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Lundi 7 mai 2007 1 07 /05 /Mai /2007 07:42

Déclaration des Communistes unitaires



Face au danger Sarkozy,
unité de la gauche d’alternative

Sarkozy est président de la République. Ce soir, liberté, égalité et
fraternité sont en danger.

Il veut maintenant mettre en œuvre son projet de société ultralibérale
et sécuritaire: précarisation de toutes les sphères de la vie, mise en
opposition de tous contre tous.

Il faut tout faire pour empêcher que Sarkozy bénéficie d’une assemblée
à sa botte: c’est notre priorité.

Il est urgent que les forces de gauche réfléchissent: leur échec et la
victoire de Sarkozy reposent sur le dévoiement des aspirations au
changement. La division des forces antilibérales, l’affadissement de la
gauche, le programme d’inspiration sociale-libérale de Ségolène Royal
ont laissé le champ libre à la démagogie effrénée et populiste.

Plus que jamais, il faut élire des députés de résistance, partenaires
des luttes et de la construction d’une alternative progressiste. Il
faut de toute urgence réaliser l’unité des forces antilibérales,
désigner partout des candidatures unitaires.


Saint-Denis, le 6 mai 2007, 20 h 30
Par administrateur
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Jeudi 3 mai 2007 4 03 /05 /Mai /2007 22:58
Le 21 avril, les héritiers du Parti communiste italien ont décidé de dissoudre leur formation, les Démocrates de gauche, et de fusionner avec les ex-démocrates-chrétiens. La fin d'une époque.
 
Le marteau et la faucille prenaient depuis longtemps la poussière dans le magasin aux accessoires de l'ancien Parti communiste italien (PCI). Lors du congrès des Démocrates de gauche (DS), du 19 au 21 avril à Florence, les héritiers d'Antonio Gramsci et d'Enrico Berlinguer ont également rangé le drapeau rouge et L'Internationale sur le rayon des souvenirs. Le décor du palais des sports où ont siégé les 1 500 délégués DS tirait sur l'orange, la couleur des révolutions d'aujourd'hui. Une chansonnette italienne censée ouvrir de nouveaux horizons, Le ciel est toujours plus bleu, clôturait le rendez-vous.
 
Plus aucune trace, ni dans les symboles ni dans les paroles, du passé communiste au moment de l'ultime mue. En votant leur dissolution et leur fusion avec les centristes de gauche de La Marguerite, un mouvement d'inspiration démocrate chrétienne, en vue de fonder une formation réformiste modérée, les Démocrates de gauche ont, de l'avis unanime de la presse italienne, " signé la clôture définitive de l'expérience historique ouverte en 1921 à Livourne ". C'est là qu'était né le PCI, d'une scission du Parti socialiste italien (PSI).
 
Dirigé par Amadeo Bordiga, puis Antonio Gramsci, le nouveau parti est interdit en 1926 par le régime fasciste. Il renaîtra le 15 mai 1943, et Palmiro Togliatti, son chef clandestin depuis 1927, restera à sa tête jusqu'à sa mort, le 21 août 1964. Dès 1956, avec les événements de Hongrie, le PCI ouvre " une voie italienne vers le socialisme ". Une prise de distance à l'égard du grand frère soviétique qui s'affirmera avec Enrico Berlinguer. Elu secrétaire en 1972, cet élégant gentilhomme sarde adopte la ligne " eurocommuniste ", qui conduira à la rupture avec Moscou en 1981.
 
Cette époque marquera l'apogée de l'influence du PCI : aux élections législatives de 1976, il réunit 34,4 % des suffrages. La plupart des dirigeants de gauche, et même de droite, ainsi que nombre d'intellectuels de cette génération, ont été proches de cette culture, sinon membres du parti. L'Italie était partagée - plutôt que divisée - entre ce poids lourd et son pendant au centre droit, la Démocratie chrétienne (DC).
 
Pour nombre d'observateurs, les postcommunistes de 2007 et les héritiers de la DC sont en train de réaliser, sur un mode mineur, le fameux " compromis historique " entre les deux cultures politiques du pays dont avaient rêvé Enrico Berlinguer et Aldo Moro, et que ce dernier paya de sa vie en 1978, assassiné par les Brigades rouges.
 
" Ce fut une tragédie, maintenant nous sommes dans une farce qui s'annonce pire qu'une tragédie ", a écrit, après le congrès de dissolution des DS, Il Manifesto, un journal de gauche qui continue d'accoler à son titre la mention " Quotidien communiste ". Son fondateur, Valentino Parlato, exclu du PCI en 1969 pour avoir critiqué l'URSS et notamment l'invasion de la Tchécoslovaquie en 1967, estime que " c'est la dernière des retraites commencées par celle d'Achille Occhetto ". Alors secrétaire du parti, ce dernier a annoncé, le 12 novembre 1989 devant la section de Bologne, quelques jours après la chute du Mur de Berlin, le début de la fin du PCI, bientôt dissous et transformé en 1991 en Parti des démocrates de gauche (PDS). Le chêne est son symbole, mais, dans un coin du logo, le drapeau rouge marqué de l'étoile, de la faucille et du marteau résiste encore.
 
Malgré le succès de la gauche aux législatives de 1996, le PDS de Massimo D'Alema, premier parti de la coalition de L'Olivier (21,1 % des voix), ne survit pas à la crise du gouvernement Prodi. Les DS naissent en novembre 1998 sous la conduite de Walter Veltroni, aujourd'hui maire de Rome et favori pour la direction du futur Parti démocrate. Mais, en 2007, les " reliques " communistes cèdent la place, sous le chêne, à l'oeillet socialiste et aux étoiles de l'Union européenne. " Ces retraites successives n'ont rien eu de stratégique, insiste Valentino Parlato à la " une " de son journal. Celle de Florence est une retraite politique et culturelle sans principe et sans issue, sauf celle de laisser la voie ouverte à une non improbable vague de droite. "
 
Invité au congrès des DS, Silvio Berlusconi a applaudi le discours du secrétaire Piero Fassino : " Si c'est cela le Parti démocrate, à 95 % je suis prêt à m'y inscrire aussi, s'est exclamé " Il Cavaliere ". J'ai entendu un positionnement social-démocrate qui, sur certains points, est carrément libéral ; je suis d'accord avec la politique sociale dont a parlé le secrétaire des DS. " Ce dernier a évoqué " la nécessité historique " d'une évolution " pour ceux de nos enfants qui n'ont connu que la paie en euros et qui n'étaient peut-être pas nés à la chute du Mur ".
 
Ce recentrage a été refusé par l'aile gauche des DS. Il y a eu des pleurs et des embrassades, comme à chaque rupture dans la famille communiste, quand Fabio Mussi, leader d'un courant qui représente environ 15 % des militants, a pris acte de " la faillite politique du défi né avec la fin du PCI ".
 
Quelques jours avant le congrès de Florence, Gavino Angius, l'un des " historiques " du mouvement postcommuniste (vice-président du Sénat, il fut chef de groupe des DS), comparait " l'expérience ratée " des DS à une mission spatiale : " Nous étions partis pour une grande entreprise, mais nous avons échoué, et notre problème est de rentrer vivants à la base, expliquait-il au Monde. Si on ne trouve pas le bon angle de rentrée, on est condamnés à se désintégrer. Or le Parti démocrate n'est pas la bonne trajectoire, c'est la dispersion des forces socialistes. "
 
Après quelques jours de réflexion, ce Sarde tendance Berlinguer a décidé lui aussi de s'éjecter dans " le grand vide à gauche ". Rejoindra-t-il l'autre dissident, Fabio Mussi, qui annonce pour le mois de mai la création d'une nouvelle force à gauche ? En 1991, la minorité du PCI avait fait sécession pour créer le Parti de la refondation communiste (PRC), dit " Rifondazione ".
 
Avec le Parti des communistes italiens (PDCI), né d'une scission ultérieure, le vote communiste a encore pesé plus de 10 % aux législatives de 2006. Rifondazione a déjà proposé un " regroupement familial " sur la base de l'antilibéralisme, du pacifisme et de la laïcité.
 
Dans le centre de Rome, sur la façade de la section historique des Démocrates de gauche, via dei Giubbonari, il y a deux plaques. On s'apprête à troquer celle des DS contre celle du PD. Mais l'autre, celle qui indique " PCI, section Regola Campitella ", avec la faucille et le marteau gravés dans la pierre, pas question de la déboulonner. " C'est exclu, gare à celui qui essaiera ", avertissent les dirigeants locaux. C'est un souvenir.
 
Jean-Jacques Bozonnet
 
© Le Monde
 
 
 
Publié dans : presse
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Jeudi 3 mai 2007 4 03 /05 /Mai /2007 22:53
 

Vous les plus purs que d’autres, les plus intelligents que d’autres, vous les plus subtils, vous les cohérents, vous les fins stratèges, vous allez faire ça ? Vous, les à qui on ne la fait plus, les durs du cuir, vous allez vraiment, en ne votant pas pour elle, voter pour lui?

Vous allez vraiment faire ça ? Vous allez le faire ?

Vous, les vrais de vrais de la gauche vraie, vous allez faire ça ? Pour cinq ans ! Pour cinq ans, peut-être dix, vous allez faire ça ?

Vous, les toujours déçus de tout, vous les amers, les indécis décidés, les laves plus blancs que blanc vous allez faire ça ?

Mais pourquoi ? Parce que quoi ? Parce que jupe ? Parce que  talons hauts? Parce que voix ? Parce que sourire, cheveux, boucles d’oreilles? Parce que vraie ?

Il n’y a rien qui vous aille dans son programme à elle, rien ? Pas cinquante propositions sur les cents ? Pas vingt ?  Pas dix ? Pas une ? Vraiment, rien du tout ?

Trop de quoi ? Pas assez de quoi?

Pas assez à gauche ? On voudrait, quitte à tout perdre, une campagne à gauche toute ?

Mais même l’extrême gauche, cette fois-ci, au deuxième tour ne joue plus à ce jeu-là. Peu importe, vous, vous allez y jouer ?

Le résultat du 21 avril 2002 ne suffit pas ? Non. On le refait en 2007, mais en mieux. Pas au premier tour, non, carrément au deuxième. C’est plus chic.

Que ceux qui ressemblent à Nicolas Sarkozy, ou qui croient qu’il leur ressemble, que ceux-là votent pour lui, quoi de plus normal. Que ceux qui lui font sincèrement confiance pour améliorer leurs dures vies, que ceux-là l’acclament et votent pour lui, quoi de plus normal. C’est même estimable.

Que les grands patrons votent Nicolas Sarkozy, pas tous d’ailleurs, loin s’en faut, non, mais par exemple les grands patrons de presse,  qu’on a vu se si nombreux, si heureux, à Bercy avant hier, qu’ils votent pour leur copain, qui va vraiment améliorer leurs belles vies, c’est moins estimable, mais quoi de plus normal ?

Mais vous, une respiration possible, un air nouveau, un espace de travail politique, une chance espiègle, ça ne vous dit rien ? Vraiment rien? Mais qu’est-ce qui vous fait si peur ?

Les Italiens ont enfin chassé Berlusconi, les Espagnols, après une grande douleur révélatrice, se sont débarrassés  d’Aznar, et voilà que nous, à quelques milliers de voix près, nous allons repasser le plat de la droite dure ? 

Il y a un pari à prendre contre une certitude sombre, et vous ne pariez pas ?

Quels désirs obscurs allez-vous satisfaire ? De qui donc, de quoi êtes-vous secrètement solidaires. Ce ne peut-être du bien de ceux qui ont besoin, vitalement, de mieux être. Vitalement. Maintenant.

Supporterez-vous dimanche soir d’apprendre  qu’il a manqué une voix ? Une seule. La votre.

Je vous en supplie.

 

Ariane Mnouchkine

Publié dans : Enjeux électoraux
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Lundi 30 avril 2007 1 30 /04 /Avr /2007 11:24
Ils en étaient convaincus. Le " non de gauche ", lors du référendum du 29 mai 2005, à la Constitution européenne préfigurait une recomposition à gauche. L'élan unitaire, les discussions entre des courants qui se regardaient jusqu'alors en chiens de faïence, l'étonnante mobilisation citoyenne ouvraient un espace à la gauche du Parti socialiste. Et l'élection présidentielle allait leur donner l'occasion de concrétiser cet espace. Deux ans plus tard, c'est la douche froide. Avec seulement 9 % des voix au premier tour de l'élection présidentielle, les cinq candidats de la gauche radicale - Olivier Besancenot (Ligue communiste révolutionnaire), Marie-George Buffet (Parti communiste), Arlette Laguiller (Lutte ouvrière), José Bové, Gérard Schivardi (soutenu par le Parti des travailleurs) obtiennent le score le plus bas pour cette sensibilité depuis vingt-cinq ans. En 2002, elle avait recueilli encore 13,8 %.
Si M. Besancenot tire son épingle du jeu (avec 4,08 %), c'est dans une stratégie de négation de la démarche unitaire, encore vantée quelques mois auparavant, et dans l'affirmation d'une candidature de témoignage et de protestation sur un profil politique inchangé.
En mai 2005, tout semblait pourtant sourire à ce panel de gauche rassemblant le PCF, la LCR, des minoritaires des Verts, des membres de l'aile gauche du PS, les Alternatifs, mais aussi des militants altermondialistes, syndicalistes, associatifs. En partageant les mêmes tribunes et en bataillant ensemble, durant des mois, contre cette Constitution jugée " néolibérale ", ils s'étaient découvert plus de points communs qu'ils ne le pensaient. Ils avaient ensemble goûté à l'ivresse des salles pleines, des slogans qui marchent et d'un soutien populaire qu'ils n'attendaient plus. Le résultat avait été au rendez-vous : le non l'avait emporté et, dans ce vote, la gauche était majoritaire. La suite ne fut que rendez-vous manqués, promesses non tenues et dépit amoureux.
En octobre 2005, le premier appel pour une candidature unique à la gauche du PS est signé par une palette d'opposants à la Constitution ainsi que par deux organisations, le PCF et la LCR. Le texte prévient que " rien ne serait pire que la dispersion " à l'élection présidentielle. Un mois auparavant, le " club des cinq " - Mme Buffet, M. Besancenot, M. Bové, Francine Bavay (Verts) et Jean-Luc Mélenchon, sénateur PS et animateur de Pour une République sociale - s'était retrouvé à la fête de l'Humanité. Le premier accroc à l'idylle survient dès janvier 2006 quand le congrès de la LCR avance les premiers pions d'une candidature Besancenot. L'organisation trotskiste soupçonne ses alliés de lorgner vers une alliance avec le PS.
En mars, c'est au tour du congrès du PCF de " soumettre au débat " la candidature de Mme Buffet. Les deux organisations savent pourtant pertinemment qu'un postulant issu d'un parti politique n'a aucune chance d'emporter l'adhésion de leurs alliés. En mai 2006, le second appel, signé de personnalités du mouvement social, n'est soutenu que par le PCF. La LCR se retire déjà sur la pointe des pieds. Fin juin, elle tranche et lance son champion.
Qu'importe ! Le " club " continue jurant que, cette fois-ci, il " joue la gagne ". Différentes figures comme Yves Salesse, de la Fondation Copernic, ou Patrick Cohen-Seat, bras droit de Mme Buffet, assurent, pronostics en main, qu'ils peuvent atteindre un " score à deux chiffres ". M. Bové défend même l'idée que la gauche antilibérale peut " être présente au second tour ". L'objectif est tout tracé : il s'agit de " disputer l'hégémonie du PS sur la gauche ". Mais de véritable projet politique fédérateur, point.
Une ébauche de programme commun - les " 125 propositions ", un catalogue de mesures à prendre par un gouvernement " antilibéral " - est rédigée en septembre. Mais c'est une addition de bouts de programmes, chacun insistant pour son " pitch " (résumé bref qui annonce le projet de film). Le cocktail ne fait pas rêver. Si de nombreux inorganisés rejoignent les collectifs, la " dynamique populaire " invoquée se fait attendre.
LOGIQUES D'APPAREIL
Une étrange course de lenteur pour désigner " le " candidat unitaire commence alors. En plus de Mme Buffet, M. Bové se déclare " disponible " et propose une primaire pour départager les postulants, avant de se retirer en dénonçant les " manoeuvres d'appareil ", mais conscient que son nom ne fait pas l'unanimité. Trois autres candidats - l'adjointe au maire de Paris, Clémentine Autain, le député communiste Patrick Braouezec et Yves Salesse - se déclarent, " pour sortir de l'impasse "... Pendant ce temps, Ségolène Royal est adoubée par le PS et part en campagne. Fin novembre, le PCF lance en solo la candidature de " Marie-George " après que celle-ci a échoué à s'imposer dans les collectifs locaux. La partie semble terminée mais, début janvier, M. Bové, plébiscité par une pétition sur le Web, se présente, assurant être le " trait d'union ". Avec trois candidats se réclamant de la même filiation - le " non de gauche " -, tout est en place pour la Berezina.
Au-delà des batailles d'ego, la croisade était déjà perdue. Les logiques d'appareil ont pesé : le PCF comme la LCR ne voulaient pas laisser passer leur tour, chacun étant persuadé qu'il " incarnait " au mieux la " formidable dynamique du non ". La musique aurait été peut-être différente si chacun n'avait voulu jouer sa propre partition. Mais même alors, cette gauche n'aurait pas réussi à perturber suffisamment le jeu du PS.
Car c'est toute sa construction politique de départ qui s'est révélée fausse : le non au référendum du 29 mai 2005 n'était pas un " non de gauche ", mais un " non à gauche ". Cette expression de refus d'une Europe libérale ne constituait pas une assise politique suffisante pour construire " une alternative crédible", comme ils le souhaitaient tous. La présidentielle approchant, les " nonistes " se sont tournés vers leurs référents politiques habituels, Parti socialiste en tête.
Cette erreur d'appréciation était partagée par le PCF, la LCR et les différents courants de cette gauche radicale : tous ont cru voir muer ce vote de rejet du libéralisme en adhésion à un projet radical. Seule Mme Laguiller, campant sur sa méfiance d'un " vote politiquement flou ", avait mis en garde contre un tel raccourci. Et, le 22 avril, la majorité des " nonistes " de gauche se sont ralliés à Mme Royal. Par défaut de candidature crédible : " Ils ont été incapables de s'entendre ", entendait-on chez les électeurs de cette gauche radicale à la veille du scrutin. Mais aussi parce que l'alternative n'avait toujours pas été définie. L'échec va laisser des traces, et " l'unité " ne se réalisera pas plus aux élections législatives.
 
Sylvia Zappi
In le Monde daté du 29 avril 2007
Publié dans : le rassemblement de la gauche antilibérale
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Lundi 30 avril 2007 1 30 /04 /Avr /2007 11:16
Sept cent mille voix : jamais le PCF n'a compté aussi peu d'électeurs. N'est-ce pas la fin d'une histoire, la mort du Parti communiste ? La ritournelle a déjà été entendue. En réalité, le parti qui a marqué le siècle passé, qui a affecté tant d'histoires personnelles ou familiales, est mort depuis vingt ans. Il s'est effondré au début des années 80. La nouvelle génération avait ouvert les yeux sur les réalités du "socialisme réel". François Mitterrand avait su la séduire. Le PC, muré dans ses certitudes et ses habitudes, s'était délité. Les communistes qui ont vécu la période se souviennent en particulier combien l'année 1984 fut traumatique. Puis, après la chute du mur de Berlin, le PC perdait ses repères géopolitiques. L'entreprise politique qui a survécu à ces bouleversements n'a pas grand-chose à voir avec le parti de masse d'hier, même si la fascination pour une idéologie qui a conduit au totalitarisme et, en fin de compte, l'aveuglement n'ont pas disparu. L'histoire récente de ce parti, qui n'a su sortir du cadre à ses origines, qui n'a pas réussi à renouveler sa façon de penser et faire la politique, est celle d'un déclin irrémédiable.
 
Le piètre score de Marie-George Buffet s'inscrit dans cette évolution de fond. La décomposition du PC était déjà avancée avant le 22 avril. Il avait perdu les quatre cinquièmes de son audience. Ses implantations se sont clairsemées. Toute vie intérieure a disparu en dehors de quelques groupes dirigeants et des événements fabriqués que constituent les congrès ou, depuis quelques années, les "forums", ouverts à tous, maintenant de façon ténue et épisodique un lien sociétal. L'identité du parti, qui n'est certainement plus ouvrière, s'est brouillée. Au socialisme démocratique, qui assurait une discipline de fer, s'est substituée une forme de négociation, de coexistence, sinon de concurrence, entre baronnies, quasi tendance, et parfois entre différents clans ou sectes, qui ont achevé de fragmenter l'organisation. Ainsi, le 22 avril, une partie des élus communistes soutenaient José Bové (et ont assuré la logistique de sa campagne). De même, les "orthodoxes", fidèles au dogmatisme et les "huistes", rénovateurs déçus des années 90, n'ont sans doute pas voté pour la secrétaire nationale du PCF. Les uns déploraient les concessions faites à la gauche de gouvernement ; les autres, trop de radicalisme, sans compter ­ pour les "huistes" ­ la mémoire de l'élection de 2002 et de la liquidation de la "mutation". En effet, après le revers électoral de 2002, la secrétaire nationale du PC ne s'était pas montrée très "sport" avec son prédécesseur.
Le PCF ressemble finalement à un petit Empire ottoman. D'autant plus que ses élus locaux (le PC en revendique encore quelques milliers) se comportent depuis longtemps en entrepreneurs politiques individuels. Leur légitimité et leur réélection dépendent d'abord de leurs réussites gestionnaires (alors que le label PC paraît de plus en plus un repoussoir). Dès lors, ces élus se sentent peu concernés par ce qui se décide à "Fabien", la direction centrale du PC. Le parti "national" et ses élus évoluent donc selon des dynamiques qui leur sont propres. Le premier continue toutefois à s'illusionner sur son rôle dirigeant, sur sa capacité à stimuler des luttes qui lui semblent toujours montantes. Il regarde les nouveaux mouvements sociaux avec les yeux de Chimène. Comment ces militants ­ souvent d'anciens communistes ­ peuvent-ils ne pas se tourner (ou revenir) vers le parti ?
 
Robert Hue avait déjà buté sur la question avant de privilégier une stratégie médiatique opposant la démocratie d'opinion au militantisme sur la base duquel le PC s'était construit. L'évolution était trop cosmétique et l'entreprise trop individualiste pour inverser le reflux. A son tour, Marie-George Buffet va s'efforcer de rendre au PC sa fonction tribunitienne. Dès 2002, elle renie la période de la "gauche plurielle", qu'elle avait loyalement servie en tant que ministre. Elle tente alors de renouer, sur le registre de la compassion et de l'émotion, avec une France qui souffre. Puis, en 2005, le référendum sur le projet de traité constitutionnel européen sera une occasion unique pour relancer le prosélytisme. Mais comment transformer l'essai qui serait marqué ? Le PC se convaincra d'une victoire des "antilibéraux" lors du référendum, bien que le vote "non" ait mêlé des opinions contradictoires. Puis il cherchera à imposer son leadership aux organisations qui se reconnaissent dans l'antilibéralisme. La manoeuvre rappellera la superbe ­ ou la mauvaise foi ­ des années Marchais. De façon pathétique, elle démontrera que le PC, tant dans ses représentations que dans ses pratiques, n'a guère changé. Les ressources financières importantes qu'il a réussi ­ étonnamment ­ à préserver, une certaine mémoire sociale et culturelle dont il apparaît un conservatoire, ont sans doute contribué au leurre. La cartellisation avec le PS, a priori honnie mais électoralement incontournable, permettra-t-elle une nouvelle fois de sauver la mise ? C'est probable. Mais le PS pourrait bientôt avaler les dernières dépouilles du PC.
 
Dominique Andolfatto politologue.
Auteur de PCF, de la mutation à la liquidation , éditions du Rocher, 2005
 
http://www.liberation.fr/rebonds/250762.FR.php
Publié dans : le parti communiste français
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Mardi 24 avril 2007 2 24 /04 /Avr /2007 21:02
Le 19 avril 2006, Francois ASENSI rencontrait Marie Georges Buffet pour échanger de la question des présidentielles. Une note lui était remise à l'issue de cet entretien. Non diffusée jusqu'à ce jour, il nous semble important maintenant de la rendre publique au lendemain du 1er tour des élections présidentielles.
 
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François ASENSI à Marie-George BUFFET
Mercredi 19 avril 2006
 
Objectif de cette rencontre : discuter de la question des présidentielles
·        Un scénario pré-établi : multitude de candidatures, dispersion des voix
Au rythme où vont les choses, on va vers une multitude de candidatures à gauche avec un risque politique évident pour les forces anti-libérales : une dispersion des voix (à ce jour, les sondages créditent la candidature PC à 3-4%).
Les communistes seraient les seuls perdants car les candidatures d’extrême-gauche, d’essence extraparlementaire, relèveront une nouvelle fois du témoignage et s’inscriront dans une tradition établie et par conséquent seront perçues comme naturelles par l’opinion.
·        Le PCF sans marge de manoeuvre, coincé entre l’extrême-gauche et le PS
Il n’est pas exclu que les 2 candidats de l’extrême-gauche soient devant le PC : notre formation serait alors entièrement dépendante du parti dominant, le PS, qui posera ses conditions en échange de quoi il nous garantirait un groupe à l’Assemblée. Le PS fera aussi monter les enchères pour les prochaines municipales et cantonales. Inutile d’insister sur le fait que tous nos efforts de ces dernières années pour affirmer notre autonomie et promouvoir une orientation antilibérale seraient annihilés, accompagnés d’un retour du syndrome de la gauche plurielle.
Aujourd'hui, le PS est dans une telle situation qu’il n’a besoin ni de programme ni de projet : être au second tour (et ne pas refaire 2002) lui tient lieu de stratégie et de programme avec un vote utile qui aurait un effet lessiveuse à gauche.
La situation est d’autant plus facile pour le PS que l’actualité le contraint de s’afficher résolument à gauche (CPE, …).
(A Saint-Denis, j’avais déjà appelé l’attention du Congrès sur ce risque de satellisation perpétuelle autour du PS).
·        Une candidature proposée par le PC n’a de pertinence et de sens que si elle est commune et sur la base d’un projet antilibéral. Ce serait le scénario idéal. Mais si ce rassemblement ne se fait pas, notre candidature se retrouve banalisée et nous n’en tirerions aucun avantage
Dans la configuration d’un projet de rassemblement des forces antilibérales et d’une candidature unitaire, tu restes à mes yeux la meilleure candidate car la plus proche de mes choix politiques.
Cela étant, l’absence d’un rassemblement et d’une candidature unitaire banaliserait notre positionnement politique et placerait notre candidature au même niveau que tous les autres candidats alors que ton crédit et celui du parti acquis lors du 29 mai restent intacts parmi les forces antilibérales et parmi celles et ceux qui se sont engagés derrière le NON à la Constitution. Tu perdrais dès lors ton statut de rassembleuse et de fédératrice.
 
·        Pour les prochaines présidentielles : une démarche politique qui manque de lisibilité pour l’opinion et qui peut se retourner contre le PC
Je ne suis pas convaincu que la recherche de la faute chez les autres, de la diabolisation des autres – apparaissant comme les briseurs de l’unité – sera perçue comme telle par l’opinion (cf. d’ailleurs les résultats de notre diabolisation dans le débat avec le PS dans les années 1970 où nous étions apparus comme des inquisiteurs et avions alors perdu la bataille de l’union).
Il ne faut pas s’attendre à une clarification sur le thème : " j’ai tout fait pour rassembler ; les autres ne voulant pas d’une candidature unitaire, j’ai seule la légitimité. "
Je ne suis d’ailleurs pas certain que le départ de la LCR en juin, qui pourrait être un affichage de principe naturel pour une formation politique cantonnée dans le registre de la contestation, soit pris négativement et que la tienne, trois mois plus tard, positivement : ta candidature pourrait même apparaître comme une candidature de trop du moment qu’un candidat antilibéral aura déjà fait vœu de candidature.
Ne perdons pas non plus de vue que le candidat de la LCR et a fortiori celle de LO, axeront toute leur campagne, et en feront même le fil rouge, autour d’un PCF n’ayant pas tiré les leçons du passé et de la gauche plurielle. Et, en l’état actuel des choses et d’accès aux médias, nous ne serions pas en mesure de corriger une telle stratégie de diabolisation dirigée uniquement contre nous.
·        Un nouveau revers électoral pèserait lourd sur le parti
Si nous réalisons 3, 4, 5%, les thuriféraires d’une candidature identitaire aujourd'hui seront les mêmes à nous reprocher, et surtout à toi, ce résultat : tu seras alors dans une situation similaire à celle de Robert Hue. Cela sera injuste personnellement, mais ce sera aussi excessivement compliqué pour le parti qui portera ce second échec (et le supportera-t-il ?).
·        Assurer la pérennité de la présence communiste, c'est assumer et promouvoir le rassemblement autour d’une candidature antilibérale non nécessairement issue de nos rangs
J’estime que le rôle de la Secrétaire nationale consiste à prendre du recul sur cette élection qui n’est pas la fin de l’histoire – mais qui pourrait bien être celle du parti – et à assurer la pérennité de la force et de la présence communistes demain dans l’espace politique français.
Il faut aujourd'hui rendre toutes les candidatures à gauche du PS inconfortables aux yeux de l’opinion, et plus encore illégitimes.
Il faudra ensuite une initiative forte de ta part, au nom du parti, pour aller jusqu’au bout de tes conclusions du Congrès, à savoir : l’élaboration d’un projet antilibéral, la création d’une dynamique populaire et des candidats de rassemblement pour les présidentielles et les autres élections.
Il y aura nécessairement un passage obligé : une déclaration solennelle forte, présentant l’altruisme et en définitive l’utilité du parti au service d’un projet de transformation sociale et de rassemblement. Il faut être prêt à dire, le moment venu, que la candidature à la présidentielle peut se trouver hors de nos rangs.
Il faudra choisir ce temps fort : nous pouvons travailler sur des comités, des rassemblements à la base et, plutôt qu’une conférence, organiser un congrès extraordinaire.
Publié dans : le parti communiste français
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Lundi 23 avril 2007 1 23 /04 /Avr /2007 06:57
Tous ensemble battre Sarkozy et reconstruire la gauche antilibérale
 
La mobilisation des milieux populaires et des jeunes témoignent d’un très fort intérêt pour l’élection présidentielle, particulièrement de la volonté de se mobiliser contre Nicolas Sarkozy. Au vu du score élevé de Ségolène Royal, l’affaiblissement de l’ensemble de la gauche résulte de la division des forces antilibérales; division qui les a marginalisées. Nous sommes ainsi face au danger que représente le résultat de la droite la plus dure.
 
Le 6 mai, il faut battre Nicolas Sarkozy, éviter la victoire de la droite ultralibérale, sécuritaire et liberticide, empêcher le danger de fracture politique, sociale et démocratique. Nous appelons donc à voter en faveur de Ségolène Royal au deuxième tour. Cet appel n’est empreint d’aucune illusion sur son programme, où l’emportent nettement les recettes social-libérales. Il est indissociable de notre volonté de réponse aux urgences et de construction d’une perspective de transformation.
 
Deux années de luttes, de la victoire du Non au référendum à celle contre le CPE n’ont pas trouvé de traduction électorale, contrairement à ce qui s’est passé par exemple aux Pays-Bas.
 
Le gâchis consécutif à l'explosion de la dynamique unitaire des antilibéraux est avéré. Il se vérifie que leur action ne peut avoir de sens et de force que dans un cadre unitaire.
 
Il n'y a rien de plus urgent que de dépasser la division, la concurrence, les réflexes hégémoniques, les logiques d’appareil ou la rancune: il faut les empêcher d’être des obstacles insurmontables à la construction d'un rassemblement antilibéral.
 
Autre chose était possible avec les citoyens, le mouvement social, les organisations antilibérales. Et autre chose doit maintenant se construire, avec la relance d'une dynamique unitaire aux législatives,et au-delà vers les élections municipales et cantonales. Aucun préalable à la recherche d’unité ne se justifie.
 
L'antidote face au risque de constitution à l'Assemblée nationale d'une alliance entre le Parti socialiste et l’UDF est l'affirmation aux législatives d'un fort courant unitaire, se traduisant par la constitution d'un groupe de députés antilibéraux, refusant toute compromission avec une politique social-libérale.
 
La division ne peut plus durer. Partant du processus existant avec la coordination nationale des collectifs antilibéraux, un cadre unitaire est indispensable, incluant tous les acteurs - organisations, collectifs, militants associatifs et syndicaux, citoyens non organisés... - ayant participé aux différentes campagnes (Besancenot, Bové, Buffet) ou n’ayant pas fait campagne, quel qu’ait été leur vote, en créant les conditions pour que chacun y trouve sa place. C'est en mêlant les différentes cultures dont sont issus toutes celles et tous ceux qui aspirent et luttent pour changer la société, que l'on travaillera le projet politique, que l'on développera une nouvelle culture citoyenne et démocratique. Ce n'est que dans un cadre unitaire que peut s'élaborer une politique alternative.
 
Les Communistes unitaires susciteront et prendront leur part aux constructions unitaires qui se développeront dans les prochaines semaines et les prochains mois, où tous sans exception devraient se retrouver. La concrétisation immédiate et dans la durée d'une telle démarche contribuera à l'ampleur et à la portée des luttes sociales à venir.
 
Saint-Denis, le 22 avril 2007, 21h00
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Lundi 23 avril 2007 1 23 /04 /Avr /2007 06:52
Tout faire pour battre Sarkozy par le vote Ségolène Royal
 
La mobilisation exceptionnelle des électeurs et des électrices a manifesté la volonté d'empêcher la réédition du 21 avril 2002.
 
L'enjeu est à présent clair : au second tour, Nicolas Sarkozy sera tout à la fois le candidat de la droite et de l'extrême droite. Il veut imposer une politique qui représente une grave menace pour les salariés, les jeunes, les femmes, les immigrés, le peuple de ce pays.
La mobilisation de toutes et de tous est nécessaire pour le battre.
Aucune voix ne doit manquer à Ségolène Royal, le 6 mai.
 
La gauche, dans ses diverses composantes, n'a pourtant pas été à la hauteur de la situation.
 Le Parti Socialiste, avec le « pacte présidentiel » porté par Ségolène Royal, n'a pas proposé la politique de rupture avec le libéralisme et avec la logique antidémocratique de la V° République, qui est nécessaire pour répondre aux aspirations populaires.
 
Quant aux forces de la gauche antilibérale, victimes du vote utile,
elles n'ont pas su s'appuyer sur la dynamique du « non » de gauche au traité constitutionnel européen et sur les mobilisations sociales des dernières années, qui se sont poursuivies durant toute la campagne électorale. Elles se sont dispersées dans une concurrence qui à fait perdre à leurs propositions politiques une grande part de crédibilité.
 
Nous nous félicitons du résultat de notre camarade Olivier Besancenot,
mais force nous est en même temps de constater que le total des voix antilibérales à gauche est le plus faible depuis une décennie.
 
Forte de son résultat, il est de la responsabilité de la LCR de prendre dès aujourd'hui, avec la toute la gauche du 29 Mai, des initiatives pour mobiliser toutes les énergies contre Sarkozy, en faisant ainsi entendre l'exigence de la rupture avec le libéralisme,
indispensable si l'on veut vraiment battre la droite. L'appel à la tenue d'un grand meeting de la gauche antilibérale à Paris, et de réunions du même type en province, doit permettre d'amplifier la mobilisation pour battre le candidat de la droite et de l'extrême droite.
 
Au-delà, il est également de la responsabilité de la LCR de prendre l'initiative de rassembler la gauche antilibérale dans l'objectif de construire une réelle alternative à la droite et au social-libéralisme, ce qui passe en premier lieu par la recherche d'un maximum de candidatures communes aux élections législatives.
 
Battre Sarkozy le 6 mai, empêcher la droite d'avoir une majorité à l'Assemblée nationale en juin, redonner son poids véritable à la gauche antilibérale dans l'électorat populaire, en toute indépendance vis-à-vis du social-libéralisme et de ses tentations d'alliance au centre : tels sont les objectifs que défendent les militants unitaires de la LCR.
 
Le 22 Avril 2007, 23h00
 
Christian Picquet, Alain Faradji, Céline Malaisé, Francis Sitel
Membres du bureau politique de la Ligue communiste révolutionnaire
Courant UNIR 100% à gauche de la LCR
 
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Samedi 21 avril 2007 6 21 /04 /Avr /2007 20:24

 
Pour débattre, échanger, décider
Ensemble
 

Les communistes unitaires dans leur grande diversité,

 

Sont toutes et tous convié-e-s à une rencontre

 

 

Après le 1er et avant le 2ème tour de la présidentielle, avant les législatives.

 

 Toujours pour le rassemblement antilibéral et de transformation sociale

 

 
Mardi 24 avril 2007
18h30
 

Grande salle de 400 places - Bourse du travail de Saint-Denis

 

Métro ligne 13 Saint-Denis, Porte de Paris

 

 
 
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Vendredi 20 avril 2007 5 20 /04 /Avr /2007 10:13
A quelques jours du premier tour, les débats se font plus vifs chez les Verts et à la gauche de la gauche sur la position à adopter pour le second tour. La majorité des écologistes veulent monnayer leur soutien dans des négociations avec le PS. José Bové annonce qu'il laisser ses électeurs libres de leur vote mais déclare qu'il optera lui-même pour Ségolène Royal. Au PCF, Marie-George Buffet hésite sur la ligne suivre pendant que Robert Hue réclame une stratégie d'union plus poussée. Les discussions vont bon train à Lutte ouvrière, qui paraî osciller entre vote blanc et prise de partie implicite pour la candidate socialiste. Olivier Besancenot souffle le chaud et le froid tandis que les autres militants de la LCR sont partagés.
Ces débats rebondiront en fonction des résultats mais la question a contribué à l'incapacité de la gauche de la gauche à s'entendre sur un seul candidat. Du fait de son éclatement, cet espace politique a du mal à peser dans la campagne alors qu'il représente au total de 10 % à 13 % des voix selon les sondages. Pourtant, le pays gagnerait à la constitution d'un courant unifié plus radical que le PS. La gauche ne se réduira pas, dans un futur prévisible, à la sociale-démocratie ; de nombreux mouvements sociaux, qui bénéficient déjà de l'encadrement militant de cette mouvance, y trouveraient un interlocuteur privilégié ; une dialectique plus riche pourrait se nouer à gauche, qui prendrait mieux en compte les couches populaires frappées par la précarité.
Pour peser durablement et déplacer le centre de gravité des débats, la gauche de la gauche et les écologistes sont confrontés à trois défis simultanés. Il leur faut d'abord s'entendre sur une stratégie crédible par rapport au PS. Il y a trois décennies, l'oscillation constante entre une union sans combat et un combat sans union décrédibilisa le PCF. Entre la satellisation et une opposition frontale qui aboutit à laisser la droite au pouvoir, une voie médiane implique une cohérence stratégique, un pragmatisme tactique et de l'audace politique.
Le deuxième défi est d'inventer de nouvelles formes d'organisation. La grande majorité des sympathisants et des électeurs de la gauche de la gauche appelaient de leurs voeux une union que les querelles de personnes et d'appareils ont rendue impossible. Cet espace politique parviendra-t-il à se fédérer en combinant unité et diversité, à développer en son sein une démocratie participative qui donnerait plus de pouvoir à la base militante et réduirait le poids des dynamiques charismatiques ? Le dernier défi concerne la rénovation de la vision du monde et du programme politique. Les bouillonnements du mouvement altermondialiste n'ont, pour l'instant, pas débouché sur un élan qui soit à la hauteur des enjeux de ce siècle, comparable à ce que fut l'effervescence intellectuelle des années 1960-1970.
Sur ces trois plans, la campagne qui s'achève aura été une occasion manquée.

Yves SINTOMER, in Libération vendredi 20 avril 2007


Yves Sintomer est directeur-adjoint du Centre Marc-Bloch (à Berlin).
Dernier ouvrage paru : Le Pouvoir au peuple. Jurys citoyens, tirage au sort et démocratie participative, éd. La Découverte 2007.

Publié dans : le rassemblement de la gauche antilibérale
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