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débat

Mardi 26 décembre 2006 2 26 /12 /2006 17:36

Le coup de force de Mme Buffet pour la présidentielle rappelle le " Parti " d'autrefois. Pour le pire

 

Dans le 18 Brumaire de Louis Napoléon Bonaparte, Marx écrit que l'histoire se répète toujours deux fois. Il tenait ça de Hegel. Mais il précise : une première fois comme tragédie, une seconde fois comme comédie. Il s'agit en effet du coup d'Etat du futur Napoléon III. Or c'est précisément ce genre d'histoire qui arrive aujourd'hui au parti dont il est le légendaire ancêtre. Et l'on ne sait donc si, là-haut, il pleure ou s'il rit.

 

La tragédie, toutes proportions gardées, c'était à l'automne 1977, quand Georges Marchais et ses proches décident, à une très courte majorité au sein du bureau politique, de mettre fin à l'aventure du programme commun. Il est vrai que les socialistes n'en voulaient guère. Longtemps, beaucoup l'avaient appelé le " programme communiste ". Et c'était vrai : avec son cortège de nationalisations et de réformes sociales radicales, il reflétait une impulsion venue de loin dans le communisme français, revigoré par les luttes de 1968.

 

Finalement pourtant, il gagnait les esprits, même dans la mouvance socialiste, qui finit par en adopter au moins le discours. Tant et si bien que le PS connut un essor remarquable et inattendu, une vraie résurrection, tandis que le PCF, enfermé dans sa culture ouvriériste, piétinait sur ses terres. Inquiétude au sommet : le mouvement nous échappe, les socialistes nous passent devant, nous ne tenons plus la barre. Il faut trouver autre chose. C'est dans ces conditions que Georges Marchais abrège ses vacances. Quelques-uns se souviennent encore de son récit, qui fit le bonheur de la presse, " Liliane, fais vite les valises, il faut rentrer, les socialistes... " Il rentre en trombe et définit sobrement la situation en ces termes : les socialistes ont abandonné le programme commun.

 

Durant les mois qui suivent, L'Humanité répète jour après jour la triste nouvelle. On y cherchera en vain le moindre appel à une mobilisation populaire pour la défense de ce fameux programme. On ne savait pas faire. Morosité générale. Stupeur des combattants. Il faudra attendre exactement cent jours avant les élections de 1978 pour que la situation se dégèle, grâce à divers bons offices... dont ceux de la CFDT , qui suggère : peut-être pas 1 500 nationalisations, mais, disons, 500, les plus importantes, il est vrai. Mais le mal est fait. L'élan est brisé. Ainsi finit la décennie ouverte en 1968. On connaît la suite. L'échec aux législatives de 1978. Et le triomphe très personnel, modeste, mais " royal " déjà, de François Mitterrand en 1981, avec toutes les prérogatives d'un pouvoir présidentiel lui permettant d'interpréter à sa guise un programme de moins en moins commun.  

 

La " tragédie ", en tout cela ? C'en fut une, au moins, pour la famille communiste, soit un Français sur cinq à l'époque : " le Parti " fond à vue d'oeil, des centaines de milliers de militants, souvent très actifs, de toutes les générations, de la Résistance aux guerres coloniales et à Mai 68, le quittent sur la pointe des pieds, ou s'en détachent par couches successives, rénovateurs, refondateurs et autres réformateurs. La " banlieue rouge " se décolore, les forteresses ouvrières tombent l'une après l'autre. On trouve le bouc émissaire : ce programme commun avait été " fabriqué au sommet ", leitmotiv à l'usage des nouveaux adhérents. La seule chose pourtant qui soit venue du sommet, c'est, en 1977, la décision d'arrêter les frais. 

 

Il reste, il est vrai, 100 000 adhérents. Et l'appareil, miniaturisé, est intact. Le Parti s'était même rénové, ces derniers temps, admettant tendances et différences, jetant des forces appréciées dans la bataille antilibérale. Il commençait à trouver une nouvelle légitimité. A attirer de nouveaux adhérents. Des jeunes même (songeons qu'ils sont très nombreux à avoir eu des parents communistes...). Avec l'altermondialisme, la lutte contre l'Europe libérale et contre le CPE, il monte en puissance. Il redevient fréquentable.

 

 

Et voilà que tout bascule en quelques jours. On remet ça comme en 1977. A trente ans de distance. Cette fois, en forme de comédie. Scénario analogue, en modèle réduit. Car il est bien vrai que les communistes, une large fraction au moins d'entre eux, avec l'appui de leur direction, se sont pleinement retrouvés dans ce nouvel espace politique, " la gauche de la gauche " ou " la gauche de gauche ". Avec une multitude de gens ayant une tout autre histoire, mais en fin de compte à peu près les mêmes idées. Avec une foule bigarrée d'associatifs, souvent leurs " ex- ", qui mettent leur passion politique là où ils le peuvent. Ils n'ont pas eu trop de mal à rédiger leur " programme commun ", les options sociales fondamentales étant, de Copernic à Fabien en passant par Attac, assez voisines. Et ils furent ensemble très heureux. 

 

 

 

Jusqu'au moment où il fallut choisir un chef d'orchestre. Et là, tout chavire. Comme en 1977, on découvre en haut lieu que l'on n'a plus le contrôle. On a engendré (avec d'autres, il est vrai) un être qui vous échappe. On a mis en marche une machine de guerre sociale qui va d'elle-même de l'avant, selon une dynamique qui n'est pas celle d'un parti communiste. 

 

 

 

A cela il doit y avoir des causes profondes. Désormais, la lutte contre les " méfaits du capitalisme " ne peut plus trouver son unité dans les modèles d'une société qui a disparu. Elle ne peut plus se rattacher à des objectifs ultimes, supposés être la condition de tout le reste. Désormais, la " grande bataille " dont parlait Michel Foucault ne peut se développer que par la sommation alchimique de luttes extrêmement diverses, liées à des demandes de reconnaissance incomparables entre elles, dans des situations sociales de plus en plus fluides, même si tout cela se rattache aux mêmes causes. Les objectifs et intérêts généraux ne manquent pas pour faire un programme : des lois sociales aux services publics. Mais les groupes sociaux qui peuvent les porter n'ont plus ni la stabilité ni la relative homogénéité de l'époque antérieure. Et le principe d'unité se cherche encore, qui serait capable de troubler le jeu d'un bipartisme déjà de fait installé. 

 

 

 

La comédie est dans la désarmante simplicité avec laquelle la direction du Parti communiste, qui s'est lancée dans un schéma de consensus, s'en retire au moment où celui-ci est refusé à sa candidate secrétaire générale. Ses partenaires ont naturellement du mal à admettre que ce petit courant, qui fait 3 % à la présidentielle, puisse l'emporter à lui seul, en audience et en influence, sur toutes les autres composantes réunies, qui dépassent, dans leur esprit, les 10 %. Ils récusent donc sa prétention à représenter l'ensemble. Et ils savent trop bien que leur lutte, identifiée à celle d'un parti, irait à l'échec.  

 

 

 

Au final, le PC se retrouve donc seul, piégé dans le petit scénario que ses stratèges avaient imaginé. Quel que soit son résultat, il a perdu la position symbolique et stratégique qu'il tenait d'une histoire ancienne et parfois glorieuse. Mais finir en comédie n'est pas forcément une tragédie. Car il reste les acteurs qui pourraient songer à se reconvertir. Sur la scène de l'histoire, le rideau n'est pas encore tombé.  

 

 

 

Jacques Bidet, Professeur émérite à l'université de Nanterre Paris-X 

In Le Monde -26/12/06

 

 

 

 

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Jeudi 4 janvier 2007 4 04 /01 /2007 23:24

Voici un projet de statuts d'Association des Communistes Unitaires ("ACU"). Je les ai  écrits en m'appuyant très fortement sur les statuts de l'association Mix-Cite  dont je suis militant.  

 

Mon petit travail n'a  évidemment que pour seul objet de lancer/amorcer les réflexions sur le sujet.  

 

Une association "ACU" pourrait  être décidée et organisée localement, une ville, un quartier, un département,...  

 

- Chaque association serait indépendante l'une de l'autre en dehors du respect de 3 articles des statuts obligatoirement communs (l'objet et l'indépendance par rapport aux partis et syndicats, respect de la charte inter association).  

 

- Grande Souplesse d'actions, de gestion, d'organisation seraient donc laissée à chaque association.

 - Co-responsabilite entre membres de parti et non -encarte-e-s

 - Ce n'est pas une action dissidente par rapport au parti, puisque les statuts du PCF n'interdisent pas une telle initiative, c'est encore moins une action dissidente par rapport à l'idee communiste....  

 

Je transmet également cette proposition de statuts auprès des communistes unitaires de l'Isere pour en discuter ensemble dans les prochains jours.  

 

Un certain nombre de camarades de la section de Bourgoin jallieu sont déjà  très intéressés par l'idée de cette association.  

 

Amicalement  

 

Guy STOLL OPF/DCF

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Projet de statuts de l’Association des Communistes Unitaires de l’Isère  

 

(version V1.0 du 01/01/2007) 

 

 

Article 1 - Il est créé entre les adhérent-e-s aux présents statuts une association régie par la loi du 1er juillet 1901 et le décret du 16 août 1901, ayant pour dénomination : Association des Communistes Unitaires de l’Isère.

Article 2 - Objet : Toute décision ou action devra s'inscrire dans le respect de l'objet ci-dessous défini. ACU est un mouvement communiste pluriel, unitaire, éthique et politique. Association d’échanges, de réflexions et d’actions.  

 


L'association est communiste. Elle se bat pour une visée communiste définie par la pleine autonomie et le plein épanouissement de chaque être humain en cherchant à faire reculer, jusqu’à leur dépassement, toutes les formes sociales d’exploitation, de domination et d’aliénation.  

 

Elle vise à favoriser le rassemblement, l’intervention et la participation de tous les individus qui entendent travailler à cette perspective.  

 

L’association est plurielle. La pluralité s’entend au sens large : personnes de toutes catégories sociales, jeunes, adultes, personnes âgées, étrangères et nationaux. L’association est un espace où pourront se rencontrer tous ceux et toutes celles qui se réclament de la culture communiste, membres ou non d’un parti.  

 

L'association est unitaire. elle a pour objet essentiel de promouvoir et faire vivre la diversité et l’unité nécessaires pour construire la nouvelle perspective de transformation sociale portée aujourd’hui par les collectifs unitaires anti libéraux.
Elle se donne la responsabilité de reconstruire avec d’autres l’espoir de la transformation sociale, environnementale et démocratique, de bâtir un projet alliant le meilleur de la tradition du mouvement ouvrier et des combats républicains, avec les apports des nouveaux mouvements sociaux, notamment féministes. 

 


L'association est éthique. Elle promeut et traduit dans ses actes de nouvelles pratiques politiques basées sur des principes éthiques indispensables pour véritablement construire ensemble. 

 

Elle privilégie l’accord consensuel, seul à même de respecter la diversité des parcours et des histoires de ses  adhérent-e-s.  

 

Elle affirme que la fin visée ne peut en aucun cas justifier les moyens utilisés. 

 


L'association est politique. Elle intervient sur la place publique pour défendre les valeurs d'égalité, de liberté, d'autonomie, de dignité, de laïcité et de justice sociale. Elle combat   les partisans de l'ordre moral qui veulent subordonner la conduite et la conscience des individus à des normes spirituelles dogmatiques exclusives. L'association est solidaire de toutes les revendications pour l'universalité des droits. A ce titre, elle participe au mouvement social où qu'il soit pour transformer l'ordre des choses.


Article 3 - Indépendance : L'association est strictement indépendante des organisations syndicales et politiques, y compris du PCF et de la LCR. Cela signifie qu'elle n'entretient aucun lien organique, financier ou matériel, avec les syndicats et les partis politiques. Une aide limitée, accordée impérativement sans contrepartie à la charge de ACU, pourra être soumise pour acceptation aux organes de décision réguliers de l'association.  

 

Cette nécessaire indépendance vis-à-vis en particulier du PCF est la stricte application de la liberté statutaire donnée à chaque adhérent-e de ce parti  de prendre toutes les initiatives utiles à la mise en œuvre du projet communiste et de décider librement de la forme que pourra prendre cette activité . 


Article 4 - Siège : Le siège de l'association est fixé au XXX. Il pourra être transféré par simple décision prise en réunion plénière.

Article 5 - Durée : L'association prendra fin lorsque l'objet n'aura plus raison d'être. 
 

 

Article 6 - Adhésion : L'association se compose d'adhérent-e-s. L'adhésion s'effectue par versement d'une cotisation annuelle dont le montant est fixé par l'Assemblée générale. En adhérant, le nouveau membre de l'association s'engage à respecter les statuts et le règlement intérieur. Tout versement de la cotisation emporte adhésion immédiate, sauf si elle intervient moins de deux mois avant la date de l'Assemblée générale, auquel cas l'adhésion prendra effet immédiatement après cette dernière. Les adhérent-e-s peuvent participer au vote des organes de décision de l'association, aux groupes de travail et sont éligibles à tous les postes au sein de l'association. Un-e adhérent-e peut être dispensé-e pour un an du versement de sa cotisation par une décision en réunion plénière. Cette dispense est renouvelable. Toutefois, le Conseil d'administration se réserve le droit de refuser une adhésion.

Article 7 - Cotisation : Une cotisation annuelle, allant du 1er janvier au 31 décembre de l'année suivante doit être acquittée par les adhérent-e-s. Son montant est fixé par l'Assemblée générale et inscrit dans le règlement intérieur. Le montant de la cotisation ne peut pas excéder XXX.


Article 8 - Radiation : La qualité de membre se perd par - le décès ; - la démission qui doit être adressée par écrit au Conseil d'administration ; - le non paiement de la cotisation dans un délai de trois mois après sa date d'exigibilité ; - la radiation pour motif grave, prononcé par le Conseil d'administration, conformément à l'article 12.


Article 9 - Ressources : Les ressources de l'association comprennent notamment : - le montant des cotisations ; - les subventions publiques ; - les recettes des manifestations exceptionnelles ; - les ventes du matériel de l'association ACU.


Article 10 - Le Collège :

10-1. L'association est représentée par un Collège de dix représentant-e-s élu-e-s pour un an par l'Assemblée générale ordinaire, lors d'un scrutin majoritaire à bulletin secret à un tour. Le Collège est composé à parité femme/homme. La moitié au moins des représentant-e-s ne doivent pas appartenir à un parti politique. En terme de responsabilité légale, le ou la  candidat-e élu-e avec le nombre de voix le plus élevé assure les fonctions de président-e. Le ou la candidat-e élu-e avec le deuxième score assure les fonctions de trésorier-ère. Les membres du Collège ne peuvent briguer que trois mandats successifs, puis ne peuvent être à nouveau candidat qu'après l'écoulement d'un délai de deux ans.

10-2. Toutes les décisions des représentant-e-s, membres du Collège, devront être prises conformément aux statuts, règlement intérieur, et orientations générales définies et votées par et lors de l'Assemblée générale. Les fonctions du Collège sont :
1 - la coordination des tâches liées aux fonctions quotidiennes de l'association notamment le courrier, le téléphone ou la circulation de l'information ;
2 - la prise de décision urgente ne pouvant pas attendre une réunion plénière ou hebdomadaire notamment concernant une intervention médiatique ou une participation à une manifestation publique de l'association et n'engageant pas une somme supérieure à 150 € du budget de l'association ;
3 - l'essentiel des missions de communication de l'association. Le Collège a vocation à prendre les décisions au consensus mais peut recourir au vote à la majorité qualifiée (8 contre 2) en cas de blocage. 
 

 

Article 11 - Le Conseil d'administration : Le Conseil d'administration est composé de vingt et un adhérent-e-s élu-e-s, les dix représentant-e-s préalablement élu-e-s du Collège pouvant être candidat-e-s. Pour onze des vingt et un postes de membres, ne pourront se présenter au Conseil d'administration que les adhérent-e-s ayant deux ans d'ancienneté au moins. Le Conseil d'administration assure les fonctions disciplinaires au sein de l'association et est garant du respect des statuts, notamment des articles 2 et 3, et du règlement intérieur. Les décisions sont prises à la majorité des voix. Les décisions de radiation et d'exclusion font l'objet d'un procès-verbal.


Article 12 - Procédure d'exclusion : L'exclusion peut être prononcée par le Conseil d'administration au terme d'une procédure disciplinaire. Toute exclusion prononcée par un autre organisme ou suivant une autre procédure est irrégulière et n'a aucun effet. L'exclusion ne peut être prononcée que pour des motifs graves comme contrevenir aux principes de l'association tels qu'énoncés dans les articles 2 et 3. L'adhérent-e faisant l'objet de la procédure sera invité-e à se présenter devant le Conseil d'administration dans un délai de dix jours par lettre recommandée avec accusé de réception accompagné-e ou non d'une ou un autre adhérent-e. A défaut de présentation dans les délais, l'exclusion pourra intervenir d'office. La décision d'exclusion est prise à la majorité qualifiée des deux tiers après une délibération à huis clos.


Article 13 - Réunion plénière : La réunion plénière a compétence générale pour toute décision concernant les activités de l'association à l'exception des pouvoirs expressément attribués par les statuts à d'autres instances.


Article 14 - Assemblée générale ordinaire : L'Assemblée générale est ouverte aux adhérent-e-s (seul-e-s à prendre part au vote conformément aux restrictions évoquées dans l'article 6), sympathisant-e-s et invité-e-s. Les adhérent-e-s sont convoqué-e-s par lettre simple, envoyée par la poste ou remise en mains propres, deux semaines avant la date fixée pour l'Assemblée générale ordinaire. La convocation comprend un ordre du jour. Ne seront traitées, à l'Assemblée générale, que les questions comprises dans l'ordre du jour annoncé. L'Assemblée générale se réunit chaque année dans le courant du mois de décembre. Le quorum légitimant les prises de décision est de vingt six adhérent-e-s. Les décisions sont prises à la majorité des adhérent-e-s présent-e-s. Le Collège préside l'Assemblée générale et expose la situation morale de l'association. Le ou la trésorier-ère rend compte de sa gestion et soumet le bilan à l'approbation de l'Assemblée. L'Assemblée générale élit chaque année les dix représentant-e-s du Collège et les vingt et un membres du Conseil d'administration. En cas d'empêchement majeur, un-e adhérent-e peut donner un pouvoir par écrit à un autre pour qu'il vote en son nom aux élections du Collège et du Conseil d'administration. Un adhérent ne peut pas recevoir plus de deux pouvoirs. Un procès-verbal de la réunion est établi.


Article 15 - Assemblée générale extraordinaire : Sur demande d'au moins trente adhérent-e-s, du Conseil d'administration ou du Collège, une Assemblée générale extraordinaire peut être convoquée selon les modalités de l'article 14.


Article 16 - Modifications des statuts : Les présents statuts pourront être modifiés à la demande de trente adhérent-e-s, de la majorité des membres du Conseil d'administration, de la majorité des représentant-e-s du Collège. Les modifications devront être adoptées par une décision de l'Assemblée générale ordinaire ou extraordinaire.


Article 17 - Règlement intérieur : Il est établi un règlement intérieur qui sera soumis pour approbation à l'Assemblée générale lors de sa première publication. Il sera reconduit chaque année si aucune demande de modification n'est avancée. Des modifications peuvent être demandées et envoyées par écrit au Collège. Les modifications seront présentées et votées lors de l'Assemblée générale suivante. Le règlement intérieur s'impose à tou-te-s les adhérent-e-s de l'association.


Article 18 - Dissolution : En cas de dissolution prononcée par les trois quarts au moins des adhérent-e-s présent-e-s à l'Assemblée générale, un ou plusieurs liquidateur-trices sont nommé-e-s par celle-ci et l'actif, s'il y a lieu, est dévolu conformément à l'article 9 de la loi du 1er juillet et au décret du 16 août 1901.


Article 19 - Relations inter-Association des Communistes Unitaires :

 

 

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Charte inter ACU

 Article 1 - Pour toute création d'une association du nom ACU, il est imposé aux fondateurs et fondatrices de :  

 

  • reprendre les articles 2, 3 et 19 des statuts de ACU Isère au sein de leurs statuts.  
  • respecter la Charte inter-ACU.  
  • avoir une cotisation n'excédant pas XXX. 


Article 2 - Chaque association est autonome tant dans ses actions que dans sa gestion.
Chaque décision doit être conforme aux articles 2 et 3 des statuts.


Article 3 - Les ACU doivent se tenir respectivement informés de leurs actions.
Une ou deux personnes relais sont désignées dans chacune des associations. Ces personnes-relais sont chargées des relations avec les autres ACU, si possible en fournissant tous les XXX une lettre informant sur les actions menées et à venir. Les personnes-relais doivent rétrocéder aux adhérent-e-s les informations au sein des réunions plénières de leur association. Les documents et travaux produits par les associations sont mis à disposition de l'ensemble des ACU.
Dans la mesure du possible, les informations sur la vie et les actions de chaque ACU sont retranscrites dans le journal et/ou le site internet ACU.


Article 4 - Pour chaque Assemblée générale ordinaire ou extraordinaire organisée, une convocation et un procès verbal de la réunion sont envoyés, en courrier simple, aux responsables des ACU.


Article 5 - Une réunion de l'ensemble des ACU est organisée tous les deux ans.
Au moins deux fois par an, les représentant-e-s de chacun des ACU se réunissent.


Article 6 - En cas de non-respect des dispositions de l'article 1 de la Charte, ACU Isère se réserve le droit de retirer le droit d'usage du nom ACU aux associations contrevenantes.
Une procédure de radiation pourra être engagée à la demande de n'importe quel ACU.
La décision de radiation interviendra après un vote de tous les ACU ayant déposé leurs statuts, chaque ACU comptant pour une voix.

 

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Le fonctionnement de l’ACU  

 

1. Conditions d'admission
Une personne souhaitant adhérer devra régler la cotisation annuelle et fournir ses coordonnées.
Il lui sera délivré une carte personnelle d'adhérent-e ainsi qu'une copie du règlement intérieur.
Chaque nouveau membre s'engage à respecter les statuts et le règlement intérieur.
La cotisation est fixée chaque année en Assemblée générale pour l'année allant de janvier à janvier de l'année suivante.

2. Organisation interne de l'association

Les prises de décisions s'effectuent comme suit.

- Assemblées Générales
Fréquence : annuelles ou extraordinaires sur courrier du Collège.
Ouverte : aux adhérent-e-s (seul-e-s à prendre part au vote si cotisant depuis deux mois), sympathisant-e-s et invité-e-s.
Y sont prises toutes les décisions engageant des changements :
- des statuts ;
- des orientations générales de ACU ;
- du règlement intérieur.

- Conseils d'Administration
Fréquence : à définir par les membres et extraordinaires sur courrier du Collège, si il est lui même saisi par un-e adhérent-e.
Ouvert : aux membres élus du Conseil d'administration.
Y sont prises toutes les décisions concernant :
- le refus d'une adhésion ;
- la radiation d'adhérent-e-s conformément à l'article 12 des statuts de ACU.

- Réunions plénières
Fréquence : une tous les mois en moyenne.
Ouverte : aux adhérent-e-s (seul-e-s à prendre part au vote), sympathisant-e-s et invité-e-s.
Y sont prises toutes les décisions concernant :
- les actions collectives de ACU ;
- les invitations d'intervenant-e-s ;
- les sujets d'exposés ou de cafés-débats ;
- les participations financières ;
- les projets décidés par les groupes de travail ;
- les participations d'un-e représentant-e de ACU (colloque, débat&- les signatures de texte ou de pétition.

Y sont également données les informations diverses, notamment sur les autres ACU.

- Réunions du collège
Fréquence : fréquence à déterminer par les membres.
Ouverte : aux dix membres élu-e-s du Collège.
- Une personne du Collège est chargée des relations avec les autres ACU.
- Un téléphone portable est mis en place. Les membres du Collège en ont la responsabilité, à tour de rôle, pendant 5 semaines chacun-e au total.

- Réunions des groupes de travail
Fréquence : fréquence à déterminer par les participant-e-s au groupe de travail.
Ouverte : aux adhérent-e-s.
Les groupes de travail ont pour objectifs :  

 

 - d'élaborer une réflexion sur un thème ;
- de dégager des revendications ;
- de proposer des modes d'action.
Dans les réunions des groupes de travail sont prises toutes les décisions touchant au fonctionnement quotidien et interne au groupe de travail.

- Réunions hebdomadaires
Fréquence : hebdomadaire (comme son nom l'indique). Prévue pour l'année 2007 tous les XXX, à XX heures, au XXX sauf les semaines de réunions plénières.
Ouverte : aux adhérent-e-s et sympathisant-e-s.
Y sont prises toutes les décisions concernant les activités courantes, et notamment :
- envoi de courriers ;
- réservation de salles ;
- toute décision ne pouvant attendre une réunion plénière. 
 

 
 
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Jeudi 4 janvier 2007 4 04 /01 /2007 23:50

Au niveau du site , plutôt « fréquenté » par les amiEs de Robert Hue, une prise de position intéressante est mise en exergue aujourd’hui, car datant du 3 Janvier. Elle est celle de Jean-Claude Mairal, président du Cidefe national, organisme de formation de l’ANECR. Elle anticipe des évolutions souhaitées par cette sensibilité mais qui donne un éclairage à l’ « alliance » particulière qui s’est opérée au Conseil National du PCF pour faire de MGB la candidate majoritaire. Elle atteste combien des pans entiers du PCF ne sont pas rentrés dans la logique de rassemblement à égalité avec d’autres composantes antilibérales dans des collectifs mais autour du parti.

Elle confirme, avec la présence annoncée en tant que tel, d’André Chassaigne, Député et Président de l’Anecr, à l’initiative d’officialisation de la candidature de MGB, demain au Blanc-Mesnil, que l’ANECR est « rentrée » en campagne mais sans que jamais un débat n’ait lieu dans cette association où 40% des éluEs ne sont pas communistes -20% dans le 93- et que les communistes sont très divers.

Cela libère la parole pour qu’en tant que telLEs, des éluEs ayant des fonctions ou pas à l’ANECR ou dans les ADECR, défendent et argumentent des points de vues différents.

Ceci dit le contenu du long développement de Jean-Claude mérite débat et sérieux débat. Avec la tonalité mesurée et respectueuse des autres que j’y ai vu. Cela doit être relevé car assez rare par les temps qui courent.

 

Jean Brafman

Conseiller régional

Secrétaire général de l’ADECR de Seine-Saint-Denis

 

Présidentielle 2007

 

A mes amis et camarades communistes

 

mercredi 3 janvier 2007 par jean-claude mairal

 

Une contribution de Jean-Claude Mairal, Vice président du conseil régional Auvergne, Président du CIDEFE et membre du secrétariat de l’ANECR Ancien président du Conseil général de l’Allier

 

 

 

Je me suis longtemps demandé si j’allais prendre ma plume pour écrire modestement ce que je ressentais devant les évolutions politiques de ces dernières semaines au sein de mon parti. Mais les mots que je lis dans la bouche de certains camarades et amis, mots qui font mal, me poussent à écrire aujourd’hui.

 

Je comprends tout à fait la déception des camarades qui se sont fortement et honnêtement investis dans les collectifs et qui pensaient que Marie Georges Buffet ne faisant pas consensus au niveau national qu’il fallait qu’elle retire sa candidature et que l’on choisisse un autre candidat. Bien que ne partageant pas leur choix je respecte leur position. Et ce d’autant plus que ce sont des militants et élus actifs dans de nombreux domaines. De par mes fonctions au Conseil régional Auvergne en charge de l’Europe et de l’international et au sein de l’ANECR et du CIDEFE je côtoie nombre d’entre eux, des élus de Nanterre, d’Allones, de Paris, d’Aubagne,de Fosses, de Saint Denis, etc. J’apprécie fortement leur activité pour construire un monde de paix plus juste et plus solidaire. Ils sont d’un grand apport dans l’action internationale communiste. Et je souhaite du fond du cœur que nous continuions d’œuvrer ensemble pour les idéaux qui sont les nôtres.

 

Mais je voudrais aussi qu’ils comprennent, avec toute l’amitié que je leur porte, que la grande majorité des communistes, qui ont voté pour Marie Georges Buffet en pensant qu’elle est la meilleure candidate du rassemblement anti-libéral, sont eux aussi dignes de respect. Ce ne sont ni des béni oui-oui, ni "des petits soldats" manipulés, mais des hommes et des femmes qui réfléchissent et décident de leur choix en toute connaissance de cause.

 

Ainsi dans mon département de l’Allier où le PC a une forte influence avec de nombreux maires, conseillers régionaux et généraux et un député récemment démis de son mandat par la justice pour un motif injustifié, les communistes ont choisi à 93% Marie Georges Buffet. La vie du parti étant encore active dans de nombreuses sections la plupart n’ont pas participé à des collectifs. Non par opposition mais parce que soit le secteur rural ne s’y prêtait pas, soit parce que l’activité des sections était forte et très ouverte sur l’extérieur. A noter que là où il y avait un collectif Marie Georges a été massivement choisie par les communistes à Vichy et dans une moindre mesure à Montluçon. Faudrait il ne pas considérer ces votes comme légitimes, ou n’émanant pas de gens responsables ? Il faut pourtant savoir que dans l’Allier comme ailleurs il n’y a pas de béni oui-oui. Je peux en témoigner.

 

Lors des régionales de 2004 je faisais partie de ceux qui pensait qu’il fallait faire liste commune dés le premier tour avec le PS. Le débat fut rude, difficile parfois. Si à l’issue d’un premier vote les communistes mettaient en tête cette option, un deuxième vote suite à la réclamation d’une section donna cette fois la majorité aux partisans d’une liste autonome. Les minoritaires que nous étions avions tout à fait accepté et tout naturellement le verdict des communistes. Il n’y avait ni gagnant ni perdant, mais un parti uni pour affronter l’échéance électoral. André Chassaigne conduisait la liste régional et la liste dans le Puy de Dôme et moi même celle dans l’Allier. Avec le résultat positif que l’on connaît.

 

Aujourd’hui certains camarades majoritaires de ma fédè lors du débat des régionales sont minoritaires concernant le choix pour les présidentielles. Et ils vont faire campagne eux aussi tout naturellement pour notre candidate. J’aimerais qu’il en soit ainsi sur tout le territoire national. C’est à dire d’avoir le respect du choix majoritaire des communistes. On critique souvent et à juste titre le PS mais au moins prenons exemple sur lui dans la manière dont il gère la désignation de ses candidats. On l’a vu ils ne se font pas de cadeaux. Mais une fois le choix effectué tous les élus et militants sont derrière leur candidate avec un objectif : gagner !

 

Mais il est vrai et l’histoire du Parti communiste en témoigne que pour nombre de camarades il est difficile d’accepter d’être minoritaires et de le vivre en tant que tel et pour d’autres de reconnaître cette minorité comme partie intégrante de l’action du parti. Certes au fil des ans il y a eu des progrès. Mais nous sommes loin du compte. Je me demande si nous ne sommes pas encore prisonnier d’une conception totalisante, voire messianique de la politique.

 

Donnons enfin à l’opinion publique l’image d’un véritable parti, d’un grand parti. D’un parti uni dont le seul objectif, dans une société de plus en plus atomisée, éclatée, individualiste, soumise aux règles d’un capitalisme financier mondialisé et barbare ,est de battre la droite et d’aider à faire gagner la gauche pour qu’elle pèse dans le sens des intérêts populaires.

 

C’est quand il a su être dans cette dynamique de rassemblement au moment du Front populaire et à la Libération que le PCF est apparu utile à nos concitoyens et qu’il a renforcé ses positions. N’en a-t-il pas était de même à la fin des années 60 et au début des années 70 ? Soyons tous unis, par delà nos divergences, derrière Marie-George Buffet.

 

Certes il restent beaucoup de questions en débat et qu’il faudra bien avoir le courage d’aborder sans tabou avec la volonté de trancher. Y a-t-il toujours la place en France pour un Parti communiste ? Que reste t-il de ses origines (parti de la classe ouvrière, dictature du prolétariat,centralisme démocratique…). Quel impact de l’effondrement de l’URSS ?

 

Examinons toutes les expériences menées en Europe (Espagne, Italie, Allemagne, Portugal, Grèce, sans parler des ex pays de l’Est…) depuis 1990 par les partis communistes. Quelles leçons en tirer pour nous et pour notre combat. Cela serait extrêmement intéressant. Faut il garder le PC en l’état ? Construire un nouveau PC ? Abandonner la référence au communisme ? Construire un autre parti à la gauche du PS. Autant de questions déjà abordées par d’autres partis communistes ou ex communistes et dont l’expérience peut nous être utile. Ne faut il pas substituer à la forme parti d’autres formes qui seraient plus proches des gens tels les collectifs, forums ou autres structures. Ne faut il pas là aussi faire un bilan de ce qui s’est fait jusqu’à maintenant, avec les collectifs antilibéraux, les forums sociaux, l’expérience d’Attac, etc ?

 

On parle beaucoup de la démocratie participative au plan du débat et de la construction politique Mais est ce là la solution miracle ? Quant l’idéologie dominante avec les relais médiatiques est là et pousse au repliement, à la loi du plus fort, à l’individualisme, au communautarisme… Participer à la construction d’une alternative au capitalisme ne nécessite t-il pas des gens informés, formés, ayant tous les éléments leur permettant d’être des citoyens actifs ? Sinon cette démocratie participative politique ne risque t-elle pas d’être confisquée par les couches moyennes supérieures et d’exclure les couches populaires ?

 

N’y a-t-il pas a tirer toutes les leçons de ces 40 dernières années, depuis 1968, le programme commun, 1977,1978,1981, nos participations gouvernementales, le 21 avril 2002, les régionales de 2004, le référendum sur la Constitution  ?

 

Ainsi imaginons un seul instant que la gauche ait gagné en 1978 avec un rapport de force à gauche certes favorable au PS mais avec un PC disposant d’un important groupe parlementaire l’histoire n’aurait-elle pas été différente ? C’est le Parlement donc le législatif qui aurait eu la primauté. Alors qu’en 1981 la gauche gagne sur la base de l’élection présidentielle et dans un rapport de force très défavorable au PC. Cela va renforcer le présidentialisme. Ne portons nous pas une responsabilité dans ces évolutions ?

 

Depuis les années 70 notre positionnement vis à vis du PS ne manque t-il pas de visibilité pour nos concitoyens ? Tantôt avec lui, tantôt ou en même temps très anti PS. Ne faut il pas là aussi durablement clarifier notre positionnement ? On l’a vu lors des régionales où pas loin de 4 lignes politiques différentes se sont exprimés à cette occasion. Sans parler des listes communes avec le PS peut on mettre sur le même plan la stratégie suivie en Ile de France, en Auvergne, en Picardie et le Nord-Pas de Calais ? Et tant d’autres questions.....que je me pose et que nous sommes nombreux à nous poser.

 

Mais ce qui est sûr c’est que par delà ce questionnement qui me taraude comme il taraude nombre de communistes et d’ex communistes qui nous ont quittés au fil des années nous ne devons pas tuer l’espoir. Et cela passe, j’en suis intimement persuadé, par le rassemblement de tous les communistes autour de Marie Georges Buffet.

 

Jean Claude Mairal

 

 

 

 

 

 
 

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Vendredi 5 janvier 2007 5 05 /01 /2007 18:27

Le 3 janvier 2007

 

 

 

 

Jean Claude,

 

 

 

Ta lettre, par sa fraternité même, demande une réponse.

 

 

 

Je respecte les communistes et ne les prends pas pour des petits soldats ni des béni-oui-oui. Ce sont pour la plupart des gens de conviction et sincères. Ce sont mes camarades. Et ce n’est pas  d’être minoritaire qui me gêne, j’en ai une grande habitude. Alors que s’est-il passé ?

 

 

 

J’ai pris position pour le retrait de la candidature de Marie Georges. Depuis le début, dans ma section, bien avant qu’il y ait polémique, j’ai défendu mon opinion : ce n’était pas une bonne idée de proposer cette candidature, quelles que soient les qualités de Marie Georges ; du fait de son statut de secrétaire nationale (elle n’y peut rien, c’est ce qu’elle est pour les électeurs) il me paraissait impossible qu’elle puisse réunir un consensus comme candidate symbolisant le rassemblement, autrement qu’autour du PCF. D’ailleurs quand la direction du parti a lancé cette candidature, elle n’a rien demandé aux communistes. Le débat n’a pas eu lieu sur la signification de la candidature, ni sur celle du double consensus. Mais à l’époque, la ligne était : notre objectif est le rassemblement, si ce n’est pas notre candidate qui est retenue, on continuera avec le candidat choisi.

 

 

 

Lorsque, plus tard, on a consulté les communistes, il y avait déjà problème sur cette candidature, et on nous a proposé un bulletin de vote dans lequel ceux qui étaient pour une candidature unitaire, mais sans forcément pour que nous présentions Marie Georges, n’ont pas eu de lieu d’expression, sauf à s’abstenir et se trouver amalgamés aux partisans d’une candidature PCF seul. Ce vote massif contenait déjà cette ambiguïté, ver dans le fruit pour la suite.

 

 

 

C’est à partir de ce moment, lorsqu’on s’est approché du moment où les collectifs devaient débattre et définir leur choix, qu’a été organisée la présence en nombre des communistes dans les collectifs. Je sais que les collectifs ont chacun une vie différente, je sais aussi que dans les sections, on disait depuis longtemps « il faut participer aux collectifs, les élargir, qu’ils puissent toucher des gens qui ne sont pas militants etc », bien souvent sans résultat. Dans le cas de ma section, dont je ne fais pas un cas général, je peux témoigner que cela a été organisé, numériquement, avec pour but le vote. Quelques communistes participaient déjà régulièrement au collectif (ils avaient du mérite, ce collectif avait bien des défauts), d’autres, partisans du rassemblement, y sont allés convaincus qu’il fallait défendre la candidature de Marie Georges et je ne le leur reproche pas. Mais l’objectif des dirigeants qui les envoyaient là était bien qu’il y ait tellement de communistes que forcément notre candidate serait choisie. Preuve en est qu’ils n’ont pas hésité à y envoyer pour cela des camarades qui eux n’ont jamais été d’accord avec l’existence même des collectifs. Je n’appelle pas ça un élargissement, mais une OPA, à l’opposé de notre objectif unitaire.

 

 

 

Bien sûr, ce qui est venu ensuite dans les assemblées, c’est la remise en cause du système de consensus, pourtant très clairement accepté par la direction du parti. Ce système a été très bien expliqué par Patrice Cohen-Seat lors d’un CN, et n’avait apparemment pas posé problème. Mais à la base, ce système était très peu compris, mal connu, parce que jamais débattu auparavant, au point que certains ont pensé que c’était une manipulation pour écarter la candidate communiste qui avait eu une majorité numérique par le vote. Et ce qui est venu aussi c’était « mais que sont ces gens là, ils sont peu nombreux, que représentent-ils ? C’est nous la force, c’est nous qui ferons le travail, etc ». De là à passer à l’idée manichéenne que ces gens là, si petits, veulent marginaliser le parti communiste, que ceux qui sont contre cette candidature sont contre le PCF. Et pire, si ce sont des communistes qui sont pour le retrait de cette candidature, ce sont des ennemis de l’intérieur, qui se prétendent « communistes » mais qui sont contre la forme parti, qui veulent en finir avec le PCF. Et j’ai vu monter de la haine, pour la première fois depuis que je suis au parti.

 

 

 

Bien sûr qu’il y a de l’anticommunisme dans notre société et des mots et des déclarations de divers bords ont fait mal, et bien sûr certains voudraient empêcher tout avenir pour le parti. Mais penser que ceux avec qui on a une confrontation d’idées sont nos ennemis nous ramène à des temps révolus. C’est une régression grave.

 

 

 

Ce que je reproche aux directions à tous les niveaux (je ne parle que de ce que j’ai vu) c’est d’avoir alimenté et dans le meilleur des cas toléré, cette montée du manichéisme, de la caricature, de la stigmatisation de celui qui ne pense pas dans la ligne.

 

 

 

Ce que je reproche c’est d’avoir dramatisé tout cela en s’appuyant sur cette idée d’un parti discriminé et menacé, toujours très sensible chez les communistes, de ne pas avoir respecté l’accord passé sur la méthode du double consensus, d’avoir affirmé aux communistes que Marie Georges ne faisait pas consensus mais que personne d’autre non plus- ce qu’on ne pouvait évidemment pas vérifier à cette date- en organisant en urgence le vote des communistes avant même que la plupart des collectifs se soient réunis, rendant de ce fait impossible notamment de concrétiser une candidature de Francis Wurtz qui aurait pu être un compromis.

 

 

 

Je pense que de très nombreux communistes, attachés à une démarche unitaire, ont voté pour l’option 1 à cause de cela, en faisant confiance au collectif national qui leur proposait cette option et en identifiant leur vote à un soutien à Marie Georges perçue comme étant attaquée. Là encore, la rédaction du bulletin de vote et les informations qu’il contenait étaient terriblement orientées.

 

 

 

Heureusement, et ce n’est pas fréquent dans l’histoire du parti, la minorité de camarades ayant choisi l’option 2 est suffisamment consistante pour que cela, je l’espère, amène à réfléchir sur le fait qu’il n’y a quand même pas tant d’ennemis de l’intérieur, qu’il y a un vrai problème qui mérite d’être débattu sans tabous. Cela rejoint d’ailleurs toutes les questions que tu poses à la fin de ta lettre.

 

 

 

D’autant que nous avons des moments difficiles devant nous. Pour beaucoup de gens que nous côtoyons dans les luttes, l’espoir s’était levé de voir une force antilibérale prendre du poids dans la vie politique française, avec l’idée qu’enfin, il se passait quelque chose de neuf dans le paysage politique. Ceux là sont orphelins, et ils nous le disent, même si une présidentielle n’est pas la fin de l’histoire. Et beaucoup en veulent au parti communiste qui, seule force organisée importante dans ce rassemblement, forte aussi de son rôle essentiel et reconnu lors de la campagne du referendum, n’a pas su prendre la hauteur nécessaire et faire le geste qui aurait sauvé l’unité. Quel gâchis ! Tu dis : « donnons à l’opinion publique l’image d’un grand parti…dont le seul objectif … est d’aider à faire gagner la gauche pour qu’elle pèse dans le sens des intérêts populaires ». Nous venons d’en rater l’occasion.

 

 

 

Je pense que c’est une erreur stratégique, une déviation de la ligne que nous nous sommes fixée. Nous avions tout à gagner, nous n’avons pas su le saisir. Pourquoi ? Je ne le comprends toujours pas vraiment.

 

 

 

Amitiés

 

 

 

Catherine Gégout, Conseillère de Paris

 

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Vendredi 12 janvier 2007 5 12 /01 /2007 08:01

Je veux ici comme je vous en avais avertis échanger avec vous sur les réactions des "petits" collectifs, sur les difficultés qui se posent aujourd'hui à être, à rester communiste, sur mes interrogations sur les suites possibles à donner à nos idées (je vous lis avec attention, suis en osmose la plupart du temps avec les propos développés, mais ai besoin de savoir comment concrétiser nos volontés dans l'espace qui est aujourd'hui le notre). Je ne développerai pas comme vous des idées, vous en êtes bien plus doués que moi, depuis peu dans un mouvement politique ; juste les réflexions d'une "militante de base", récente dans un parti, mais investie depuis très longtemps dans "le social".  

 

Je n'ai pas encore de nouvelles du Collectif de Lannion qui se réunissait, comme celui de Paimpol, hier soir... mais je pense d'après les échos précédents qu'il en sera de même que celui auquel j'ai participé hier soir à Paimpol et dont j'ai besoin de partager avec vous mes doutes, mes regrets (ma colère ?), mes questions pour l'avenir. 

 

Hier soir donc s'est réuni un collectif, petit mais jusqu'alors très motivé, d'une "petite ville de Province", comme il doit y en avoir beaucoup en France aujourd'hui... Nous étions 12, dont 5 membres du PCF ; le débat devait porter sur les orientations futures de notre collectif :

 ¨Pour les Présidentielles :

 - continuer à participer à la recherche d'un candidat de consensus, en proposer un (cf texte de Claude Debons)

 - rejoindre le PCF dans la candidature de MJB

 - "oublier" la Présidentielle et rechercher une union anti libérale pour les législatives

 - mettre fin au Collectif

 En fait, le débat a porté principalement sur les doutes, regrets, colère, désinvestissement, des uns (communistes ou non), sur des discours d'espoir de certains concernant la survie des collectifs, et sur le "combat" d'autres, membres du PCF (2) particulièrement agressifs devant le refus du collectif de défendre, de soutenir la candidature de MGB.  Nous sommes malgré tout parvenus (et à cela seul) à la résolution de nous revoir le 24 janvier, suite aux réunions nationales prévues...  

 

MAIS, ce que je retiens de cette réunion est surtout l'agressivité, la violence, de certains militants du PCF (" la petite là bas je vais lui casser la gueule" de l'un envers moi après que j'aie évoqué le texte de Claude Debons et les débats des communistes sur le net, transmis avant la réunion par mail ; l'agressivité envers les instituteurs, les classes moyennes, "petits bourgeois ne comprenant rien aux prolétaires", etc). 

 

J'ai pu vivre hier, dans une réunion hors section, le très dur combat au sein du PCF, auquel la section de Montfermeil à laquelle j'appartenais jusque juillet 2006 ne m'avait pas habituée malgré les divergences s'y exprimant.  

 

Aujourd'hui et alors qu'une AG est prévue samedi pour la section de Paimpol avec pour ordre du jour l'organisation de la campagne pour MGB, bien que l'on m'ait incitée à y exprimer ma position (garder espoir en une réelle union à gauche et différer pour le moins un soutien à la candidature de MGB) j'hésite de plus en plus à rejoindre cette section et à participer à la réunion prévue, à rester au PC.

Les débats doivent exister, les opinions divergentes s'exprimer, mais je refuse de me faire agresser au sein d'une organisation de "camarades". Mes amis sur cette liste m'ont convaincue de rester au sein du parti pour combattre de l'intérieur le réactionnisme qui y règne, mais concrètement, en province, comment faire ???? 

Merci de m'avoir lue et des idées que vous m'apporterez  

 

Sophie Escherich

 

 

Bonjour Camarade,

 

 

Je suis 1 des 321 communistes de l'Isère qui ont voté pour le retrait de MGB. Je trouve vraiment dommage que le Parti qui a été en beaucoup d'endroits un des artisans efficace de la démarche unitaire soit resté arc-bouté sur une position qui le conduit à un échec électoral lourd. 

 

Je reste cependant convaincu d'une chose: tant que le Parti Communiste restera dans l'état de faiblesse actuel, il n'y aura rien de bon à attendre pour tous ceux qui dans ce pays souffrent des politiques libérales mises en oeuvre.  

Ce n'est la première fois que j'exprime une opinion "pas dans la ligne" mais je ne vois pas l'intérêt d'adhérer à une autre organisation. Je ferai campagne pour MGB parce-qu'elle porte un vrai programme alternatif à la politique ultra-réactionnaire du gouvernement actuel. 

 

Je suis peut-être naïf mais je crois qu'il est encore possible d'avancer dans ce parti qui a bien changé depuis que j'ai adhéré en 1972. 

 

Je ne viendrai donc pas à la réunion des collectifs unitaires à Moirans samedi...... mais je ne suis pas sûr d'avoir raison et peut-être que je serai amené à changer d'avis dans quelques mois......  

 

Guy COLOMBINO  

 

 

 

 

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Dimanche 14 janvier 2007 7 14 /01 /2007 22:24

 

Je découvre à l’instant la dépêche Reuters qui se trouve à la Une du site du Monde et vient d’être reprise sur d’autres médias. Elle reprend une interview que j’ai donné au Journal du dimanche et que vous trouverez ci-dessous pour comprendre mon hallucination ! La dépêche est intulée : “Clémentine Autain n’exclut pas un soutien à Ségolène Royal”. Cela ne correspond en rien à ce que j’ai répondu au journaliste du JDD. Ma position est claire, depuis longtemps, et elle n’a pas variée.  

 

Au premier tour, je souhaite une candidature antilibérale unitaire. Il n’est évidemment pas question pour moi, en cas d’échec de cette dynamique en 2007, de me rabattre sur la candidate du PS ! Ca me paraît l’évidence mais, visiblement, il vaut mieux être claire et nette. De la même manière, j’ai toujours dit que j’appellerai à voter contre la droite et l’extrême droite au second tour. Si c’était Ségolène Royal la candidate de gauche de second tour, oui, je voterai pour elle : c’est vraiment pas un scoop. Dans les collectifs, nous avons toujours dit que nous ne mélangions pas droite et gauche. Ce que nous visons, c’est que le candidat ou la candidate de gauche présent au second tour soit antilibéral. Enfin, je précise pour la énième fois - si toutefois une ambiguité existait-, que je ne participerai pas à un gouvernement dominé par le PS dans son orientation actuelle. C’est la position adoptée par les collectifs et à laquelle j’adhère. Donc, aucun scoop dans mes déclarations.

Clémentine AUTAIN

Lire l’interview du JDD ci-dessous …   

La secrétaire nationale du PCF, Marie-George Buffet, affirme représenter les antilibéraux pour cette présidentielle mais près de 8.000 militants ont d’ores et déjà signé une pétition en faveur de la candidature de José Bové. Où en est-on ?   

Soyons clairs : les Collectifs unitaires pour un rassemblement antilibéral n’ont à ce jour pas de candidat. Après la LCR , le PCF a pris une lourde responsabilité en refusant d’aller au bout de la logique unitaire que nous avions initiée. Un retour en arrière est-il possible ? J’en doute. Mais la pétition en faveur de la candidature de José Bové prouve que beaucoup l’espèrent et refusent d’être orphelins dans cette campagne. Pour ma part, je reste mobilisée pour que toutes les sensibilités de la gauche antilibérale se rassemblent. C’est le seul moyen d’être utile et d’ouvrir une autre voie à gauche.  

 

N’est-il pas trop tard ? 

 

Ne nous y trompons pas : notre responsabilité va au-delà de ce scrutin car la situation dans notre pays nous rappelle chaque jour que notre parti pris antilibéral est juste. Comment faire vivre le droit au logement si on ne s’attaque pas à la spéculation immobilière ? Comment lutter contre les licenciements si on ne conteste pas la loi du profit ? Je serai, avec d’autres, au Forum social mondial à Nairobi la semaine prochaine parce que les alternatives doivent se penser à l’échelle mondiale. J’aimerais que l’on parle de nous pour tous ces combats, pour notre projet commun et non pour nos seules difficultés stratégiques.  

 

N’est-ce pas utopique d’imaginer pouvoir vous retrouver le week-end prochain à Montreuil, moins de 100 jours avant le premier tour ? 

Après le choix du PCF de partir sous sa seule bannière en 2007, il est normal que nous discutions collectivement pour savoir quelle suite donner à notre mouvement. Pouvons-nous par exemple envisager des candidatures unitaires aux législatives ? En tout cas, notre perspective n’est pas morte. L’avenir est au rassemblement de toutes les forces, les traditions, les sensibilités de la gauche de transformation sociale, dans le respect les uns des autres. Notre diversité est une richesse sur le fond. Notre unité est indispensable pour créer une dynamique populaire et déjouer le bipartisme. Nous valons mieux que des rôles de figurants éparpillés à côté du PS.  

 

A défaut de se retrouver dans la candidature de Marie-George Buffet, les antilibéraux ne peuvent-ils se retrouver dans celle de Ségolène Royal ? 

 

Dans cette campagne, Ségolène Royal porte le programme du Parti socialiste. Or, le PS n’a pas décidé de rompre avec les politiques libérales menées depuis vingt-cinq ans dans ce pays. Pour autant, je ne mélange pas droite et gauche, même si j’aimerais bien que Ségolène Royal aide à faire un peu plus la différence entre les deux… Il est en tout cas primordial de battre l’extrême droite et Nicolas Sarkozy.  

 

Est-il envisageable de vous voir dans une éventuelle majorité PS, voire ministre d’un gouvernement de la présidente Royal ?  

 

Etre aux responsabilités, nous y aspirons, mais pas à n’importe quelle condition ! Nous ne serons pas d’une majorité qui accompagne le libéralisme. Par ailleurs, souvenons-nous qu’en 1936, les choses n’ont pu changer que grâce à la conjugaison d’une victoire électorale et d’un mouvement social. Un pied dans les urnes, un pied dans les mobilisations !  

 

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Clémentine Autain n'exclut pas un soutien à Ségolène Royal  

 

Reuters 13.01.07 | 21h27  

 PARIS (Reuters) - Clémentine Autain, figure de la gauche antilibérale, laisse entendre qu'elle pourrait soutenir le camp socialiste à la présidentielle en l'absence de candidat antilibéral. 

"Le PS n'a pas décidé de rompre avec les politiques libérales menées depuis 25 ans. Pour autant, je ne mélange pas droite et gauche, même si j'aimerais bien que Ségolène Royal aide à faire un peu plus la différence entre les deux. Il est en tout cas primordial de battre l'extrême-droite et Nicolas Sarkozy", déclare la jeune adjointe au maire de Paris apparentée communiste dans un entretien au Journal du dimanche. 

Elle ne répond pas non plus négativement à une question sur sa présence comme ministre dans un éventuel gouvernement socialiste. "Etre aux responsabilités, nous y aspirons, mais pas à n'importe quelle condition", déclare-t-elle en se référant au Front populaire. "En 1936, les choses n'ont pu changer que grâce à la conjugaison d'une victoire électorale et d'un mouvement social", déclare-t-elle. 

Après l'échec du mouvement antilibéral à se doter d'un candidat unique et la décision du Parti communiste de partir en campagne seul, Clémentine Autain salue la pétition lancée en faveur d'une candidature antilibérale de José Bové, même si elle dit "douter" de la possibilité d'un "retour en arrière". 

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 samedi 13 janvier 2007, 22h13   

Clémentine Autain veut que Ségolène Royal "aide à faire un peu plus la différence" entre gauche et droite  

PARIS (AP) - Clémentine Autain, adjointe au maire de Paris chargée de la Jeunesse (apparentée PCF), souhaiterait que Ségolène Royal "aide à faire un peu plus la différence" entre gauche et droite, dans un entretien publié dans "Le Journal du Dimanche". 

 

A la question de savoir si les antilibéraux pourraient se retrouver dans la candidature de Ségolène Royal, elle répond que "dans cette campagne", la candidate "porte le programme du Parti socialiste". "Or, le PS n'a pas décidé de rompre avec les politiques libérales menées depuis vingt-cinq ans".  

"Pour autant", poursuit-elle, "je ne mélange pas droite et gauche, même si j'aimerais bien que Ségolène Royal aide à faire un peu plus la différence entre les deux... Il est en tout cas primordial de battre l'extrême-droite et Nicolas Sarkozy".  

Quant à sa présence éventuelle dans un gouvernement dirigé par le PS, Clémentine Autain observe qu'"être aux responsabilités, nous y aspirons, mais pas à n'importe quelle condition". "En 1936, les choses n'ont pu changer que grâce à la conjugaison d'une victoire électorale et d'un mouvement social. Un pied dans les urnes, un pied dans les mobilisations", lance-t-elle. 

Revenant sur l'échec du mouvement antilibéral à se mettre d'accord sur la désignation d'un candidat unique, elle avoue "douter" de la possibilité d'un "retour en arrière". "Mais la pétition en faveur de la candidature de José Bové prouve que beaucoup refusent d'être orphelins dans cette campagne. Pour ma part, je reste mobilisée pour que toutes les sensibilités de la gauche antilibérale se rassemblent". 

"Notre diversité est une richesse sur le fond. Nous valons mieux que des rôles de figurants éparpillés à côté du PS", assure Clémentine Autain. AP

http://clementineautain.fr/2007/01/13/reuters-le-petage-de-plombs/#more-196 

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Lundi 15 janvier 2007 1 15 /01 /2007 08:40
Ce site deviendrait-il le chantier de la division ?
Il a choisi de soutenir MGB, mais dans des termes sur les autres et les collectifs qui laissent songeur.
Il est utile de lire aussi la page initiale qui se référait à la dépêche Reuter concernant l'entretien de Clémentine AUTAIN au JDD
 
Quelques remarques et commentaires :
 
L'agence Reuter a publié une dépêche qui déforme grossièrement le sens d'une interview de Clémentine Autain au Journal du Dimanche: dire que l'on distingue la gauche de la droite et en particulier qu'il faut battre Sarkozy est plus que banal puisque c'est la position affirmée dans le texte Ambition -Stratégie adopté par les collectifs le 10 septembre. Or non seulement  vous ne dénoncez pas ce mensonge , mais vous le relayez en en rajoutant dans la saloperie par l'ajout en gras: dès le premier tour. La référence du démenti de Clémentine Autain est noyée parmi les commentaires qui évidemment s'en donnent à coeur joie face à cette annonce sensationnelle de reniement d'une petite bourgeoise.Cette pratique éclaire d'un jour inattendu le magnifique énoncé du projet politique et culturel du collectif bellaciao que l'on trouve sur votre site: derrière les grandes phrases vous êtes donc capables de vous livrer aux mêmes turpitudes que tous ceux que vous dénoncez. Vous usurpez cette magnifique chanson. 
Message adressé par Gérard BADEYAN à Bellaciao
 
Je pense que si nous nous ne sommes pas en guerre,  les anti-secession du PCF y sont complètement. Ils ont intérêt à saboter tout ce qui essaye de se faire entendre et de se structurer chez nous. Ce site très prisé par les gens de notre tendance est une place forte qu'ils prennent d'assaut. Il n'y a pas que cela, je repense, entre autres, aux problèmes pour obtenir des salles de réunions.
Il faut nous aussi créer un site forum comme le leur. Il y a une bataille de l'information à mener rapidement qu'il ne faut ni négliger ni manquer.
Jean-Blaise LAZARE
 
Sur le site du PCF
 
Marie-George Buffet soutient « bellaciao.org »
Par Bureau de presse - 12 janvier 2007
« Je tiens à apporter tout mon soutien à bellaciao.org, l’un des sites les plus engagés dans les luttes, les combats sociaux mais aussi dans la circulation des idées pour la recherche d’une alternative au libéralisme.
La mise en examen de Roberto Ferrario pour la publication d’un communiqué de la CGT des chantiers navals est une tentative d’intimidation d’un des sites de résistance sociale. Alors que la toile grouille de sites racistes, nauséabond et nazis, cette mise en examen s’attaque à l’un des espaces de libertés et de contestations sociale ».
Marie-George Buffet,
Candidate à l’élection présidentielle
Paris, le 11 janvier 2007
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Mardi 13 février 2007 2 13 /02 /2007 07:04

 

Une centaine de chercheurs en sciences sociales, militants associatifs et syndicaux - notamment Droit au logement, Confédération paysanne, Syndicat de la magistrature, SUD énergie, Survie - praticiens ou artistes, ont mis au point 80 " propositions à débattre d'urgence ".

Effarés par la " platitude " de la campagne présidentielle, ils veulent en " faire exploser " les limites. " Depuis des semaines, les thèmes importants imposés par la situation politique et économique ne sont pas abordés. Le débat porte sur des lieux communs ", dénonce Georges Debrégeas, physicien, vice-président de Sauvons la recherche et autre coordinateur de l'ouvrage. L'urgence à leurs yeux est de réhabiliter la " faisabilité d'une réelle politique de gauche ", à partir d'expertises " qui ne demandent qu'à entrer dans le débat ", insiste Thomas Lacoste. 
 
Les pistes proposées sont inspirées des revendications des mouvements sociaux des dix dernières années. L'ensemble de ces 80 propositions sont " discutables et amendables ", assurent encore les auteurs. Un site Internet leur est dédié (www.lautrecampagne.org) et un film mettant en scène le regard des auteurs sur la campagne officielle est en préparation. " Nos idées sont libres de droit ", expliquent encore les deux coordonnateurs de l'initiative, qui espèrent que " les candidats vont s'en saisir ".

 

 

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Mardi 20 février 2007 2 20 /02 /2007 07:28

Céline Braconnier et Jean-Yves Dormagen ont enquêté cinq ans sur la démobilisation électorale, à Saint-Denis. En pointant la «malinscription» ou le «coût» de l’acte électoral, ils dessinent les contours de La Démocratie de l’abstention (Folio Actuel).

 

 

 

En quoi l’abstention de plus en plus importante aux scrutins présidentiels marque-t-elle un tournant ?

 

 

En France, l’abstention progresse fortement à partir de la seconde moitié des années 1980. Dans un premier temps, elle touche principalement les élections de « second ordre » (Européennes, cantonales…). Mais jusqu’en 2002, les présidentielles sont relativement épargnées : en 1995, la participation est encore de 79 %.

 

Le 21 avril 2002 est bien une date importante dans l’histoire électorale de notre pays. En raison de la qualification de Jean-Marie Le Pen au second tour du scrutin. Mais aussi parce que la participation n’avait jamais été aussi faible à un scrutin présidentiel : 71,6 %.

 

Et cette abstention touche en premier lieu les milieux les plus populaires. Dans une cité comme les Cosmonautes, moins d’un habitant sur deux s’est déplacé, au premier tour, pour élire le dernier président de la république.

 

Le constat s’impose de lui-même : la France devient une démocratie de l’abstention. Et cette abstention touche en premier lieu les milieux populaires, qui pèsent ainsi de moins en moins sur le résultat des élections. C’est un phénomène nouveau. Et c’est une évolution majeure de notre civilisation électorale.

 

Selon votre livre, la démobilisation électorale touche en premier les classes populaires ?

 

Les ouvriers et les employés constituent une majorité sociale et, de plus en plus, une minorité électorale. On le voit bien quand on réalise une enquête de terrain pendant 5 ans dans une cité de la banlieue Nord de Paris. Aux Cosmonautes, il y a environ 700 Français de plus de 18 ans. Et il n’y a eu que 147 votants aux Européennes de 2004, 290 au Referendum sur la constitution européenne de 2005… sur 700 électeurs potentiels. Et l’on entend ici et là que la campagne aurait suscité l’intérêt des Français et que la participation aurait été élevée…

 

De manière générale, on estime que le quart des habitants des Zones Urbaines Sensibles n’étaient pas inscrits sur les listes électorales au moment des présidentielles de 2002.

 

 

 

Quels effets ont eu les appels, de rappeurs par exemple, à l’inscription ?

 

Même si les chiffres ne sont pas encore disponibles, il y a eu une reprise des inscriptions sur les listes en 2006. Le mouvement était déjà perceptible en 2005 dans les quartiers « sensibles », à la suite des émeutes.

 

On manque de données et de recul pour interpréter un tel phénomène. Mais peut-être va-t-on assister-t-on à une remobilisation ?

 

Les associations et les rappeurs ont probablement joué un rôle, en particulier en contribuant à faire émerger la question dans les médias.

 

 

 

D’autres facteurs ont-ils pu jouer ?

 

Sur la jeunesse des cités, le souvenir du 21 avril 2002 ou certains propos de Nicolas Sarkozy ont pu également produire de l’inscription. La candidature de Ségolène Royal mobilise aussi, semble t-il, les jeunes filles de ces quartiers.

 

 

 

Parlez-nous du phénomène des « malinscrits »…

La malinscription, c’est être inscrit, mais dans un autre quartier ou une autre ville que ceux où l’on réside effectivement. Donc ne pas pouvoir voter près de chez soi. L’ampleur de ce phénomène est encore plus difficile à établir que celle de la non inscription.

 

Ils nous a fallu plusieurs semaines d’enquêtes pour nous rendre compte que 28 % des inscrits au bureau de vote du quartier des Cosmonautes n’habitaient plus, en réalité, dans la cité. Or, les malinscrits votent beaucoup moins que les autres. Il faut des scrutins de haute intensité, tel que le second tour Le Pen/Chirac pour qu’une partie d’entre eux fassent l’effort de se déplacer jusqu’au bureau de vote d’un quartier où ils n’habitent plus.

 

 

 

Vous soulignez le « coût rédhibitoire » de l’inscription ?

Le coût est proportionnel à la distance que chacun entretient avec le monde institutionnel. Distance géographique, dans les quartiers écartés du centre ville et qui ne disposent pas de mairie annexe à proximité. Mais aussi distance d’ordre symbolique. Quand on hésite à se rendre au guichet d’une administration parce qu’on redoute, d’y être méprisé ou victime de racisme, alors le coût à payer pour être inscrit devient vite rédhibitoire.

 

 

 

Les sondages sont-ils inadéquats pour rendre compte de la réalité du vote ?

Nous le pensons. Les refus de répondre sont extrêmement élevés. Par ailleurs, beaucoup de sondés dissimulent leurs préférences politiques et leurs attitudes effectives. Pour prendre deux exemples, nous avons appelé tous les habitants de la cité présents sur l’annuaire téléphonique et seuls 13 % de ceux qui nous ont répondu ont reconnu ne pas être inscrits sur les listes électorales. Deux fois moins que dans la réalité. De même, au cours des 13 sondages que nous avons réalisés entre 2002 et 2006, et alors que notre dispositif garantissait le secret des réponses, nous n’avons jamais eu par ce biais plus de deux électeurs reconnaissant donner leurs voix au Front National.

 

 

 

Si on prend en compte les non-inscrits, mal-inscrits, abstentionnistes, votes blancs, votes nuls, que représentent les votes exprimés par rapport aux votes potentiels ?

Dans un quartier comme les Cosmonautes, les votes exprimés sont largement minoritaires par rapport aux votes potentiels : alors qu’il s’agissait d’élire le président de la République et un député à l’Assemblée nationale, c’est en moyenne moins d’1 électeur potentiel sur 2 qui s’est rendu aux urnes à chaque tour de scrutin du printemps 2002.

 

Au niveau national, ce sont 4 électeurs potentiels sur 10 qui ne sont pas allés voter aux quatre tours de scrutins du printemps 2002. Sur la dernière séquence Présidentielle/Législative, les non votants n’étaient pas très loin d’être majoritaires. À cela, on peut, en plus, ajouter, les votes blancs et nuls : 3,4 % le 21 avril 2002.

 

En résumé, à peine plus d’un électeur potentiel sur dix a voté pour Jacques Chirac, au premier tour des dernières élections présidentielles.

 

 

 

Certains réclament la prise en compte du vote blanc dans les suffrages exprimés pour contrer la démobilisation…

Il est difficile pour des sociologues de se livrer à des prédictions de ce type. Mais il ne nous semble pas que la mesure puisse avoir des effets significatifs. Ce n’est pas une demande que l’on enregistre dans les dizaines d’entretiens réalisés aux Cosmonautes, ainsi que dans d’autres quartiers populaires. Dans ce type de quartiers, les bulletins blancs sont d’ailleurs peu nombreux. Il serait assez paradoxal de penser que l’on va remobiliser les quartiers sur la base du vote blanc

 

En milieu populaire, ce qui domine c’est l’indifférence pour la politique.

 

Et ce que montrent les études c’est que plus les affrontements politiques étaient clairs et marqués, plus les clivages étaient forts et plus cet indifférentisme avait des chances de reculer. Les 6 alternances gauche/droite entre 1981 et 2002, ont été assez largement perçues comme étant sans alternative, comme n’entraînant aucune amélioration. Ce désenchantement politique a renforcé encore l’indifférentisme.

 

 

 

Vous soulignez la dimension « collective » du vote…

Plus on est indifférent à la politique, plus on a besoin d’être entraîné – quasi physiquement - pour aller s’inscrire ou voter. Longtemps, les espaces de travail et les quartiers populaires, parce qu’ils étaient encadrés par les syndicalistes et les militants, ont été des territoires où l’on votait beaucoup. Aujourd’hui, ceux qui votent le font encore souvent en groupe mais la famille et les amis sont désormais les seuls à exercer des pressions civiques. Le travail politise beaucoup moins qu’avant. Et le travail précaire ou l’absence de travail encore moins. Sans compter que les familles elles-mêmes n’échappent pas à la fragilisation et à la déstructuration. Nous avons vu des femmes cesser de voter après un divorce, des enfants ne voter qu’en présence de leurs parents. L’abstention contemporaine dans les milieux populaires, c’est le prolongement dans l’ordre électoral de la déstructuration des liens sociaux.

 

 

 

Certains partis sont-ils particulièrement pénalisés par l’abstention ?

Le non vote – non inscription plus abstention – est tout particulièrement important en milieux populaires. Donc le non vote pénalise ceux qui s’adressent, en priorité, aux milieux populaires. Aujourd’hui, il y a un vrai avantage concurrentiel à représenter les couches moyennes-supérieures et les segments les plus âgés de la population. C’est sans doute ce qui explique que la droite, mais aussi une partie de la gauche, aient des programmes en matière fiscale qui ne favorisent que la minorité la plus favorisée. Parce que cette minorité sociale est sureprésentée dans les urnes.

 

De même, les milieux populaires, lorsqu’ils votent, donnent majoritairement leurs suffrages à la gauche. En l’absence d’étude précise sur cette question, on peut faire l’hypothèse que la démobilisation électorale pénalise, en premier lieu, la gauche, ainsi que le Front National, dont l’électorat, peu diplômé en moyenne, est, sans doute l’un des plus prédisposés à l’abstention.

 

 

 

Quels risques peut présenter cette situation ?

Une évolution à l’américaine : le basculement dans l’abstention massive et durable des milieux populaires, et l’émergence d’une démocratie au sein de laquelle il n’est plus rentable politiquement de chercher à représenter les employés et les ouvriers. Et dans laquelle, bien évidemment, les programmes et les politiques publiques visent, en priorité, à satisfaire les intérêts de ceux qui votent, c’est-à-dire des plus privilégiés, classes moyennes et supérieures.

 

 

 

Quels autres moyens ont les classes populaires pour faire entendre leur voix ?

Contrairement à ce que l’on croit parfois, les modes d’expression politique ne se concurrencent pas, mais se cumulent. Ce sont, en général, les mêmes qui votent, et parfois signent des pétitions, voire manifestent et – même si c’est de moins en moins - font grève. On le voit bien avec les fonctionnaires qui sont des votants et qui savent aussi se faire entendre par le recours à la manifestation ou à la grève.

 

À l’inverse, les plus précarisés n’ont guère de moyens de « se faire entendre ». Ils sont nombreux à ne pas voter et ne sont, en général, pas en situation de recourir aux formes les plus conventionnelles d’actions collectives, comme les grèves et les manifestations. Entre autres, parce qu’il n’y a plus d’encadrement politique dans les quartiers populaires et parce qu’il n’y a presque plus de syndicats dans le secteur privé.

 

Dans un tel contexte, il ne faut pas s’étonner d’assister à des « émeutes » en banlieue. C’est finalement l’un des seuls répertoires d’action encore disponible pour une partie de la population de ces quartiers. Il ne requiert aucune forme d’organisation. Il exprime une révolte, sans pour autant porter de revendication. Il est « protopolitique ».

 

 

 

Recueilli par Anne Kerloc'h et Arnaud Sagnard

Sur le même sujet, voir "En banlieue, « la politique est un spectacle ésotérique »"Article paru dans l'édition du 14.02.07

 

 

- Publié dans : débat
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Dimanche 4 mars 2007 7 04 /03 /2007 11:25
Les " trente glorieuses ", c'est terminé. La social-démocratie doit désormais se penser dans le cadre de la mondialisation
Le fait que Ségolène Royal ait récemment insisté sur la nécessité de penser la gauche du XXIe siècle au moment où l'appareil du PS tente de s'impliquer davantage dans sa campagne ne relève pas du hasard. La candidate sait qu'elle ne saurait gagner sans un parti. Mais elle sait aussi que son succès passe par la propagation de son propre message en surimpression du discours d'un PS idéologiquement usé. Mais qu'est-ce au juste qu'une gauche du XXIe siècle ? On peut formuler ici quelques propositions qui pourraient la définir.
La première consiste tout d'abord à dire et redire que le changement social dont parle tant la gauche ne saurait se penser sur le mode du retour à l'équilibre des " trente glorieuses ". Ce modèle conciliait stabilité de l'emploi, régulation étatique forte, construction des compromis sociaux dans un cadre purement national. Certes, à l'époque, la gauche dénonçait ce modèle comme un produit du capitalisme monopoliste d'Etat où la bourgeoisie s'abritait derrière l'intérêt général pour défendre ses intérêts de classe. Plus grave encore, elle refusait systématiquement l'appellation de " social-démocrate " qu'elle jugeait infamante par crainte de ce que Léon Blum appelait, après le congrès de Tours, le " qu'en-dira-t-on communiste ".
La conséquence de cette logique, où la gauche réformiste a toujours peur d'être qualifiée de capitularde par des gens qui n'assumeront jamais les responsabilités du pouvoir, est simple : elle se croit obligée de tenir sur le monde un discours pessimiste, à ne voir dans ce qui se passe sous nos yeux qu'inégalités et dérèglements sociaux, à n'assigner aux bouleversements en cours qu'un sens négatif et inquiet. Son seul objectif est alors de reconstruire ce qui a été détruit par le libéralisme avec tout ce que cela implique comme conservatisme et nostalgie. Nous avons ainsi aujourd'hui une gauche dont le discours est le plus maximaliste de toute l'Europe dans le pays le moins libéral d'Europe. Or, tant que cette gauche n'aura pas rompu avec cette vision purement pessimiste du changement social, tant qu'elle ne voudra pas montrer qu'il y a dans le monde actuel des potentialités, elle continuera à décevoir ses électeurs car chacun sait que le retour aux " trente glorieuses " n'est ni possible ni souhaitable.
La gauche a besoin de penser le changement social sur le mode de la contingence plutôt que sur celui du déterminisme. Il lui faudrait d'une manière ou d'une autre se libérer de l'héritage de Pierre Bourdieu dans ce qu'il a de plus figé, défensif, et en définitive, conservateur. Dire à haute et intelligible voix que la gauche n'a plus pour horizon politique le retour aux " trente glorieuses " constituerait un acte révolutionnaire et fondateur pour une gauche du XXIe siècle. En disant cela, la gauche ferait enfin son aggiornamento idéologique sans coût politique excessif. Elle romprait avec la tentation conservatrice qui est la sienne depuis maintenant plus d'une décennie.
Le deuxième axe fort d'une gauche du XXIe siècle devrait se construire autour d'une redéfinition du rôle de l'Etat par rapport au marché. Or, là encore, la tâche est titanesque, d'une part, parce que la vénération de l'Etat est très ancrée dans une société qui a rompu avec Dieu pour mieux lui substituer l'Etat. D'autre part, parce que nous appartenons à un pays où l'inculture économique de nos élites politiques et intellectuelles conduit à penser que raisonner économiquement revient à comploter socialement.
Ce faisant, la gauche et l'extrême gauche ont totalement abandonné toute critique sociale de l'Etat face à ce qu'elles considèrent comme la tâche prioritaire : la lutte contre l'ennemi libéral. Or l'Etat est lui aussi un formidable producteur d'inégalités sociales, spatiales et régionales. Si notre système éducatif est devenu si inégal, si nos députés ne comptent que trois personnes issues du monde ouvrier alors qu'ils étaient 100 en 1970, si les inégalités régionales de notre système hospitalier sont si flagrantes, ce n'est pas à cause des dégâts du libéralisme, mais bien parce que l'Etat et les institutions qui émanent de lui sont des producteurs d'inégalités. Le fait que la fonction publique soit devenue une source de reproduction sociale pour les enfants de fonctionnaires et que les enfants d'immigrés en soient largement exclus est un fait accablant.
Une gauche modernisée devrait donc reprendre le chemin de la critique sociale de l'Etat. Cette critique n'est bien évidemment pas contradictoire avec une critique du marché. Mais la critique du marché doit être qualifiée, étayée, précisée et non pas seulement postulée. Croire que le bien public s'identifie mécaniquement à la propriété publique est tout simplement une vieillerie. On peut parfaitement défendre le bien public sans forcément recourir à la propriété publique : un exemple, les transports urbains. Dans toutes les villes de France sauf trois, ces transports sont assurés par des opérateurs privés, liés aux municipalités par des contrats intégrant des obligations de service public. Qui s'en plaint ? Nous savons par ailleurs que l'appel à des ressources privées peut renforcer le bien public. Si les universités étaient plus autonomes, si elles avaient les moyens d'acquérir par elles-mêmes des ressources propres, si les frais d'inscription dans les universités étaient relevés en échange d'un système de prêts étudiants à taux zéro, nous aurions une université plus compétitive et plus égalitaire.
La troisième façon de penser une gauche du XXIe siècle consisterait à toujours penser les mécanismes de redistribution parallèlement aux mécanismes d'incitation. Or sur ce plan la gauche accuse un retard conceptuel phénoménal car, pour elle, la redistribution, c'est l'Etat, et l'incitation, c'est le marché. Il est gravissime que des responsables de gauche continuent à se livrer à une surenchère sur le smic qui a pour inconvénient de freiner l'entrée sur le marché des travailleurs non qualifiés et d'écraser la pyramide des salaires. Croire que plus on redistribue, plus on réduit les inégalités relève d'une vision non seulement dépassée mais erronée.
Enfin, il y a une quatrième façon de penser la gauche du XXIe siècle : c'est celle qui consiste à voir dans la mondialisation non pas simplement une machine à détruire et à uniformiser, mais à enrichir et stimuler. Il faut dire et redire que la mondialisation est avant tout un processus de redistribution de la richesse et de la puissance dans de nouveaux espaces. Elle consacre la fin de la rente de l'Occident sur le monde. Et de cela il est insupportable de voir des forces de gauche s'inquiéter. Il ne faut sur ce point jamais perdre de vue que c'est sur son refus d'accepter la décolonisation que la SFIO s'est fracassée. Et que même si tout n'est pas comparable, il serait grave et inquiétant que la gauche française en vienne à tant craindre d'un changement planétaire qu'elle ne parvient pas à comprendre.
Dans la plupart des pays européens, les forces de gauche portent sur la gauche française un regard navré, celle d'une gauche nationale, repliée sur l'Hexagone et parfaitement indifférente au sort du monde. L'élection présidentielle est la seule élection qui permet à la gauche d'espérer gagner, malgré la faiblesse d'un Parti socialiste impréparé à penser le monde de demain. Ce paradoxe ne s'explique que par la personnalité de son candidat, qui offre l'avantage d'avoir une vision postidéologique du monde.
Zaki Laïdi
Chercheur au CERI
 in Le Monde du 3 mars 2007
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