette volonté qui, si elle avait été exposée dès le départ, aurait eu le mérite de la clarté. Une telle démarche relève malheureusement encore de notre culture ancienne de parti-guide autour duquel tout doit se jouer et se construire.

 

Se démarquant d’une démarche unitaire, le PCF se réduit à jouer les utilités à un moment historique pour le pays. Après le rejet de la Constitution Européenne, une formidable dynamique était pourtant engagée. Pour la première fois depuis 1972 et le programme commun, une offre politique nouvelle pouvait séduire et redonner l’espoir à notre peuple.

 

Cette décision, en rupture avec les orientations du congrès, porte un coup sérieux au rassemblement de toutes les forces de transformation sociale et à la construction politique de notre temps à laquelle un communisme moderne et renouvelé apporterait une contribution indispensable.

 

Le choix est fait d’un retour en arrière confinant le PCF dans le rôle étriqué du vote contestataire pour l’orienter ensuite vers des politiques qui, depuis 25 ans, anesthésient toutes velléités de changement de la société.

 

Je veux croire que la vie sera plus forte que les logiques de structures, comme l’atteste l’évolution du PCF depuis 20 ans. Jamais les logiques partisanes réduites à la défense de la structure n’ont empêché le déclin électoral du PCF.

 

L’absence de vision, d’analyse du mouvement de la société, de références à notre culture marxiste, nous a conduits dans une politique au fil de l’eau, subissant les événements, ce qui, en définitive, a conduit à l’affaiblissement du PCF.

 

Dans une économie mondialisée, ultra dominée par les puissances de l’argent, les politiques publiques sont en permanence contestées, affaiblies, voire tout simplement annihilées, au nom du libéralisme. Face au renoncement de transformation sociale de certains secteurs d’opinion de la société qui se réclament de la gauche, la convergence des forces de contestations sociales contre le libéralisme est plus que jamais nécessaire.

 

Je crains que l’impasse actuelle ne soit durable, mais en aucune façon il ne faut renoncer à porter dans l’opinion publique les valeurs de la transformation sociale.

 

Il faut tout faire pour que ces valeurs s’expriment dans le cadre de cette présidentielle et des élections qui vont suivre.

 

François ASENSI

 

21/12/2006

 

 


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Mercredi 27 décembre 2006

Comme nous le redoutions, le Parti communiste vient de décider de la candidature de Marie-George Buffet.

 

Nos appels à la responsabilité n’auront donc pas été entendus. Les résultats de la seconde consultation des collectifs unitaires antilibéraux, qui commencent à peine à remonter, n’auront pas davantage été pris en compte. La direction du PCF n’aura, en réalité, à aucun moment voulu envisager une autre hypothèse que la présentation de sa secrétaire nationale.

 

Un coup terrible est ainsi porté à la perspective de candidatures unitaires de la gauche antilibérale, à l’élection présidentielle et aux élections législatives. Le travail de milliers de militantes et de militants, au sein des collectifs, est nié, avec pour seul effet prévisible d’éparpiller les voix des électrices et électeurs qui auraient pu se reconnaître dans notre rassemblement. Des millions d’hommes et de femmes de gauche, qui s’étaient pris à espérer en une autre voie à gauche, dans la foulée de la campagne du " non " de gauche au TCE, s’en retrouvent à présent confrontés au risque de n’avoir le choix, en avril prochain, qu’entre des candidats de témoignage et la représentante d’un Parti socialiste qui accentue chaque jour son cours social-libéral.

 

Nous prenons acte, en la déplorant, de la décision du PCF. La candidature de Marie-George Buffet portera donc les seules couleurs de ce parti. Elle ne pourra ni incarner, ni se revendiquer de l’expérience inédite qui nous aura, des mois durant, réuni dans des centaines de collectifs de terrain ou dans ces grands meetings qui auront rassemblé des dizaines de milliers de participants.

 

Nous voulons, à cet égard, mettre solennellement en garde les dirigeants du PCF contre toute tentation de s’approprier la légitimité du processus unitaire pour l’élection présidentielle qu’ils ont choisi de ne pas construire jusqu’au bout. Nous pensons notamment au tract diffusé massivement suite au vote des militants communistes.

 

Pour notre part, nous aurons jusqu’au dernier instant cherché à éviter l’irréparable, réfléchi à des solutions permettant d’aboutir à un accord sur le nom appelé à figurer sur le bulletin de vote, tenté d’aboutir à un double consensus entre les collectifs et les sensibilités politiques.

 

Nous ne résignons pas à l’échec et à l’impuissance de la gauche antilibérale. Nous ne voulons pas, à notre tour, nous dérober à la nécessité de battre la droite et de construire une alternative à la gauche sociale-libérale.

 

Les collectifs représentent un cadre précieux de réflexion et d’action. C’est pourquoi nous avons proposé que le Collectif national pour des candidatures unitaires, réuni le 21 décembre, les appelle " à réfléchir ensemble aux moyens de poursuivre le combat pour une autre voie à gauche ". C’est dans le même esprit que nous estimons nécessaire qu’ils se retrouvent à l’occasion d’une nouvelle réunion nationale, les 20 et 21 janvier prochains, pour confronter leurs réflexions, tirer conjointement le bilan de leur action, dégager des perspectives pour le futur. Nous leur faisons aujourd’hui cette proposition, en regrettant que la délégation du PCF au Collectif national n’ait pas jugé cette perspective opportune à ce stade.

 

Les liens tissés entre militants de traditions et de cultures différentes, les avancées réalisées à travers les textes " Ambition-Stratégie ", comme à travers les 125 propositions du projet de programme, ne peuvent être bradés. Ils constituent un patrimoine commun précieux pour ouvrir demain une nouvelle perspective à gauche.

 

22 décembre 2006

 

C’est dans le même esprit que nous estimons nécessaire qu’ils se retrouvent à l’occasion d’une nouvelle réunion nationale, les 20 et 21 janvier prochains, pour confronter leurs réflexions, tirer conjointement le bilan de leur action, dégager des perspectives pour le futur. Nous leur faisons aujourd’hui cette proposition, en regrettant que la délégation du PCF au Collectif national n’ait pas jugé cette perspective opportune à ce stade.

 

 


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Mercredi 27 décembre 2006

La décision du Parti communiste de présenter Marie-George Buffet < bien qu’elle ne fasse consensus ni au sein des collectifs, ni entre les organisations, et sans attendre les résultats de la nouvelle consultation des collectifs < marque une rupture avec la perspective d’un candidat commun de la gauche antilibérale à l¹élection présidentielle. Malgré l’aspiration unitaire de milliers de militants communistes, notre rassemblement est ébranlé. De son côté, la majorité de la LCR, toute à son affirmation identitaire, avait porté le premier coup à cette construction, en se mettant à l’écart du processus dès le mois de septembre, puis en présentant Olivier Besancenot.

 

L’évolution unitaire positive du PCF ces dernières années montre ses limites avec cette incapacité de comprendre que notre rassemblement pluraliste ne pouvait s’incarner dans la candidature de la principale dirigeante d’une de ses composantes. Malgré des déclarations contraires, force est de constater que le vieux schéma du " rassemblement autour du Parti " a la vie dure, alors même que les combats émancipateurs dans le monde se font aujourd’hui à partir de nouvelles références et de nouvelles pratiques. Cette expérience montre aussi l¹incapacité de la majorité de la LCR à sortir d’une culture minoritaire et à se hisser au niveau des exigences de la construction d’une alternative.

 

Nous sommes tristes en pensant aux millions d’hommes et de femmes qui souffrent des politiques néo-libérales et qui attendent une alternative politique. Nous sommes tristes en pensant aux nombreux participants de nos derniers meetings et à celles et ceux qui s¹étaient mobilisées pour la victoire du Non au Traité constitutionnel européen.

 

Mais nous sommes aussi en colère contre ces mauvais choix qui ont conduit à sacrifier une chance historique de battre la droite tout en faisant réussir une alternative à gauche. Pour n¹avoir pas su choisir jusqu¹au bout la logique du rassemblement antilibéral, le PCF risque de le payer très cher au printemps prochain. Sa direction risque alors d’être écartelée entre deux options : le repli dans une marginalité identitaire ou la satellisation autour du Parti Socialiste via des circonscriptions concédées. Avec, dans les deux cas, une incapacité à peser sur l¹avenir politique de notre pays.

 

Quant à la démarche solitaire et cantonnée à la protestation, choisie par la majorité de la LCR, elle n¹apporte aucune réponse crédible à nos concitoyens qui attendent au plus tôt un changement de leurs conditions d¹existence.

 

Nous ne pouvons nous résigner à cette double impuissance.

 

L’enjeu, c¹est la recomposition du paysage politique à gauche et la capacité de la gauche de transformation à ne pas être durablement marginalisée.

 

Laisser le paysage politique s¹organiser dans un bipartisme sans espoir, partagé entre un parti libéral réactionnaire et un parti social libéral, avec l’ombre menaçante du Front National comme réceptacle de toutes les exaspérations sociales, serait dangereux pour l’avenir démocratique et l’espérance sociale dans notre pays.

 

La tâche est ambitieuse. Nous héritons des conséquences d’un siècle tragique. Les guerres capitalistes et les oppressions coloniales l’ont ravagé. Et les diverses tentatives d¹émancipation humaine ont échoué.

 

L’espérance révolutionnaire s¹est enlisée dans le cauchemar bureaucratique et policier du stalinisme. Les expériences de transformations progressives du capitalisme se sont achevées en capitulations social-libérales.

 

Dans le même temps, ces dernières décennies, de nouveaux mouvements sociaux ont cherché à ouvrir de nouvelles voies pour l¹émancipation < féminisme, écologie, altermondialisme > et pour l’affirmation des droits. Sur d’autres continents, notamment en Amérique latine, de nouvelles contestations du capitalisme libéral se développent. Et depuis 1995 en France, le réveil des luttes sociales s’est combiné avec un rejet croissant des politiques néo-libérales.

 

Nous avons la responsabilité de reconstruire l¹espoir de la transformation sociale, environnementale et démocratique, de bâtir un projet alliant le meilleur de la tradition du mouvement ouvrier et des combats républicains, avec les apports des nouveaux mouvements sociaux.

 

Nous avons d¹ores et déjà réalisé de grandes avancées. Partant d¹histoires et de cultures politiques très diverses, nous avons travaillé ensemble, appris à nous connaître, et réussi à élaborer un socle politique commun ambitieux, tant sur les questions de stratégie que de programme.

 

Nous devons répondre à l¹attente suscitée par la victoire du 29 mai et ne pas laisser se disperser les forces qui s’étaient rassemblées dans la campagne du référendum. Nous ne tirons un trait sur personne, sur aucune tradition historique, sur aucune sensibilité politique. Mais nous sommes persuadés qu¹il faut résolument faire du neuf à gauche.

 

Nous sommes déterminés à poursuivre dans la voie d’une nouvelle perspective de transformation et à faire vivre l’unité nécessaire pour la porter. Les bases existent avec les réflexions et actions menées en commun depuis deux ans. Nous avons au fil des mois tissé des liens de travail et de lutte. Nous ne sommes pas au bout du chemin, mais ce qui est déjà engrangé est prometteur. Ensemble, nous avons la possibilité de faire vivre une autre voie à gauche.

 

 

 

Le 22 décembre 2006

 

Claude DEBONS (ancien responsable syndical) - Raoul Marc JENNAR (militant altermondialiste) - Yves SALESSE (responsable associatif) ; participants de la démarche pour des candidatures communes de la gauche antilibérale aux élections présidentielle et législatives.

 

 

 

 


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Samedi 6 janvier 2007

ALTERNATIVE A GAUCHE :

 

quelques questions pour débattre de la suite…

 

Contribution au débat de Claude Debons – le 5 janvier 2007.

 

 

 

Après la décision unilatérale de la LCR de présenter Olivier Besancenot, celle du PCF de présenter Marie-George Buffet introduit une rupture dans la démarche pour un rassemblement antilibéral de gauche et des candidatures communes. On ne mesure pas encore toutes les conséquences de cet événement, mais l’émotion suscitée chez de nombreux militants appelle à se poser quelques questions vitales.

 

 

Comment ne pas laisser se transformer en un immense gâchis l’espérance née de lavictoire du 29 mai ? Quelles initiatives prendre pour assurer l’avenir du rassemblement antilibéral après l’échec pour une candidature unitaire. Comment continuer la bataille pour « changer la donne à gauche » ? Comment donner corps au « rassemblement durable » que nous annoncions ? Ce sont les questions à résoudre dans les semaines et mois qui viennent.

 

 

 

Le débat se développe sur diverses listes de discussion. S’il faut évidemment tracer rapidement des perspectives pour ne pas laisser la déception se transformer en découragement, il faut prendre le temps d’une discussion collective approfondie et sérier les questions avant d’avancer des réponses solides. Gare à la tentation des raccourcis qui débouchent parfois sur des impasses.

 

Il est nécessaire d’effectuer un diagnostic des conséquences de la rupture intervenue avec la désignation unilatérale de MGB, de dresser un état des lieux du paysage après la bataille, de vérifier le cadre stratégique partagé en commun pour pouvoir avancer. Les initiatives à prendre ne sont pas les mêmes ou n’ont pas le même sens selon la visée stratégique dans laquelle elles s’inscrivent. Pour traverser une montagne, mieux vaut étudier l’itinéraire plutôt que de partir à l’aveuglette sous peine de tomber sur des barres rocheuses infranchissables.

 

 

 

QUEL DIAGNOSTIC AUJOURD’HUI ?

 

Nous sommes confrontés d’une part aux dégâts politiques de la rupture intervenue affectant la crédibilité collective de la gauche antilibérale en terme d’alternative et, d’autre part, à l’attente d’une nouvelle perspective toujours vivace chez les militants et de nombreux citoyens.

 

 

Les dégâts politiques :

 

Il nous faut analyser lucidement les dégâts politiques portés à notre démarche par l’échec de la candidature commune. C’est un échec politique majeur.

D’un point de vue général, la perspective de « la gagne », d’être « dans le carré de tête », de « changer la donne à gauche et d’y battre le social-libéralisme » en a pris un sacré coup. Pour les médias et sans doute aux yeux de la masse des électeurs (qui n’ont pas la même lecture que les militants), il n’y a plus de perspective alternative crédible pour 2007. L’état de la situation est illustré notamment par l’appréciation de Jean Luc Mélanchon qui constate à regret la polarisation autour de l’opération Ségolène Royal ou par la tribune de Michel Onfray pour qui reste le choix au premier tour entre vote blanc et  vote social-libéral. La recomposition politique à gauche autour de l’opération Ségolène Royal (un parti social-libéral dominant flanqué de pseudopodes PRG, MRC, Verts, et demain…) vient d’être débarrassée d’un encombrant caillou dans l’escarpin. On ne peut pas espérer recréer la crédibilité d’une alternative à gauche à la même hauteur d’ici le printemps, mais peut-on rebondir et comment ? D’autant que les candidatures de MGB et d’OB risquent bien de ne pas voir souffler dans leurs voiles le vent du grand large et qu’elles auront quelques difficultés à se débarrasser d’une responsabilité dans la division actuelle.

 

Les dégâts sans aucun doute plus forts dans le champ politique et médiatique que sur le plan militant, même si sur ce dernier plan une vision exhaustive de la situation fait aujourd’hui défaut.

 

 

 

Les effets dans les collectifs

 

Il sont sans doute variable selon les collectifs ; ce sont les plus combatifs qui expriment le plus fortement l’envie de continuer, mais nous n’avons pas des nouvelles de tous.

Plusieurs collectifs font état d’une volonté de continuer la dynamique unitaire et, pour certains, d’aller plus loin en terme de construction d’un « nouvel espace politique ». Il en va de même pour des courants politiques unitaires représentés au collectif national. C’est une bonne nouvelle, tant on aurait pu craindre que le découragement et la dispersion ne l’emportent. Il faut s’appuyer sur cette volonté pour construire la suite.

 

Mais d’autres collectifs n’ont pas encore totalement réalisé le caractère ferme et définitif de la désignation de MGB par le PCF, pas plus que la volonté de la direction de la LCR de ne pas reculer. D’autres, ou les mêmes, appellent le collectif national à se mettre enfin d’accord sur une candidature unitaire comme si tout était encore possible. Certains font le choix de soutenir MGB. D’autres veulent continuer sans les « diviseurs ». D’autres encore connaissent des « séparations de corps » entre ceux qui refusent de soutenir la même candidature ou des baisses d’effectifs par déception et découragement. D’autres veulent continuer ensemble malgré le désaccord sur la candidature mais sans avoir encore défini comment gérer cette contradiction. Les situations sont contrastées.

Quelle est la part de la déception débouchant sur la démobilisation et de la colère nourrissant la volonté de poursuivre ? Comment les collectifs analysent-ils les évènements qui viennent de se dérouler et les responsabilités en cause ? Comment est perçue la mise en opposition par le PCF du « choix le plus partagé par les collectifs » avec le « blocage des organisations et du collectif national » ? Comment répondront-ils aux sollicitations à soutenir « faute de mieux » la candidature MGB ; ou aux sollicitations de la LCR « on vous l’avait bien dit » ?

 

Comment réagiront-ils aux sollicitations législatives locales qui leur seront adressées ? Quels choix vont faire les collectifs unitaires : continuer ensemble, avec tout le monde ou avec certains seulement ?

 

Une vision assez précise de la réalité serait nécessaire pour mesurer le champ des possibilités. De nombreux collectifs se sont créés, mais tous n’avaient pas le même degré de pluralisme. Certaines méthodes de militants « unitaires » de fraîche date ont fait des dégâts, y compris dans des collectifs prolongeant ceux du 29 mai. Egalement, de nombreux militants syndicaux ou associatifs, de nombreux citoyens qui s’étaient mobilisés dans la campagne référendaire sont restés à l’écart des collectifs « unitaires et populaires » ; peuvent-ils être remobilisés et, au delà, de nouvelles forces sociales peuvent-elles s’engager dans un nouveau projet ?

 

 

 

Une opportunité à saisir

 

La situation offre une opportunité : si la perspective d’une alternative crédible dès le printemps a reculé dans l’opinion après avoir suscité des espoirs, son besoin s’est peut-être paradoxalement renforcé chez nombre de militants et de citoyens engagés. Pas seulement parce qu’il y a toujours urgence à combattre les méfaits de la mondialisation capitaliste. Mais parce que les limites montrées par les directions de la LCR et du PCF soulignent avec plus de force la nécessité de faire du neuf à gauche.

La question posée et à vérifier entre nous est simple : nous fixons-nous comme perspective la construction d’un « nouvel espace politique », à partir de la dynamique unitaire du rassemblement antilibéral ? Dans le débat sur les listes internet diverses expressions sont employées : « nouvelle construction politique », « nouvelle force politique », « nouveau mouvement politique », etc. Cette diversité des termes montre bien que rien n’est figé quant à sa formalisation concrète, mais indique bien l’ambition et la visée.

 

Question subsidiaire : Comment les initiatives de cours terme que nous prenons, face aux échéances électorales notamment, s’inscrivent-elles dans cette perspective ?

 

Nous ne partons pas de rien. L’espace ouvert par la victoire du 29 mai et toutes les expressions de rejet des politiques néo-libérales n’ont pas disparus du fait des avatars actuels. L’écart entre les attentes sociales et les réponses des partis de gouvernement reste immense. Même si le Tout Sauf Sarkozy risque de provoquer un vote « utile » pour Royal à la présidentielle ; il n’est pas si sûr que le même phénomène se reproduise avec la même ampleur aux législatives où on choisira davantage « quelle majorité parlementaire pour quelle politique ». Autrement dit, il peut être possible de dégager un espace politique non négligeable dès 2007. Nous avons des acquis : des collectifs unitaires, un travail commun entre les courants politiques, un texte ambition-stratégie, un socle programmatique de 125 propositions…) à partir desquels on peut poursuivre.

 

Reste à préciser quand même les stratégies en présence, les forces disponibles, la validité du cadre stratégique qui peut nous être commun, avant de proposer les initiatives d’action et d’organisation s’inscrivant dans cette perspective.

 

 

 

QUELLES STRATEGIES EN PRESENCE ?

 

 

 

Où va le Parti Communiste ?

 

Comment analysons-nous la décision unilatérale de la direction du Parti Communiste ?

 

Comme un simple « accident de parcours » dans une évolution unitaire globalement positive ? Ou comme le signe des limites atteintes par cette évolution et indépassables en l’état actuel ? Ce qui ne signifie pas qu’il ne reste un capital d’expériences qui peut encore produire des fruits positifs dans l’avenir.

 

Mais la tonalité des discours du Comité national préparant les questions posées aux militants pour confirmer la candidature de MGB, le retournement d’alliance opéré au sein de la direction, le vote des militants, montrent un retour du passé refoulé et confirment que le travail d’analyse sur les causes du déclin historique de ce parti n’a pas été mené au fond,

 

sinon ils ne se seraient pas accrochés à l’idée que la secrétaire générale du PCF était la mieux à même d’incarner le rassemblement antilibéral.

 

Manifestement, la direction du PCF ne semble pas être en capacité aujourd’hui de concevoir autre chose que la réédition du schéma unitaire des élections régionales de 2004 en Ile-de- France. Elle ne semble pas davantage en capacité de s’inclure dans un nouvel espace politique autre que le rassemblement autour du Parti.

 

La version optimiste de l’accident de parcours conduirait à inclure le PCF dans le « rassemblement durable » en vue d’un « nouvel espace politique ». La version pessimiste conduit à concevoir les relations avec le PCF sur le mode de l’unité d’action, sans exclure des alliances ponctuelles si accord face à telle ou telle échéance.

 

 

 

Où va la LCR ?

 

Même question pour son avenir ? Sa majorité peut-elle évoluer et sortir de la culture minoritaire et protestataire qui la caractérise fondamentalement ? Ou la nouvelle confirmation de son recul à chaque fois qu’est posée la question de son inclusion dans un ensemble plus vaste montre-t-il, là aussi, le caractère indépassable de sa posture traditionnelle ? Ce qui la non plus ne rend pas obsolète pour l’avenir le capital d’expériences de cette organisation.

 

La version optimiste conduirait à inclure la LCR dans le « rassemblement durable » en vue d’un « nouvel espace politique ». La version pessimiste conduit à concevoir les relations avec la LCR sur le mode de l’unité d’action ou d’alliances plus ponctuelles.

 

 

 

Où vont les composantes politiques unitaires du rassemblement ?

 

L’échec enregistré dans la construction de la candidature commune modifie-t-il leurs engagements dans un « rassemblement durable » et leurs perspectives d’avenir ? Certaines seront-elles tentées de prendre leurs distances et de réintégrer leur giron d’origine ? Pour les minorités au sein des partis (PCF, PS, LCR, Verts), comment voient-elles leur implication future dans la poursuite d’une démarche commune ? Pour les organisations indépendantes, comment envisagent-elles leur avenir ? Les unes et les autres peuvent-elles envisager un certain dépassement dans une construction commune ? Comment parvenir à s’exprimer de plus en plus souvent en commun — plutôt qu’en parallèle — sur l’actualité? Cela pose évidemment la question de la base politique et du projet stratégique communs ; mais toutes seront-elles partie-prenante d’un projet commun ?

 

 

QUELLE EST NOTRE PERSPECTIVE COMMUNE ?

 

Faire du neuf à gauche ?

 

Dans le texte ambition-stratégie, nous évoquons la perspective de « changer la donne à gauche » et d’un « rassemblement durable » de la gauche antilibérale. Vers quoi cela peut-il bien conduire sinon à une nouvelle construction politique regroupant plus solidement les forces antilibérales ? C’est bien cela qui devrait être la perspective concrétisant l’ambition majoritaire édictée par ailleurs, même si cela ne tranche pas la forme concrète à donner à cette nouvelle construction. Pourquoi, si cette perspective était sincèrement partagée, le dernier CN du PCF fin décembre a-t-il brandi l’épouvantail de la « recomposition politique » pour développer une rhétorique de défense du Parti menacé, une dénonciation malhonnête des autres partenaires, pour justifier une candidature communiste ?

Les composantes unitaires du rassemblement et les militants des collectifs sont-ils bien d’accord avec le fait que « changer la donne à gauche », y « battre le sociallibéralisme » et construire un « rassemblement durable » tracent les contours d’un nouvel « espace politique », visant à modifier structurellement la situation à gauche et impliquant un certain dépassement (qui ne signifie pas effacement) de chacun dans une construction commune ? Autour de quel centre de gravité politique ?

 

Nous avions affirmé vouloir être au cœur de la gauche, être « la gauche de gauche » et non « la gauche de la gauche » ou une « extrême-gauche plurielle ». Cela se reflète dans le texte ambition-stratégie, le texte programmatique ; et cela aurait dû se traduire dans le profil politique de notre campagne. Sommes-nous toujours d’accord avec ce positionnement ? Bien sûr, certains retraits ou ruptures peuvent modifier l’équilibre des forces au sein du rassemblement ; cela doit-il pour autant conduire à en modifier l’orientation politique si notre ambition est toujours de battre le social-libéralisme à gauche pour y rendre majoritaire des orientations de transformation sociale, démocratique et environnementale ?

 

 

 

Les composantes unitaires du rassemblement et les militants des collectifs sont-ils bien d’accord avec le fait que nous visons bien toujours, même si c’est différé, une ambition majoritaire à gauche ; qu’en conséquence le centre de gravité de l’espace politique à construire doit bien être « une gauche de gauche » rompant avec le libéralisme, réalisant la synthèse entre le meilleur des acquis du mouvement ouvrier et des combats républicains et les apports des nouveaux mouvements sociaux, décloisonant le social et le politique dans le respect de l’indépendance des missions respectives, telle qu’exprimée dans nos premiers textes (appel de mai 2007, ambitions stratégie, ce que nous voulons) ? Quel périmètre pour cette construction commune ?

 

L’ambition autour de l’objectif de candidatures communes aux élections présidentielles et législatives était de réunir tout l’arc de force des tribunes de la campagne référendaire contre le TCE ; c’est-à-dire de donner une traduction politique à l’aspiration antilibérale majoritaire dans le peuple français. Faut-il abandonner cette ambition au motif que certains retraits ne permettent plus sa concrétisation immédiate ? Ou faut-il garder l’objectif tout en mettant en œuvre des médiations intermédiaires qui consolident l’existant tout en laissant les portes ouvertes pour l’avenir ?

 

Le « nouvel espace politique » à construire comporte des militants et citoyens divers rassemblés dans les collectifs et des organisations ou sensibilités politiques. Pense-t-on qu’il puisse inclure en totalité aujourd’hui le PCF et la LCR selon l’appréciation que l’on a de la trajectoire de ces organisations ? Faut-il penser plutôt un périmètre appuyé sur des collectifs locaux avec les minorités unitaires et les organisations indépendantes ; les relations avec le PCF et la LCR se réglant pour le moment sur le mode de l’unité d’action ou d’alliances plus ponctuelles, mais pouvant aller plus loin dans l’avenir en fonction de leurs évolutions ?

Il va de soi que les réponses que nous apportons, en commun ou pas, à ces questions de base politique et de perspective stratégique communes influencent fortement la nature et le sens des initiatives concrètes à prendre pour les prochaines semaines, et notamment l’attitude pour les présidentielles et les législatives.

 

Les composantes unitaires du rassemblement et les militants des collectifs sont-ils bien d’accord avec la nécessité de garder l’objectif du rassemblement de toutes les forces antilibérales, tout en amorçant immédiatement une médiation intermédiaire sous forme de processus de construction d’un « nouvel espace politique » avec toutes les forces qui y sont prêtes maintenant ? Quelle forme concrète donner à cette construction ?

 

Notre rassemblement a plusieurs dimensions : collectifs locaux, courants politiques, personnalités… La construction d’un espace politique fondé uniquement sur l’une (mouvement des collectifs) ou sur l’autre (cartel politique) perdrait une part de notre richesse. Notre construction doit prendre en compte toutes ces dimensions.

 

Une forme « mouvement » (plutôt que parti traditionnel) de type « confédéral », un fonctionnement décentralisé et en réseau appuyé sur les collectifs locaux et des coordinations départementales et/ou régionales, une cohérence politique construite par le débat et la recherche de la synthèse, etc, doivent être recherchés pour agréger dans un même ensemble les différentes composantes. La structure d’animation nationale doit le refléter ce qui suppose une représentation en son sein des collectifs locaux par le biais de coordination départementales et/ou régionales, pour assurer leur représentation.

 

Reste à préciser de nombreuses questions : type de structuration, mode de financement, type de structures de coordination aux différents niveaux, processus et modes de prise de décision, outils d’animation nécessaires (site, bulletin…), etc.

Le débat doit se développer sur tout cela, tout en posant dès maintenant et dans la campagne politique électorale qui vient les premières fondations de ce projet. En septembre-octobre 2007, des Assises nationales pourraient permettre de bâtir les murs et la toiture de ce « nouvel espace politique ».

 

 

 

QUELLES INITIATIVES PRENDRE ?

 

 

 

Être présents dans la campagne politique qui s’ouvre

 

Les collectifs et notre rassemblement unitaires ne doivent pas disparaître du paysage électoral qui vient. D’une manière ou d’une autre, nous devons être présents dans la prochaine période, et répondre à la question : comment l’aspiration antilibérale majoritaire à gauche peut-elle s’exprimer et se traduire dans les échéances politiques à venir ?

Une campagne de meetings « unitaires », appuyant ou pas des candidatures unitaires (voir ci-après), est-elle envisageable autour de thèmes tels que : « propositions programmatiques pour battre le libéralisme et le social libéralisme, perspectives pour changer la donne à gauche » ? Des réunions décentralisées pourraient démultiplier ces discussions. Ces débats devraient permettre de populariser les idées de l’alternative, de mener campagne autour de candidatures, et d’entamer la réflexion sur un « nouvel espace politique ».

 

 

 

Les élections présidentielles

 

Certaines propositions lancées dans les débats évoquent une candidature des collectifs à cette élection malgré l’échec sur la candidature commune. Mais que signifierait une candidature « supplémentaire », allant jusqu’au bout pour « faire payer les diviseurs » ? Quel serait le degré de brouillage de notre message sur la nécessité du rassemblement unitaire de la gauche anti-libérale si, en pratique, nous ajoutons à la division ? Quel serait le centre de gravité politique d’une telle candidature ; sans doute pas le même que celui de notre ambition unitaire, ne serait-ce que pour se démarquer des autres ? Quelle serait l’amplification du vote « utile » engendré par la multiplication des candidatures à gauche (syndrome 21 avril) ? Quel serait alors l’espace politique de cette candidature pour faire significativement plus de voix que OB et MGB car un score de témoignage (prévisible) handicaperait la construction future plus qu’il ne l’aiderait. La question d’une candidature à cette élection ne peut être conçue d’un point de vue étroitement tactique pour un « règlement de comptes ». Elle n’aurait de sens que si elle parlait à une large fraction de l’électorat populaire, que si elle pouvait être un levier permettant une construction politique durable sur une base politique et avec un profil de candidat en conformité avec notre projet unitaire, et que si elle assurait un résultat crédible et pas contreproductif pour la suite. En l’état actuel des choses, une candidature « supplémentaire » ne réunit pas ces conditions.

Ne vaut-il pas mieux rester sur une position de principe à savoir l’unité de la gauche antilibérale autour d’une candidature commune et mener la bataille jusqu’au bout (dépôt officiel des candidatures) sur ce thème ? Dans ce cadre pourquoi ne pas proposer une candidature de « substitution » appuyant un appel des collectifs au retrait de OB et MGB ? Une telle candidature donnerait un point d’appui pour entrer en campagne (voir ci-dessus), permettrait un meilleur accès aux médias jusqu’à fin mars (pour certains candidats, on ne saura pas avant le dépôt des parrainages s’ils le seront), maintiendrait la pression unitaire et empêcherait une captation de l’héritage unitaire anti-libéral, lancerait en même temps notre campagne législative (voir ci-dessous). Si d’aventure (probable) nous n’obtenions pas le retrait de OB et MGB, cette candidature ne se maintiendrait pas jusqu’au bout pour rester cohérent avec notre volonté unitaire. Il ne resterait qu’un mois et demi de campagne présidentielle à passer avant de rebondir sur les législatives. Si notre campagne a été lancée depuis le début ce n’est pas une période si longue qu’elle soit infranchissable et nous fasse totalement disparaître.

 

 

 

Les élections législatives

 

Va-t-on se retrouver « comme si de rien n’était » avec la direction du Parti communiste pour présenter des candidatures communes en faisant comme si la candidature MGB avait été une parenthèse ? Faut-il au contraire affirmer d’abord les candidatures issues des collectifs unitaires engagés dans la construction d’un nouvel espace politique et négocier collectivement avec le PCF et la LCR répartition des circonscriptions, soutien réciproque, voire accord électoral plus global ? C’est la deuxième option que je retiens.

Les législatives sont une échéance majeure à saisir pour notre affirmation et poser les premières fondations de notre construction future. Il faut lancer la campagne très tôt.

 

Bien sûr, l’ombre porté du résultat de la présidentielle va peser mais sans doute pas au point de faire des législatives un simple duplicata. En effet aux législatives, la question essentielle sera : quelle nouvelle majorité pour quelle politique ? Cette question sera posée beaucoup plus concrètement qu’à la présidentielle davantage dominée par la bipolarisation. Nous pouvons y répondre dans le droit fil de notre critique de la V° République. Notre profil doit faire écho à l’expression majoritaire antilibérale dans le pays et incarner une politique de transformation sociale, démocratique et environnementale répondant aux aspirations populaires et aux attentes de la société. Nous dirons aux électeurs : les candidats de la gauche antilibérale sont la garantie que de véritable changements progressistes adviennent, c’est pourquoi, il faut voter pour eux.

 

Pouvons-nous viser et nous donner les moyens d’un nombre significatif de candidats issus des collectifs unitaires (150, plus ?) et mettre en place les moyens de visibilité et de logistique de telles candidatures : une appellation commune, un logo, une association de financement, une profession de foi, etc. ? Autant d’éléments qui constitueraient les fondations du nouvel espace politique en construction.

 

 

Les élections municipales

 

Elles sont un cadre plus direct d’intervention des collectifs locaux et un levier d’implantation essentiel. Il faudra en tracer le cadre politique (indépendance politique avec le sociallibéralisme, battre la droite…) et sur ces bases construire les alliances que passerait notre « nouvel espace politique ». Mais nous avons un peu de temps pour approfondir.

 

 

Les élections européennes

 

Elles seront une échéance politique identitaire forte pour nous en référence au 29 mai. Nous disposons d’un socle fort de propositions pour une autre Europe et le mode de scrutin à la proportionnelle est un atout. Une occasion à ne pas manquer. Mais là aussi, nous avons un peu de temps.

 

 

Soutien aux mobilisations et expression publique

 

La crédibilité d’un « nouvel espace politique » dépendra de son articulation avec les luttes réelles dans différents domaines et de sa capacité d’intervenir et de porter leurs aspirations. Le décloisonnement du social et du politique dans le respect de l’indépendance des fonctions doit être au cœur de notre démarche. Notre crédibilité dépendra aussi de notre capacité à nous exprimer de plus en plus souvent collectivement sur les questions politiques nationales ou internationales. Comment se mettre en capacité pour cela ?

 

 

A la rentrée…

 

Nous pourrions tirer les bilans de ces diverses activités, mesurer le chemin et les réalisations effectuées ensemble, et consolider et amplifier le mouvement lors d’Assises nationales pour un nouvel espace politique en septembre-octobre 2007.

 

 

 

A suivre…

 

Claude DEBONS

 

Le 5 janvier 2007.

 

 

 


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Lundi 8 janvier 2007

BOVE 10% ET ALORS ?

 

 

 

Bové  10% ? C'est un fantasme qui ne résisterait pas à une campagne réelle entre les autres nains qui ne se seraient pas désistés...Et s'ils le faisaient, ce score peut-être atteignable serait cependant l'échec  confirmé de tout le processus de construction d'un antilibéralisme qui s'interdirait de revenir en arrière sur les pas de la socialdémocratie...Les collectifs dans leurs propositions ont intégré très tôt l'affirmation qu'a un deuxième tour dont ils seraient éventuellement absents, leur vote se reporterait pour faire barrage à la droite dans tous les cas de figure, concession stratégique qui n'était pas un renoncement dans la perspective "quel que soit le résultat des élections, les collectifs continueront ..." Il était clairement affirmé alors la volonté de perpétuation d'une gauche antilibérale même en cas de victoire PS...

 

José Bové qui n'avait pas caché au lendemain du referendum sa "tendresse" pour Fabius et déclarant même "qu'il ne se présenterait jamais contre lui".

 

Est-il dans la même perspective aprés la synthèse du Mans et le soutien des fabiusiens désormais acquis à Ségolène? A t-il fait l'analyse aussi de l'échec de ceux qui voulaient l'investir en candidat vert? Rien n'est moins sur et la candidature JB pourrait bien être si la base des collectifs se laissait entraîner dans cette impasse, la manière la plus sournoise de faire "rentrer dans le rang" toute une gauche , trahie successivement par plusieurs composantes d'elle-même. C'est déjà ce que je craignais à la fin 2005 dans le texte "Tous ensemble, pour quelle alternative?" (les questions de la candidature véritablement unitaire auraient du se poser en préalable du processus unitaire et non en conclusion, ce qui ne faisait que le jeu des "appareils" déjà déterminés à mener leur stratégie en solo, pcf et lcr  bien sur...)

 

J'écrivais déjà , après l'avoir dis au mois d'août à l'université lcr  2005 devant Yves Salesse et Raoul Marc Jennar, mais sans être entendu par ce  qui allait devenir la "majo" lcr,( Olivier sinon rien, mais on fait  semblant d'envisager le désistement possible...) J'écrivais déja que ni MGB , ni OB, ni José et mois encore L Fabius ne pouvaient être chacun porteurs de la dynamique victorieuse possible d'une gauche antilibérale pouvant arriver devant le PS socialdémocrate héritier de la défaite du NON...L'option  YS était par moi déjà mise en avant et argumentée...

 

J'espère de José Bové une intelligence de la situation dont je le sais capable, et mon soutien à lui reste entier sur ses autres combats, pour qu'il désamorce lui-même et très vite cette agitation autour de sa personne ,instrumentalisée en particulier par certains alternatifs qui voient s'échapper le marche-pied sur lequel ils espéraient fonder leur existence aux prochaines législatives puis municipales....

 

Il faut en politique savoir regarder un échec pour ce qu'il est et ne pas s'illusionner sur des stratégies de contournement d'une évidence. Certains en sont visiblement incapables car la douleur du désenchantement est encore vive et nous voudrions tous qu'il en ait été autrement...Mais on ne fait pas de politique pour flatter son ego ou par stratégie d'investiture future dans des mandats dérisoires, municipaux ou législatifs; on fait de la politique pour construire collectivement un "vivre ensemble" visant à corriger les injustices sociales et à fonder les bases d'une autre société solidaire et heureuse; c'est un projet à bâtir dont la cohérence proposée et la qualité prévisible suffiront pour entraîner le suffrage universel...Cette démarche programmatique a été plutôt bien menée, mais les énergies qui auraient du être utilisées à la diffusion et la promotion de nos ambitions ont été absorbées dans le débat lamentable autour du destin de l'un ou l'autre porte-parole, jusqu'a imaginer des candidats "surprise" de dernière minute...

 

Nous nous moquons encore de notre électorat potentiel, qui en 2005 pesait sans doute autant que les intentions de vote attribuées à la madone du Poitou, vers laquelle se reporteront, quoique nous en pensions, les votes de millions de citoyens que nous aurons collectivement déçus et trompés.

 

Alors je l'affirme pour le penser fortement, José Bové auquel je demande de ne pas en prendre ombrage, ne peut être le "sauveur" de notre débandade, même si lui et tous les autres gardent toute légitimité à contribuer à un ressaisissement sur le long terme . L'année 2007 s'annonce rose ou brune et nul ne s'en réjouit, évitons d'abord le pire et ne démobilisons pas par de très mauvais scénario de secours les militants qui nous restent. Je crois que ce ne sera qu'après l'échec annoncé de la bande de nains qui vont flirter avec les pourcentages dérisoires que ceux-ci reviendront plus modestes dans le processus qu'ils auront contribué à torpiller; peut-être conviendra t-il de ne pas leur en confier trop vite la direction, mais nous ne pouvons nous passer de tous ceux là qui auront voté dans la détresse et la douleur pour les uns ou pour les autres, sans espoir aucun.

 

 

 

Jacques RICHAUD  (Collectif 31) 100% unitaire, mais avec qui?


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Lundi 8 janvier 2007
Après mon ami Daniel Feurtet, maire de Blanc-Mesnil, je veux vous remercier, toutes et tous, de votre présence, vous dire mon plaisir de vous accueillir dans cette ville populaire, solidaire, cette ville monde, dans cette école qui a fait tant de citoyennes et citoyens.
Je suis heureuse d’être ici aux côtés de nombreux élus, dont Hervé Bramy et Christian Favier, Présidents des Conseils Généraux de Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne, André Chassaigne, Président de l’ANECR, Nicole Borvo, présidente du groupe communiste au Sénat...
5 janvier 2007
Alain Bocquet, président du groupe communiste et républicain, est retenu dans sa ville. Francis Wurtz vient de m’adresser un message amical, où il m’annonce qu’il vient d’être réélu président du groupe de la gauche unitaire européenne au Parlement européen.
Je veux saluer les nombreux syndicalistes présents. Je vois ceux de la RATP, Thalès, EADS, d’Alcatel de la banque de France, de la SNCF, de Québécor, de la SNCM, de Nestlé, d’ECCE textile, de Bombardier, La Poste, Renault, PSA, Air France, Polimeri, Thomé Génot, DHL, d’EDF-GDF, enseignants. Tous et toutes, vous portez les luttes pour l’emploi contre les licenciements boursiers et les délocalisations, contre la précarisation de la vie des jeunes. Vous portez la résistance aux privatisations.
Je veux saluer la présence des responsables associatifs, de militants antiracistes (Mouloud Aounit), de parents d’élèves, des militants LGBT, des responsables de comités de lutte pour le droit au logement contre la chasse aux enfants et aux immigrés, pour les droits des femmes. (Femmes dans la cité). Vous représentez la dignité de la France face à toutes les discriminations, toutes les oppressions.
Je veux remercier, enfin, les militantes et les militants communistes, socialistes, écologistes, les hommes et les femmes de gauche de Stains, Dugny, Blanc-Mesnil avec qui, depuis 2004, je vis une belle aventure : celle du rassemblement antilibéral pour le progrès social et la démocratie.
Tous ces combats témoignent combien nous avons besoin du mouvement syndical, du mouvement associatif et de l’action politique pour avoir la force, rassemblés, de changer la donne.
En cette période de l’année, il est bien sûr de coutume et, je le fais avec plaisir, de souhaiter à chacune, à chacun des voeux de bonheur et de santé pour l’année à venir.
Mais permettez-moi un voeu plus collectif :
Je fais le voeu qu’en 2007, une dynamique populaire batte la droite et rejette, au loin, le spectre d’une France définitivement livrée à la loi du plus fort, celle de l’argent, d’une France répressive et atlantiste portée par Nicolas Sarkozy, le petit télégraphiste des fonds de pension, rejette au loin le sceptre d’une France salie par l’extrême-droite.
Je fais le voeu qu’en 2007, les femmes et les hommes qui ne veulent plus subir mais vivre, décident de construire une nouvelle majorité à gauche, apte à concrétiser tous leurs espoirs.
Ce n’est pas bien sûr qu’un voeu, c’est aussi un engagement.
Je suis candidate à l’élection présidentielle afin que les hommes et les femmes qui, majoritairement, ont voté non le 29 mai 2005 voient leur choix respecté et porté par la France au sein de l’Union européenne.
Je suis candidate pour que les hommes et les femmes qui luttent voient leurs revendications reconnues au plus haut sommet de l’Etat.
Je suis candidate pour donner enfin la parole à celles et ceux qui sont gommés du paysage public.
Je suis candidate pour que tous, toutes aient enfin une vie meilleure.
Je suis candidate avec celles et ceux qui pensent qu’il y a besoin de justice, de paix dans ce monde, qu’il y a besoin d’un métissage d’Afrique, d’Asie, d’Europe, d’Amérique, pour qu’ici et là bas on vive mieux.
Je sais, beaucoup de militantes et de militants des collectifs antilibéraux sont aujourd’hui déçus, comme moi, de l’incapacité des organisations à déboucher sur un accord politique. Eh bien je veux avec ceux et avec celles qui le souhaitent continuer à construire cette nouvelle majorité à gauche, tous mes actes iront dans ce sens. Je m’y engage.
Je suis candidate pour que gagne une gauche de responsabilités et de combat.
Je veux une gauche de responsabilités parce que notre objectif est bien une majorité politique et donc la transformation du quotidien des hommes et des femmes de ce pays.
Je veux une gauche de combat car pour gagner un tel changement, il faudra affronter les logiques du tout-marchand.
Face à ceux qui ne cessent de s’enrichir et de nous culpabiliser sans rien savoir des conditions dans lesquelles la grande majorité d’entre-vous vit, je veux être la candidate qui affirme : vous avez le droit de vivre mieux !
Mais je veux aussi être celle qui démontre que cela est possible, qu’une autre politique est possible.
Voici les engagements que je prends pour les premiers mois de la législature afin que vos vies cessent de n’être qu’un combat quotidien.
Quatre chantiers seront ouverts pour éradiquer toutes les précarités qui rongent les familles et les salariés.
D’abord, éradiquer le chômage. Il faut garantir à tous et toutes une sécurité d’emploi ou de formation, qui passera notamment par l’abrogation du CNE, des contrats précaires et des temps partiels imposés, par une réforme de l’indemnisation du chômage et par une refonte du code du travail.
Ensuite, relever en urgence les salaires, les pensions et les minima sociaux. Lorsqu’il s’agit d’en finir avec les privations quotidiennes, il ne peut être question d’attendre. Dès la mise en place du gouvernement, le SMIC sera porté à 1500 €. De grandes négociations salariales seront ouvertes. Des prix rémunérateurs seront garantis aux paysans pour leur permettre de vivre de leur travail et de sauvegarder leurs exploitations.
Troisièmement, garantir un toit à chacun et à chacune. Pour cela sera engagée la création d’un véritable service public de l’habitat. Les financements dégagés pour la construction de plus de 600 000 logements sociaux sur la législature. Les loyers seront plafonnés, par la loi, à 20% du revenu des ménages. Les expulsions locatives, les coupures d’eau et d’électricité seront interdites. La réquisition des logements vides sera organisée. La loi sur les 20% de logements sociaux sera rendue plus contraignante.
C’est tout cela le droit opposable !
Enfin, assurer le droit à la santé. La Sécurité sociale universelle sera rétablie ; une réforme du financement de la sécurité sociale sera engagée dès l’automne 2007, notamment par la cotisation des revenus financiers.
En lien avec ces quatre chantiers sur l’urgence sociale, je veux engager le combat pour le savoir et la culture partagée pour que chacun ait la maîtrise de sa vie, pour gagner en libertés.
Alors que la droite rabaisse les missions de l’école et livre la recherche et la culture aux marchands, le budget de l’Education nationale sera porté à 7% du PIB pour assurer à chaque enfant une école de la réussite. Le budget de la jeunesse et des sports et de l’éducation populaire sera porté à 1% du PIB, les subventions aux associations seront augmentées et sécurisées. Je réunirai le monde associatif pour travailler à une loi complète sur le statut du bénévolat.
Les crédits à la recherche publique seront doublés sur cinq ans, les propositions émanant des Etats généraux de la recherche seront reprises et appliquées par le gouvernement.
Pour rétablir les artistes et les techniciens de la culture dans leurs droits, la proposition de loi réformant le statut des intermittents du spectacle sera inscrite à l’ordre du jour du Parlement dès la rentrée parlementaire.
Enfin je prends avec force l’engagement d’abroger toutes les lois liberticides impulsées par Nicolas Sarkozy, qu’elles concernent les jeunes, la justice ou l’immigration.
Le combat contre toutes les discriminations et violences faites aux individus sera renforcé ; la loi cadre contre les violences faites aux femmes, élaborée par les féministes, sera immédiatement inscrite à l’ordre du jour de l’Assemblée.
L’allocation d’autonomie réclamée par les organisations de jeunesse sera inscrite dans un collectif budgétaire.
Les sans-papiers seront régularisés.
Le droit au travail, au logement, aux loisirs des personnes touchées par le handicap ne fera pas l’objet d’une énième loi : il sera mis en oeuvre. Le droit à l’amour et à la parentalité sera assurée pour chacun et chacune. La proposition de loi que j’ai déposée contre l’homophobie sera portée à la majorité.
Bien sûr, je n’ai pas traité tous les domaines où il faut d’urgence agir, la droite a tant cassé, car je veux pouvoir répondre à l’essentiel : comment débloquer les moyens nécessaires à tous ces chantiers ?
Je veux porter un langage de vérité et de courage : le changement ne sera possible qu’avec la plus grande détermination face au libéralisme.
Aussi, je vois trois conditions, qui si elles n’étaient pas remplies, transformeraient toutes ces propositions en un nouveau catalogue de promesses non tenues.
La première c’est de trouver l’argent. On nous parle du déficit public, mais l’impôt sur le revenu représente à peine 17% des recettes de l’Etat ; et l’impôt sur les sociétés, que le président de la République veut encore réduire, tourne autour de 15%. Alors l’argent, il faut aller le chercher par une grande réforme de la fiscalité, dès la loi de finances pour 2008, une réforme de justice fiscale qui toucherait les hauts revenus et les profits exorbitants des grandes entreprises, 96 milliards d’€ en 2006.
Soyons clairs, un gouvernement de gauche qui ne voudrait pas affronter le pouvoir de la finance, courrait à l’échec.
Alors oui, il faudra le courage politique et la mobilisation populaire pour s’attaquer à la tyrannie des actionnaires, des marchés et des banques. Il faudra du courage pour réorienter toutes les missions de la BCE et créer un pôle financier public porteur d’une nouvelle politique du crédit et d’une nouvelle politique pour l’industrie.
Il faudra la même détermination pour donner aux salariés, les seuls intéressés par l’emploi et l’investissement utile, de nouveaux droits d’intervention dans la gestion de leurs entreprises.
Car la deuxième de ces conditions, c’est bien de partager et démocratiser tous les pouvoirs. Un gouvernement de gauche qui ne transformerait pas l’exercice du pouvoir courrait à l’échec.
C’est pourquoi, très vite, devra être mis en chantier une 6ème République, fondée sur les droits et la participation effective de notre peuple aux décisions de la Nation. Le monarchisme présidentiel sera supprimé et le rôle du Parlement renforcé ; les résidents étrangers bénéficieront comme citoyennes et citoyens du droit de vote. Les populations et les élus des départements et territoires d’Outre-mer se verront reconnus les nouvelles responsabilités qu’ils souhaitent.
La démocratie a besoin aussi de grands services publics. Cela passe par la reconquête des services publics touchés par la privatisation, par leur démocratisation, mais d’autres devront être créés, pour la petite enfance, l’eau, la maîtrise des déchets...
La troisième de ces conditions, c’est évidemment l’action de la France en Europe et dans le monde.
Tous ces services publics que nous savons nécessaires, ils n’ont pas d’avenir dans une Europe dont le dogme est la concurrence libre et non faussée des promoteurs de la constitution européenne. Toutes ces conquêtes sociales que nous appelons de nos voeux, elles ne sont pas possibles dans une Europe du moins disant social, docile au tout marchand de l’OMC. Dès la première réunion du Conseil des chefs d’Etat et de gouvernement, la France devra faire entendre sa volonté de réorienter la construction européenne et travailler à des initiatives permettant l’élaboration citoyenne d’un nouveau traité pour l’U.E., facteur de progrès social de démocratie et de paix.
Une Europe porteuse d’une nouvelle croissance, respectueuse des hommes et des femmes, mais aussi de l’environnement. Nous aurons besoin d’une France qui dans sa politique étrangère soit un pilier de la construction d’un monde plus juste. Dans l’urgence, elle devra agir au sein de l’ONU pour créer les conditions d’une paix durable au Moyen-Orient.
Certains diront que ce programme est une utopie et que la France ne peut pas se dégager des logiques qui dominent le monde. Ce renoncement a priori a déjà fait échouer la gauche.
D’autres diront qu’il est impossible de rassembler une majorité de Françaises et de Français sur une telle ambition. Ce renoncement cantonne l’antilibéralisme dans la contestation.
J’ai envie de dire, en regardant ce qui se passe en Amérique latine, que là-bas ils n’attendent pas le rapport de force ; ils le créent. Ils n’invoquent pas des symboles ; ils agissent.
Ici aussi, en France, des millions d’hommes et de femmes aspirent à vivre mieux. Ces hommes et ces femmes sont prêts à se battre, on l’a vu contre le CPE. Ces hommes et ces femmes sont prêts à prendre leurs affaires en main. Ces hommes et ces femmes sont la majorité.
Cette majorité, pour devenir majorité politique, appelle ce que la gauche n’a jamais tenté, une véritable transformation sociale. Elle appelle une nouvelle conception de la politique et du pouvoir.
C’est cette ambition que veut porter cette candidature. Une candidature collective qui jusqu’au bout restera ouverte à toutes celles et ceux qui veulent en être les porte-parole.
Vous le savez, j’ai quitté hier mes responsabilités de secrétaire nationale du PCF, certaine de l’engagement des militantes et militants communistes, des jeunes communistes dont je salue le responsable, Cédric Clérin, confiante dans leur détermination à construire une nouvelle majorité à gauche.
Cette campagne collective, je la conçois dans un rapport constant avec le monde du travail et les quartiers populaires. Ma campagne sera donc une campagne de rencontres au plus près de la vie des Françaises et des Français. Car je crois profondément que pour gagner en 2007, mais surtout pour construire et réussir après 2007, la mobilisation des citoyennes et des citoyens est et sera essentielle.
Je veux dire ici aux militantes et militants du rassemblement, socialistes, écologistes, communistes, aux hommes et aux femmes de gauche, je veux leur dire que tous et toutes ensemble nous pouvons bousculer le scénario que l’on veut nous imposer, d’un bipartisme porteur d’alternances et de désillusions.
Nous pouvons changer la donne, nous pouvons ouvrir une nouvelle voie à gauche.
Chers amis, chers camarades,
Je suis en campagne avec l’envie de porter tous les espoirs et les colères. Je pars en campagne sûre de la force de nos propositions et de notre capacité à tenir la dragée haute à celles et ceux qui, aujourd’hui, rêvent de l’Elysée. Je pars en campagne avec la conviction, profonde, que ce que tous ensemble nous avons réalisé le 29 mai 2005, en bousculant tous les pronostics des habiles politologues du pays, nous pourrons le rééditer cette année. Nous pouvons simplement porter au pouvoir l’aspiration populaire, et gagner.
 

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